2020, les prémices du commerce ambiant ?

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Trois expert·es de l’Échangeur BNP Paribas dressent les contours du commerce ambiant. Le successeur de l’e-commerce.  

L’ère du tout connecté. Lors d’une visioconférence organisée mi-septembre par l’Échangeur BNP Paribas, trois expert·es sont revenu·es sur les prémices du commerce ambiant, nouveau paradigme établi à partir de 2020. Une sorte de conversation continue entre digital natives, basée sur des captations massives de données et d’intelligence artificielle. Voilà venu le temps du commerce ambiant, dopé à coups de générations Z et Alpha, de shopstreaming, de téléconsultation ou de Teslisme. Accrochez-vous les boomers, ça risque de secouer.  

« Fin de l’âge d’or du e-commerce pour entrer dans une nouvelle ère, celle du commerce ambiant », dixit Cécile Gauffriau, directrice de l’Échangeur BNP Paribas Personal Finance. Dont les GAFAM joueront les principaux promoteurs, mais pas seulement. Une transformation qui sera également pilotée par les générations Z et Alpha. Des enfants ultraconnectés, puisque pour la génération Z, « 47 % d’entre eux·elles ont possédé un téléphone portable avant 12 ans », remarque Nicolas Diacono, digital trends analyst pour l’Échangeur. Une précocité qui devrait se généraliser avec la génération Alpha, soit tous les enfants nés à partir de 2010, ils·elles s’élèvent déjà à 650 millions. A priori deux milliards d’ici à 2025, anticipe l’institut McCindle 

Faire ses courses à l’ère du commerce ambiant
Oubliez les files d’attentes interminables au sein de votre supermarché. Dans quelques années, la plupart d’entre nous fréquenteront les magasins sans friction : sans caisse et sans personnel. Main sur son smartphone, le·la consommateur·trice lambda achètera ses produits avec son gadget et ressortira du magasin comme si de rien n’était. Sans contact avec personne, de quoi rassurer les plus hypocondriaques d’entre nous en cette pandémie covid-19. Mais difficile de parler de la mort du magasin physique, « 97 % de la génération Z veulent toujours se rendre dans les magasins pour y vivre une expérience », précise le rapport de l’Échangeur. Simplement, l’expérience sera vécue autrement. Notamment via la réalité augmentée. Vous pourrez ainsi – grâce de nouveau à votre smartphone – visualiser en temps réel la façon dont les produits proposés s’adapteront à votre chez vous. Comme si vous y étiez, bien pratique pour prendre une décision.  

Enfin, accéléré par la crise sanitaire mais en rodage bien avant, l’essor du shopstreaming ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin. Soit la tendance pour un·e consommateur·trice à acheter des produits directement à partir de la vidéo d’un·e influenceur·euse qui présente un produit. L’expérience humaine au cœur du numérique. En parallèle, le commerce ambiant fera toujours une place aux circuits courts et au commerce de proximité, opine-t-on au sein de l’Échangeur BNP Paribas.  

L’avènement de l’auto-diagnostic
On l’a constaté pendant le confinement et la crise sanitaire. À une époque où sortir de chez soi constitue une véritable angoisse, la téléconsultation a le vent en poupe. Veiller à sa santé n’a jamais été aussi indispensable, il faut donc faire face à un afflux de demandes de consultations. De là, pas étonnant qu’à horizon 2023, « le marché mondial de l’e-santé devrait représenter 235 milliards de dollars, notamment grâce à la démocratisation de l’IoT médical », constate Guillaume Rio, responsable tendances technologiques. Place donc à l’autodiagnostic, un selfie d’une quarantaine de secondes qui vous informera sur votre rythme cardiaque, le taux de saturation d’oxygène, la pression sanguine et bientôt… votre taux d’alcoolémie. Le corps médical pourra alors bénéficier de toutes vos données médicales sans se déplacer, et vous guider.  

Autre petite révolution, certaines sociétés comme DNA Nudge joueront les coachs de vie sur nos habitudes alimentaires. Après tests génétiques, un bracelet connecté pourra vous encourager ou au contraire vous raisonner, dès lors que vous scannerez divers produits alimentaires… en fonction de votre passé génétique.  

Une nouvelle mobilité dans les villes
On pensait les traces du confinement indélébiles. Tous les Parisien·nes parti·es se réfugier à la campagne pour mieux vivre leur enfermement forcé. Pourtant, la vie en ville prendra une place prépondérante : « En 1950, 25 % de la population étaient urbains, environ la moitié en 2020 et près de 70 % en 2050 », estime Guillaume Rio. Il faudra donc repenser notre mobilité d’autant plus que les gens ne misent pas à l’avenir sur les transports publics. Plutôt sur les vélos personnels ou voitures individuelles. Alors autant rouler proprement, la voiture électrique rythmera notre quotidien, une évidence désormais de l’affirmer. Après le toyotisme, le teslisme de Tesla ?

Dans un monde hyperconnecté, où toutes nos données nourriront des acteurs privés au motif – en retour – de nous faciliter la vie, nous proposer ce que l’on aime ou ce qui s’avère bon pour nous et notre santé, une société où tout sera plus rapide et plus simple, restera-t-il une part de mystère, une place pour un petit jardin secret ? N’est-ce pas le prix à payer ? GW. 

 

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