Tribune libre•Covid : le zéro et l’infini

Temps de lecture 1’15

Jacques Draussin, rédacteur en chef de La Griffe Santé

Il y a un an pile poil, le 2 mars 2020, Jérôme Salomon annonçait avec gravité au cours de son point funèbre quotidien qu’on recensait 89 000 cas de covid à travers le monde et 3 048 décès. Aujourd’hui, 2 mars 2021, ce monde virussé comptabilise quelque 114,5 millions de malades et plus de 2,5 millions de décès.

Mais, alors que le bilan épidémique devrait enjoindre à chacun de pratiquer une certaine modestie, c’est exactement à la tendance contraire que nous assistons. Les durs des durs se radicalisent même, prônant désormais la mise en œuvre d’une ambitieuse stratégie « zéro covid ».

Évidemment, personne ne peut être hostile à une telle approche et on hésite a priori peu face à un choix qui consisterait, soit à vivre avec le virus, soit à vivre sans …

Encore faut-il que cette stratégie zéro covid puisse réussir là où seules des îles, des presqu’îles ou des États totalitaires [rien n’empêche de cumuler] ont à peu près réussi à la mettre en place : un confinement – très – proche de la détention pénitentiaire, un repli absolu derrière ses frontières. Face aux moyens à mobiliser et à l’incertitude des résultats, la réponse à « zéro covid ou pas ? » est déjà moins évidente.

Reste que le parti pris d’une régionalisation, d’une départementalisation, voire d’une atomisation communale des mesures n’est guère plus simple. Dans les Alpes maritimes, le confinement ne semble ainsi commencer que lorsqu’on a vue sur la Méditerranée. À Nice, Christian Estrosi en rajoute même une cuillère dans la louche en fermant la Promenade des anglais. Sans doute pour mieux combattre le variant britannique.

À Toulouse, le maire Jean-Luc Moudenc interdit les quais de la Garonne à la foule envahissante des promeneurs, ce que ne font ni Benoît Payan pour le Vieux-Port de Marseille ni Anne Hidalgo pour les bords de Seine [soudain hostile à toute mesure coercitive].

Heureusement, comme l’ont souligné hier Emmanuel Macron et Olivier Véran, il nous reste la vaccination. Du moins l’espoir d’une vaccination car, pour l’heure, les doses disponibles, malgré le soudain retour en grâce officiel d’AstraZeneca, sont loin de pouvoir justifier la création d’un pass sanitaire, sauf-conduit tout terrain qui, à date, ne serait accordé qu’à moins de 3% de la population.

Même si un ancien président la République a démontré qu’un pass droit – du moins dans le domaine vaccinal – pouvait parfois être délivré.

Jacques

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

J’accepte les conditions et la politique de confidentialité

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.