Avant la crise, l’absentéisme s’est calmé

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L’étude annuelle Ayming montre une année 2019 sans aggravation notable.

Le 12e Baromètre de l’absentéisme et de l’engagement mené chaque année par le cabinet de conseil Ayming avec AG2R-La Mondiale révèle une réalité paradoxale : avant même l’heure du télétravail voulu/forcé, l’absentéisme a régressé dans les entreprises françaises !

Il était temps : ce fléau courait à la hausse depuis trois ans. Les chiffres 2019 semblent montrer une équivalence avec 2018 : 5,11 % de taux d’absence, il était de 5,10 % en 2018. Soit en moyenne 18,7 jours d’absence par an et par salarié en France. Ce qui n’est pas rien : en 2018, le coût de la chaise de bureau vide fut estimé à quelque 108 milliards d’euros.

Encore faut-il nuancer l’absence, mesurée dans cette étude sur le déclaratif des salarié.es de près de 50 000 entreprises. On y décompte des arrêts courts et de très longs que justifie une maladie chronique, entre autres. Est-ce au moins l’indice d’un mal-être au travail ? Pour l’absence due à un pépin de santé – une grippe, un accident… –, non. Mais tout ce qui relève des troubles musculo-squelettiques ou de l’épuisement professionnel, sans conteste.

Les jeunes salarié.es champion.nes de l’arrêt maladie
L’étude affine les stats. Cet absentéisme, en 2019, a clairement diminué dans le commerce (- 9 %), l’industrie (- 9 %) et la santé (- 8 %). Il a empiré en revanche dans les services (+ 9 %). « Des résultats qui s’expliquent notamment par le renforcement des plans de prévention, tant des risques professionnels que des accidents du travail, ainsi qu’une sensibilisation accrue des managers dans les secteurs traditionnellement les plus touchés », analyse Le Figaro qui a publié les résultats. Une alerte : « L’absentéisme de longue durée des plus jeunes a bondi de… 34 % en deux ans, une tendance inquiétante dans cette nouvelle ère post-covid », souligne le quotidien. Moins d’arrêts mais plus longs. Selon Fabienne Mestdagh, manager qualité de vie au travail chez Ayming, auteur de l’enquête, « ces générations n’ont plus le même rapport sacrificiel au travail que leurs aîné.es : les jeunes sont plus attentifs à leur santé et à leur bien-être au travail ».

Comment les entreprises pourraient-elles agir ? En aménageant d’abord horaires et poste. Il a bien fallu, pendant le confinement, que les managers écoutent leurs collaborateur.trices pour certain.es encore en télétravail. Un besoin : limiter le stress au travail et l’absentéisme dit « de fuite ». Fabienne Mestdagh pointe en outre le souci de ne pas répercuter abusivement la charge de travail des absent.es sur les présent.es : « l’absence engendre l’absence. »

« Les salariés ne s’arrêtent pas si facilement »
La crise sanitaire, en tout cas, n’aggravera sans doute pas les statistiques à venir de l’année 2020. Elle instaure une crainte du chômage, fait baisser l’absentéisme. Pour autant, les DRH ne devront pas relâcher la garde. Thierry Rousseau, chargé de mission au sein de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) et rédacteur en chef de la Revue des conditions de travail, l’exposait en 2018, en pleine poussée de l’absentéisme : « L’arrêt maladie a tout à voir avec l’intégration du salarié au sein de l’entreprise. Par exemple, il n’y a pas de lien direct entre l’intensité du travail et le taux d’absentéisme. Si le travail est très dense, mais qu’il y a un sens du collectif, de l’entraide, les gens sont en général peu absents. Dès que le lien se distend, là, on peut assister à une hausse des absences. Mais les salariés ne s’arrêtent pas si facilement. »

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