« On aime son·sa patron·ne, mais on n’aime pas les patron·nes », estime Sophie de Menthon, fondatrice de J’aime ma boîte

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Ce jeudi 15 octobre se tiendra la fête des entreprises.

Sophie de Menthon, Présidente d'ETHIC, Présidente de SDME
Sophie de Menthon

Avis aux entrepreneur·euses, gardez le moral. Jeudi 15 octobre se tiendra la traditionnelle fête des entreprises, covid ou pas. L’occasion de se retrouver entre collègues, avec son·sa patron·ne, pour fêter ce qui les rassemble : leur entreprise. Une fête qui a d’autant plus de saveur cette année que les entreprises ont été particulièrement frappées par la crise sanitaire. Entretien avec celle qui ne cesse de témoigner son engagement pour l’entreprise – via notamment J’aime ma boîte ou Ethic –, Sophie de Menthon.

En quoi consiste la fête des entreprises ? Le timing cette année est-il le bon ?
C’est comme la Saint-Valentin ! Il s’agit d’une fête d’entre soi, entre collègues, chaque entreprise lance ses propres initiatives. Cette année par exemple, on assistera au concours de la plus belle lettre d’amour à son entreprise et l’on participera même à un concours de photos. Des prix seront décernés, notamment par le bijoutier Mauboussin. Bien sûr, pour certain·es, la fête des entreprises pourra se dérouler à distance, en visioconférence, à la manière du télétravail. Ce sera une journée totalement apolitique, tournée vers la gloire des entrepreneur·euses.

Côté timing, il a fallu un moral d’acier pour brandir partout J’aime ma boîte ! Le jour de la fête des entreprises, le personnel soignant se mettra en grève. Dans le même temps, une taxe sur le capital, prônée par François Hollande, revient à la charge, qui revient à taxer les entreprises. Donc difficile pour les Français·es de clamer J’aime ma boîte, je crois que c’est lourd à porter. Heureusement, nous avons reçu beaucoup de soutien, notamment de la part de Valérie Pécresse et la région IÎle-de-France, ou encore Xavier Bertrand, mobilisé par l’entremise de la région Hauts-de-France.

La crise sanitaire a-t-elle renforcé l’attachement des Français·es à leur entreprise ? Quelle perception ont-ils·elles de leur patron·ne ?
Environ 1 % de plus aiment leur boîte. En réalité, l’attachement ne change pas, c’est pourquoi je considère que l’entreprise constitue un socle très solide, assez hermétique aux bonnes ou mauvaises nouvelles. Un socle de confiance, vous avez la famille puis l’entreprise. Bien entendu, je ne dis pas que des choses ne peuvent être améliorées, je ne peux accepter que des gens comme les gilets jaunes, encore aujourd’hui, ne puissent pas vivre de leur travail. Mais en aucun cas il ne faut stigmatiser l’entreprise.

On aime son·sa patron·ne, mais on n’aime pas les patron·nes. Regardez Bernard Arnault, un chef d’entreprise qui pour moi représente le symbole de l’esthétique à la française, du rayonnement et de l’élégance. Or, il semble trop riche pour nous. Un patron riche reste un patron critiqué. Mais, selon moi, j’estime que nous devons apprécier autant un·e très grand·e patron·ne qu’un·e artisan·e, les deux ont exactement la même valeur.

Comment percevez-vous la reprise au regard de cette crise sanitaire qui n’en finit pas ? Êtes-vous optimiste ?
Par nature, un·e patron·ne ne se révèle pas pessimiste. En revanche, personnellement, je suis inquiète de cette pandémie qui n’en finit pas, je suis désolée qu’on n’ait pas fait davantage confiance aux entreprises. Par exemple, pour fournir des tests salivaires à ses salarié·es, l’entreprise se retrouve obligée de se référer à l’État, tout doit passer par lui. On pointe du doigt les entreprises, vues comme des clusters, mais on ne dit rien sur le métro… Je suis convaincue que l’on s’en sortira par les entreprises, grâce à elles. Même s’il faut en passer par le télétravail, qui revêt beaucoup d’inconvénients comme une moindre créativité. Si c’est une des conditions pour poursuivre l’activité, alors le télétravail représente un moindre mal.

Propos recueillis par Geoffrey Wetzel

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