Marché des transferts : le football anormalement raisonnable…

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Les équipes des cinq principaux championnats européens ont déboursé au total 3,3 milliards d’euros durant le marché des transferts.

Si même le monde du football se retrouve à la peine… Le marché des transferts des cinq plus grands championnats européens (Premier League anglaise, Liga espagnole, Série A italienne, Bundesliga allemande et Ligue 1 française) n’a fait aucune folie cette année. Paris Saint-Germain compris. Les clubs ont limité leurs dépenses, comme pour rééquilibrer le manque à gagner causé par la pandémie covid-19, quand le championnat français avait dû s’arrêter brutalement. Une décision qui laissera des traces dans les caisses du football français. Retour sur un mercato qui est rarement apparu aussi timide ces dernières années.

Les supporter·rices ne s’attendaient pas à des miracles, ils·elles ne se sont pas trompé·es. Les cinq grands championnats européens ont déboursé lors de ce marché des transferts spécial covid un total de 3,3 milliards d’euros pour se renforcer en vue de la saison 2020-2021. Un chiffre qui s’apparente à une chute des dépenses de l’ordre de 40 % par rapport à l’été 2019 où les clubs avaient dépensé la modique somme de 5,5 milliards d’euros. Même en période de crise, le championnat anglais décroche la palme du mercato le plus dépensier avec 1,3 milliard d’euros déboursés cet été. Avec au premier chef, Chelsea. Le club londonien a cassé sa tirelire, 250 millions d’euros de transferts, dont notamment l’arrivée du milieu allemand Kai Havertz pour 80 millions d’euros, plus haute transaction de ce mercato. Car pour la première fois depuis 2015, aucun transfert n’a franchi la barre symbolique des 100 millions d’euros.

Le championnat français à l’agonie
Timide sur le plan européen, encore plus timoré en France. Même le Paris Saint-Germain qui nous avait habitués à des opérations de haute volée a maîtrisé son budget. Résultat : à peine 61 millions d’euros dépensés durant le mercato, dont la majorité de l’enveloppe a été consacrée à l’achat de Mauro Icardi pour 50 millions d’euros. Le PSG se place même derrière le Stade Rennais, puisque l’équipe entraînée par Julien Stéphan a flambé pas moins de 71 millions d’euros, notamment pour s’attacher les services de Guirassy (15 millions), en provenance d’Amiens, ou de Doku (26 millions), venu du club belge d’Anderlecht.

Pas d’écarts non plus à Marseille dont le mercato a été marqué – entre autres – par l’arrivée de Luis Henrique (8 millions) et le départ de Bouna Sarr vers le Bayern Munich pour la même somme. Idem à Lyon, qui a quand même déboursé 20 millions d’euros pour faire venir Lucas Paqueta, mais qui a, en parallèle, vendu Bertrand Traoré (18 millions) au profit du club anglais d’Aston Villa. Finalement, près de 14 clubs de Ligue 1 sur 20 souffrent d’un solde négatif (revenus inférieurs aux dépenses), et pourtant les dépenses n’ont pas été faramineuses. C’est dire. La Ligue 1 affiche un solde négatif pour ce mercato de 57 millions d’euros, ce n’était plus arrivé depuis 2017.

Les conséquences de la pandémie
Notre championnat stoppé net pour appliquer les restrictions sanitaires, puis autorisé à reprendre cette saison avec le respect d’une jauge maximale de spectateur·rices, les clubs se sont retrouvés dans la tourmente. D’après une étude du cabinet EY, notre Ligue 1 aurait perdu environ 600 millions d’euros de chiffre d’affaires sur la saison dernière. Car, certes, la billeterie a été impactée, mais le manque à gagner s’est aussi surtout porté sur les droits TV, qui représentent pour certains clubs la moitié des revenus totaux. Non négligeable donc.

En dehors des clubs de football, c’est toute une filière qui se révèle à l’agonie. La filière du football professionnel aurait subi un manque à gagner d’environ 1,27 milliard d’euros pour la saison passée d’après les estimations d’EY. Sans oublier qu’un match de football débouche sur toute une économie indirecte. D’autres emplois locaux, proches des stades par exemple, pourraient être menacés : « Parmi les 33 000 emplois directs et indirects qui composent la filière du football professionnel, 3 400 à 8 000 seraient à risque la saison prochaine », anticipe l’étude. De quoi inquiéter les clubs français économiquement… et sportivement ! GW.

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