Toujours en quête d’égalité salariale

En 2017, les femmes salariées du secteur privé gagnent 16,8 % de moins que les hommes.

Encourageant, mais toujours pas satisfaisant. C’est un sujet qui revient sans cesse sur le devant de la scène : l’écart salarial entre femmes et hommes. Les frontières du tabou dépassées, l’écart salarial selon le genre constitue un objet d’analyse depuis de nombreuses années. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a mené l’enquête sur la base de 2017. Résultat, les inégalités salariales persistent, mais tendent à se réduire.           

16,8 % de moins en 2017
Sur le marché du travail en 2017, femmes et hommes ne sont toujours pas logé.es à la même enseigne. Les femmes salariées du secteur privé gagnent 16,8 % de moins que les hommes en équivalent temps plein. Un écart qui serait encore bien plus considérable si l’on tenait compte du volume de travail puisque les femmes travaillent bien plus souvent à temps partiel. S’il reste du chemin à parcourir, voilà désormais 40 ans que l’écart entre les salaires moyens femmes-hommes ne cesse de se réduire (il était de 30 % en 1976).

L’étude révèle aussi que l’écart de salaire se nourrit du diplôme. Il se montre d’autant plus significatif que les études demeurent longues. Par exemple, en 2017, l’écart salarial s’élevait à 29,4 % entre les titulaires d’un bac +3 ou plus, alors qu’il n’était « que » de 15,8 % pour celles et ceux qui n’ont pas obtenu le baccalauréat. Idem pour l’expérience professionnelle. Plus elle augmente, plus l’écart de salaire croît.

Le haut de la hiérarchie, une affaire d’hommes ?
Des salaires qui divergent en raison notamment d’une ségrégation professionnelle. Concrètement, les femmes et les hommes n’occupent pas les mêmes métiers. D’après l’Insee, la gent féminine se concentre beaucoup plus que les hommes dans les métiers liés à la santé et l’action sociale. Les fameux secteurs du « care », largement plébiscités – consciemment ou pas – par les femmes. À l’inverse, les hommes se retrouvent surreprésentés dans les domaines de la construction, des transports, et de l’entreposage.

Inégalités salariales riment également avec inégalités hiérarchiques. En 2017, 22,8 % des postes occupés par les hommes sont des postes de cadre (contre 17,5 % pour les femmes). En bref, une grande partie de l’écart de salaire en équivalent temps plein s’explique – à hauteur de 68 % – par la différenciation des postes occupés. Car pour un même poste, l’écart salarial femmes-hommes chute à 5,7 %. Un chiffre qui ne correspond pas à la mesure de la discrimination salariale. D’autres caractéristiques qui échappent encore à l’institut pourraient expliquer cet écart. On comprend toutefois l’importance de la socialisation et de l’orientation scolaire. Les filles s’engagent davantage dans des filières moins rentables financièrement. Mais ce choix se révèle – en partie – influencé par l’éducation qu’elles ont reçue.

Enfin, combiner vie professionnelle et vie de famille relève toujours du miracle pour bon nombre de mères. Alors parfois, elles sacrifient leur carrière professionnelle ou optent pour des alternatives qui abîmeront leur perspective d’une trajectoire prestigieuse. Et pour cause, les inégalités salariales s’accroissent en fonction du nombre d’enfants. Le salaire des femmes est inférieur à 21 % à celui des hommes pour les parents de deux enfants, 31 % au regard du critère trois enfants ou plus. Ce qui prouve en filigrane la perpétuation des rôles sociaux au sein du couple.

Geoffrey Wetzel

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