Les tendances de l'intérim en 2022

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Émilie Legoff, CEO de Troops

Émilie Legoff est CEO de Troops, une start-up qui développe un logiciel de gestion pour les acteurs de l’intérim. Elle revient en exclusivité pour EcoRéseau Business sur les tendances 2022 pour l’intérim !

TRIBUNE. 803 300. Voilà le nombre de personnes qui occupaient un emploi intérimaire fin novembre 2021 – selon la Dares. Si le secteur a connu un coup d’arrêt sans précédent au début de la crise sanitaire, la demande repart, depuis plusieurs mois, à la hausse. Sensible à l’activité économique, ce « nouveau départ » témoigne d’un climat très bouleversé sur le marché de l’emploi : afflux inédit de demandes pour tous secteurs et profils. Focus sur les tendances et temps forts à venir sur ce marché très particulier.

  1. Pénuries, encore et toujours

Si la pénurie de candidats n’est pas une tendance nouvelle sur le secteur, elle reste une lame de fond. L’intérim connaît, depuis longtemps, des difficultés structurelles à recruter et à former les intérimaires. Et la covid-19, mettant à mal les intérimaires – qu’ils soient positifs ou cas contact – n’aide pas, en ajoutant un phénomène conjoncturel aux problématiques préexistantes. Les sociétés d’intérim voient ainsi les absences des intérimaires se multiplier, au moment même où la demande explose pour pallier les absences des salariés. Un « casse-tête » qui risque bien de perdurer encore plusieurs mois…

  1. La digitalisation, nécessaire…

Depuis une quinzaine d’années, la transformation digitale des agences de travail temporaire est bien entamée. La digitalisation, plus nécessaire que jamais, participe pleinement à la conduite du changement de processus très datés, qui ne conviennent plus, ni aux équipes, ni aux candidats. La crise sanitaire a accéléré le besoin concret de dématérialiser la globalité des processus administratifs, sans coupure dans la chaîne, de façon quasiment automatisée. Pour autant, le « tout digital » n’est pas le nouvel eldorado du secteur de l’intérim, l’humain doit rester la clé de voûte de tous les échanges.

  1. … au service de l’humain

Dans les faits, dématérialisation et interventions humaines coexistent et se complètent. C’est ce que l’on appelle la « phygitalisation ». Une combinaison intelligente et agile d’espaces physiques et de processus en ligne qui tend à s’imposer comme LA bonne réponse à ce besoin d’hybridation des pratiques tant du côté entreprises de travail temporaire que des candidats ou des entreprises clientes.

Le digital et la « phygitalisation » n’ont pas pour vocation de remplacer les équipes, mais bien de les décharger des tâches chronophages et sans valeur ajoutée qu’un process automatisé fera plus vite et mieux qu’elles. Dans la « phygitalisation », le digital est complémentaire de l’humain qui pourra se recentrer sur son véritable cœur de métier : la relation et la valorisation des compétences des intérimaires, offrir une expérience candidat optimisée et efficace.

  1. Ultra personnalisation des process

Demande forte de la part des candidats ET des clients, l’intérim sort aujourd’hui des process « de masse » pour devenir un service de précision. Tout d’abord, en facilitant le matching des profils avec les offres, l’intérimaire se voit proposer des missions adaptées à ses compétences. La personnalisation de ces opportunités et la rapidité à laquelle les agences peuvent, à l’aide du numérique, traiter leur demande, est une source de satisfaction pour les salariés du travail temporaire. Les agences, elles, utilisent ce type d’outils afin de moderniser leur image et d’être conformes aux nouvelles habitudes et comportements de leurs salariés. Ces outils permettent aussi de développer un lien de proximité privilégié grâce aux moyens de communication rendus plus interactifs sur des applications mobiles (notifications push, chat avec un conseiller, envoi d’email, FAQ intelligentes, informations consultables à tout moment etc).

  1. Appel à nos dirigeants

Alors qu’une sortie de crise sanitaire se profile, indispensable de mettre la lumière sur le travail temporaire pour permettre à tout le monde d’accéder à un emploi, de se créer de l’expérience et faire en sorte que les groupes d’intérim puissent satisfaire les demandes croissantes de leurs clients.

Plus qu’une tendance, ce dernier point est un appel, une requête. Souffrant d’un défaut d’image historique, le secteur a besoin des pouvoirs publics, de campagnes massives pour expliquer comment et en quoi l’intérim est une solution pour l’emploi de demain, y compris sur des secteurs et emplois peu connus du grand public.

Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise...). Friand de football et politiquement égaré.

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