Le FMI, adepte du « quoi qu’il en coûte » !

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Pour le FMI, la France doit poursuivre son arsenal de mesures de soutien aux entreprises pour sortir de la crise. Sans se préoccuper de la hausse de son déficit public.

Alors que Bruno Le Maire a annoncé que le niveau de la dette publique s’élèverait à environ 119 % du PIB fin 2020, le Fonds monétaire international (FMI) estime que la France ne doit pas relâcher ses efforts. Et s’affoler d’un endettement public qui grimpe, grimpe… L’ampleur de la pandémie covid-19 semble justifier l’arsenal de mesures et de réactions de la part de l’État français pour amortir le choc. Exit l’austérité et place à la relance par la dépense publique. Au keynésianisme donc.

D’après les prévisions du Fonds monétaire international, la France connaîtrait une croissance comprise entre 5 % et 6 % en 2021. Moins optimiste que les dernières estimations : « La reprise de l’activité sera plus lente et moins dynamique que ce que nous prévoyions il y a encore quelques mois », précise Jeffrey Franks, économiste pour l’institution basée à Washington. Un horizon moins porteur lié aux restrictions sanitaires récentes, notre pays a débuté son deuxième confinement, synonyme de ralentissement de l’activité pour nombre de travailleur·euses, notamment celles et ceux qui exercent dans les services dits « nos essentiels ». Et pourtant, pour le FMI, la France doit continuer sa politique du « quoi qu’il en coûte ».

Poursuivre dans le même état d’esprit
Il y a eu les prêts garantis par l’État (PGE), le dispositif de chômage partiel, la mise en place de fonds de solidarité, un arsenal de mesures pour panser les plaies de la crise covid-19. Pour l’économiste Jeffrey Franks, « soyons clairs : le quoi qu’il en coûte du président de la République est la bonne décision », avant d’ajouter : «  La réponse à la crise a été appropriée et la riposte, rapide et souple, ce qui a permis de contenir une hausse du chômage. »

La France, d’après le FMI, doit continuer à maintenir à flots ses entreprises, même si depuis mars la crise aurait coûté environ 186 milliards d’euros à la France. De quoi satisfaire John Maynard Keynes, grand partisan de la relance par la dépense publique. Ainsi, le FMI souligne que « la politique monétaire très accommodante menée par la Banque centrale européenne (BCE) crée une possibilité d’augmenter le déficit public. Nous ne voyons pas de risque sur la soutenabilité de la dette publique dans ces conditions », peut-on lire dans le rapport. Autrement dit, pour l’institution, il ne faut en aucun cas se préoccuper de l’accroissement du déficit public pour le moment. La réduction du déficit interviendra plus tard, en 2022 voire 2023, lorsque le produit intérieur brut aura retrouvé sa forme d’avant crise.

Seul l’État peut agir
D’après les hypothèses énoncées par le FMI, l’État constitue le seul acteur qui permettra à l’économie de retomber sur ses pattes. Car même si les ménages ont beaucoup épargné – presque 100 milliards d’euros en fin d’année –, ils ne devraient pas se remettre à consommer. L’institution de Washington parle de « trappe à liquidité ». Cela signifie que malgré des taux d’intérêts nuls, les ménages ne consomment pas et les entreprises n’investissent pas.

De là, « la politique budgétaire doit jouer un rôle moteur dans la reprise. Les gouvernements peuvent contrer le déficit de la demande globale », estime  la cheffe économiste Gita Gopinath. Une recommandation du FMI à la France aussi. La logique du « dépenser sans compter » devrait encore se poursuivre un petit moment. Et c’est seulement après qu’on fera les comptes… GW.

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