Les cadres, entre hausse généralisée et féminisation en trompe-l’œil

Temps de lecture constaté 2’30

En 2019, la part des cadres et professions intellectuelles supérieures représente 19 % de l’emploi total.

Ils sont le plus souvent gage de stabilité et de sécurité. Les postes de cadres n’ont jamais été autant convoités depuis ces dernières années : résultat, leur nombre ne cesse d’augmenter. À en croire une étude de l’Insee publiée fin septembre, la proportion de cadres et professions intellectuelles supérieures a plus que doublé en quarante ans. Plus nombreux ou plus nombreuses ? Car oui, les cadres restent encore aujourd’hui le plus souvent des hommes, mais l’équilibre se dessine peu à peu. Points clés d’un groupe social qui évolue.

Ils·elles s’élevaient à 1,8 million de personnes en 1982, soit environ 8 % de l’emploi total. En 2019, la part des cadres et professions intellectuelles supérieures représentait 19 % des personnes en emploi, précise l’institut. Soit plus qu’un doublement en à peine 40 ans. Un groupe social qui cache six sous-catégories. Leur nombre a particulièrement augmenté en raison de la hausse progressive depuis 1982 des ingénieur·es et cadres techniques (+ 7 points). Ils·elles constituent 29 % des cadres en 2019, juste devant la catégorie cadres administratif·ives et commerciaux·ales (28 %). Enfin, les professeur·es et professions scientifiques complètent le podium puisqu’ils·elles représentent 16 % des cadres et professions intellectuelles supérieures.

Les femmes de plus en plus présentes
Toujours plus nombreuses. Et pourtant, elles partaient de très loin : en 1982, les femmes composaient à hauteur de 21 % le groupe cadres et professions intellectuelles supérieures alors qu’elles occupaient 41 % de l’ensemble des emplois. Une sous-représentation donc. Depuis, l’équilibre se forme peu à peu, « en quarante ans, le nombre de femmes cadres a été multiplié par six pendant que le nombre d’hommes cadres a doublé », remarque l’Insee. Un vrai phénomène de rattrapage. D’un point de vue quantitatif, mais quels postes les femmes occupent-elles ?

Des inégalités persistent : là où les ingénieur·es et cadres techniques restent en majorité l’apanage des hommes, les femmes se retrouvent surreprésentées au sein de l’enseignement secondaire général et technique (60 %). Plus globalement, on les retrouve bien plus parmi les cadres de la fonction publique par rapport à leur poids total au sein de l’ensemble des cadres. Des portes s’ouvrent, pas toutes.

Peu de jeunes, l’enseignement supérieur indispensable
Les jeunes qui aspirent à accéder à un poste de cadre s’affichent comme celles et ceux qui poursuivent les études les plus longues. D’où leur très faible présence : en 2019, 3 % des cadres et professions intellectuelles supérieures ont moins de 25 ans. À voir si la pandémie covid-19 entraîne ce taux encore à la baisse…

Pour être cadre, mieux vaut être diplômé·e du supérieur. Près de neuf cadres sur dix l’étaient en 2019. Mieux encore, environ 54 % des cadres ont obtenu un bac +5 ou plus. Un constat expliqué en partie par l’exigence de certaines professions d’un seuil plancher de qualification pour exercer (professeur·es, professions scientifiques, etc.). Les cadres se révèlent de plus en plus nombreux·euses… et pourraient encore faire des adeptes via le joker covid qu’est le télétravail, peut-être promis à perdurer : il est très apprécié par les salarié·es. GW.

Répondre

Saisissez votre commentaire
Saisissez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.