La France, spécialiste européen du « vivre à crédit » !

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En 2019, la France aurait épuisé l’ensemble de ses recettes le 4 novembre. Soit 58 jours avant la fin de l’année.

À l’heure où le FMI encourage la France à poursuivre sa politique du « quoi qu’il en coûte », une étude de l’institut économique Molinari (IEM) vient quelque peu contrebalancer la gestion française des recettes publiques. Pour sa sixième édition, publiée en ce mois de novembre 2020, l’institut estime « le jour où les États de l’Union européenne ont dépensé toutes leurs recettes annuelles ». Là où certains pays font bonne prestation et se retrouvent en situation excédentaire, d’autres « vivent à crédit » quelques dizaines de jours avant la fin de l’année… Et la France dans tout ça ? Sauve qui peut !

« La cigale, ayant chanté tout l’été, se trouva fort dépourvue quand la bise fut venue. » Quoi de mieux que la fable signée Jean de la Fontaine pour résumer l’étude réalisée par l’Institut Molinari ? En 2019, parmi les 28 administrations centrales de l’UE, 12 se retrouvaient excédentaires, c’est-à-dire qu’elles n’avaient pas dépensé l’intégralité de leurs recettes avant la fin de l’année, et 16 apparaissaient déficitaires, elles ont donc commencé à « vivre à crédit » avant la fin de l’année (2019 en l’occurrence pour cette étude). En moyenne, les administrations centrales avaient épuisé leurs recettes le 17 décembre 2019, soit environ 15 jours avant la fin de l’année.

De fortes disparités selon les pays
La France en queue de peloton. En 2019, d’après les données publiées par l’Institut Molinari, la France aurait épuisé l’ensemble de ses recettes le… 4 novembre 2019 ! Soit 58 jours avant la fin de l’année. Seul un État dans l’UE des 28 parvient à faire pire : la Roumanie, qui a commencé à devenir déficitaire dès le 29 octobre. Certains pays ont dépensé toutes leurs recettes plus tardivement. Le 6 décembre pour l’Espagne, le 9 décembre pour l’Italie, le 13 décembre pour le Royaume-Uni ou encore le 14 décembre pour la Pologne.

Mieux, certaines administrations centrales de l’UE parviennent même à dégager un excédent, c’est-à-dire qu’elles sont parvenues à sauvegarder une partie de leurs ressources 2019 sur l’année 2020. Par exemple, l’Allemagne bénéficie de 19 jours excédentaires, puisque les Allemand·es ont dépensé toutes leurs recettes annuelles 2019… le 20 janvier 2020. Le Danemark fait encore mieux après avoir absorbé ses ressources le 6 février 2020 (excédent équivalent à 36 jours de dépenses).

Et avec la crise ?
Rien de nouveau sous le soleil. Depuis une quarantaine d’années, la France ne parvient pas à maîtriser son déficit public. « Une vingtaine de jours de déficit à la fin des années 1980, une trentaine à la fin des années 1990, une quarantaine à la fin des années 2000 et plus de cinquante l’an passé », peut-on lire dans le rapport. Indépendamment donc des « conjonctures économiques », précise l’institut.

Pour cette année, l’organisme économique s’est adonné à quelques estimations pour tenter de mesurer l’impact de la crise covid-19 sur les recettes publiques. En 2020, si on limite l’analyse aux seuls comptes de l’État, la France épuiserait l’ensemble de ses recettes annuelles le 26 juillet. Soit 158 jours « à crédit » en 2020 : « Ce seuil des 158 jours n’a été dépassé que 10 fois depuis le début du xxe siècle. À chaque fois, il correspondait à des périodes de guerre : de 1914 à 1919, de 1939 à 1940 et de 1944 à 1945 », note l’Institut Molinari. Ça tombe bien, « nous sommes en guerre » (contre un virus), avait prévenu le chef de l’État lors du premier confinement. GW.

 

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