Tesla devient le constructeur automobile le plus coté en Bourse. Mais pas le plus vendeur…

La voiture électrique a le vent en poupe, Tesla en profite. Depuis quelques jours, l’entreprise américaine est devenue le constructeur automobile à la valeur boursière la plus élevée, devant l’inexpugnable Toyota. Principal artificier de cette ascension à 207 milliards de dollars, Elon Musk, directeur général, mais non fondateur. Entrepreneur précoce et parfaitement ancré dans les rouages du monde numérique, une des clés de la réussite pour le constructeur de voitures électriques.

Exit General Motors, Ford et Fiat Chrysler, place à Tesla. Avec ses 207 milliards de dollars de valorisation boursière, l’entreprise dirigée par Elon Musk s’est installée sur la première marche des entreprises du secteur automobile les plus chères cotées en Bourse. Seul le constructeur japonais Toyota parvenait à tenir tête à Tesla, c’était sans compter sur la séance de mercredi à Wall Street, synonyme de passation de pouvoir.

Paradoxalement, l’entreprise américaine se retrouve à des années-lumière du nombre de ventes de ses principaux concurrents. Notamment Toyota. Là où le mastodonte nippon a enregistré plus de 10 millions de véhicules vendus en 2019, Tesla a titillé les 400 000 ventes, sans les atteindre. Un monde d’écart sur le plan de l’économie réelle. Mais en Bourse, c’est bien la société californienne qui tire les ficelles. C’est simple, depuis son introduction à 17 dollars par action le 29 juin 2010, son cours a été multiplié par… 66 ! De quoi donner le tournis à tous les analystes des marchés financiers.

Elon Musk, un entrepreneur convaincu
Son doctorat de physique énergétique n’aura duré que deux jours. Conscient du développement rapide d’Internet, Elon Musk préfère se lancer sur son premier projet, Zip2, une start-up qui visait à aider les journaux et les médias en général à se développer sur le Web. S’ensuivront SpaceX, l’entreprise d’astronautique, PayPal, véritable révolution dans le paiement en ligne, et bien sûr Tesla. Ou presque. Car l’entreprise qui siège en Californie n’a pas été fondée par Elon Musk. Celui qui représente le premier actionnaire de Tesla (environ 20 % du capital), est tellement emblématique et indissociable du constructeur qu’il est parvenu à faire oublier les deux véritables fondateurs, Martin Eberhard et Marc Tarpenning, deux ingénieurs américains.

Fils d’un père ingénieur et d’une mère nutritionniste et mannequin, Musk ne manque pas de distinctions. En mars 2018, le magazine Forbes le classe 54e plus grande fortune du monde. La même année, l’entrepreneur dispose d’un pécule estimé à presque 20 milliards de dollars, la 24e personnalité la plus riche du sol américain.

Les réseaux sociaux, un jeu osé et dangereux
Tantôt charismatique, tantôt visionnaire, tantôt mégalomane, difficile de décrire le natif de Pretoria. Une chose est sûre, Elon Musk fait beaucoup parler, et notamment sur les réseaux sociaux, en témoignent ses 36 millions d’abonnés sur Twitter. À l’ère du numérique, le fondateur de SpaceX tend à s’appuyer sur la Toile pour communiquer sur Tesla. Un pari osé qui a souvent le mérite de payer. Août 2018, Musk déclare sur les réseaux sociaux vouloir retirer Tesla de la Bourse et promet « un financement assuré », à la suite des discussions avec un fonds saoudien. Un projet qui n’aboutira pas, l’ancien de Stanford finira par se rétracter : « La voie la meilleure pour Tesla est de demeurer en Bourse », avait-il précisé. Délit d’incompétence ou fin stratège, l’opération d’Elon Musk aura toutefois permis d’augmenter le cours de l’action du constructeur américain et faire du tort aux vendeurs à découvert. Là était peut-être l’essentiel puisque, depuis mars 2018, la rémunération de Musk n’est pas fixe mais basée sur un système de stock-options, liée à la capitalisation boursière de l’entreprise.

Un jeu dangereux qui a parfois ses limites. Le gendarme boursier américain, la Securities and Exchange Commission (SEC), s’est emparé de l’affaire en vue d’analyser si les tweets publiés par Elon Musk sont considérés comme « faux et trompeurs ». Résultat, Musk se voit condamné à une amende de 20 millions de dollars et sera contraint de quitter son poste de président de Tesla. Il parvient à conserver le statut de directeur général. Une sanction qui sonne comme un avertissement, car à vouloir être trop audacieux, Elon Musk pourrait bien déchanter et entraîner Tesla dans sa chute.

Geoffrey Wetzel

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