Les jeunes gens, grands absents des conseils d’administration

C’est un frein à la transition numérique.

Frappé.es de plein fouet par le chômage, premières victimes de la crise et des conditions de travail précaires, handicapé.es par le sacro-saint « manque d’expérience », les jeunes employé.es/salarié.es peinent également à se faire une place au sein des conseils d’administration des entreprises dans lesquels l’âge joue un rôle primordial, plus que le genre. Pour The Conversation, deux enseignantes-chercheuses, Isabelle Allemand et Bénédicte Brullebaut, sont revenues sur leur absence criante au sein des conseils d’administration.

 Le plafond de verre tend à se briser. Après la mise en place de la loi Copé-Zimmermann (2011), les conseils d’administration se retrouvent de moins en moins réservés aux hommes. Le nombre de sièges pourvus par la gent féminine ne cesse de s’élever, une hausse – en grande partie – dopée artificiellement par les fameux quotas. Peu importe, le constat est là : les femmes constituaient 20 % des élu.es au sein des conseils d’administration en 2012 contre 45 % en 2019 (baromètre Burgundy School of Business). Une part qui a plus que doublé, on considère désormais que toutes les sociétés françaises du SBF 120 – soit les 40 entreprises du CAC 40 puis 80 autres cotées à Paris – ont atteint le seuil de 40 % exigé par la loi Copé-Zimmermann. Une première bataille remportée, certes, mais le combat s’avère encore long. Et notamment pour les jeunes.

Un âge moyen toujours très élevé
Pourtant recommandée par le Code de gouvernement des entreprises cotées de l’Afep-Medef, qui insiste sur « l’équilibre souhaitable de la composition en matière de diversité » des conseils d’administration, notamment au regard de l’âge, l’entrée de trentenaires ou quadras se heurte au barrage des aîné.es. L’âge moyen des nouveaux/nouvelles administrateur.rices s’élève à 54 ans. Les deux tiers d’entre eux.elles dépassent les 51 ans. À peine 10 % des élu.es ont 40 ans ou moins.

Isabelle Allemand et Bénédicte Brullebaut regrettent ce manque de diversité des âges dans la mesure où ce rajeunissement des conseils représente un obstacle à la transmission du savoir entre les générations. Plus de jeunes cadres, ce serait aussi davantage de décisions stratégiques innovantes et tournées vers la transition numérique. Faut-il là encore instaurer des quotas pour bousculer la composition des conseils d’administration ? Pour rappel, en 2016, le Québec a adopté une loi qui obligera les sociétés d’État québécoises à intégrer au moins une personne de moins de 35 ans au sein du conseil d’administration dès 2021. Initiative pour le moins timide, mais qui a le mérite d’exister.

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