Le vaccin mobilise les chef·fes d’entreprise

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Le remède est aussi celui de l’économie.

Isabelle Saladin, I&S Adviser

par Isabelle Saladin, présidente fondatrice d’I&S Adviser, entrepreneurs expérimentés qui épaulent opérationnellement les fondateurs de start-up, PME ou ETI.

 

Tribune libre. Parce que le salut de notre économie – et de beaucoup de nos PME et ETI – passera aussi par le vaccin, parce que c’est lui qui permettra le redémarrage de toutes les activités et d’éviter un maximum de faillites, les chefs d’entreprise se mobilisent pour jouer leur part dans la campagne de vaccination qui est en cours de déploiement en France.

Les chiffres récents montrent que les entrepreneurs sont dans les starting-blocks pour la relance. Une étude Qonto menée auprès de ses 120 000 clients, essentiellement des indépendants et des dirigeants de TPE/PME, indiquait mi-décembre 2020 que 63 % de ces professionnels restaient optimistes quant à une reprise de l’activité économique dès la levée des restrictions. Le pire qui pourrait arriver serait à l’inverse… un troisième confinement.

Les entreprises sont prêtes pour endosser cette nouvelle mission
Pour éviter qu’une telle décision ne soit prise et ainsi sauver non seulement les entreprises mais aussi leurs emplois, il est essentiel que la vaccination avance vite. Sur ce sujet, les entreprises sont prêtes. Beaucoup de chef·fes d’entreprise sont conscient·es du rôle qu’ils·elles peuvent jouer pour qu’un grand nombre de Français·es soient rapidement protégé·es face au coronavirus. Ils·elles connaissent d’ailleurs l’article L. 4121-1 du Code du travail, selon lequel « l’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ».

Certains entrepreneurs se mobilisent déjà pour anticiper à leur niveau un dispositif de vaccination de leurs équipes, dans la continuité des démarches qu’ils ont mises en place pour leurs collaborateurs lors de la vaccination contre la grippe ou les campagnes de tests PCR, par exemple. Des décisions et actions qui auraient un poids non négligeable car les entreprises françaises représentent une large part des 30 millions d’actifs français.

Une action dans le respect du calendrier du gouvernement… et avec son soutien
L’idée n’est en aucun cas de bousculer le calendrier vaccinal défini par le gouvernement et qui prévoit, pour la grande majorité des actif·ves, une vaccination au printemps 2021. Il s’agit de proposer de nouveaux relais pour accélérer la campagne de vaccination en France et atteindre plus vite l’objectif d’immunité collective – et éloigner ainsi les risques d’un reconfinement.

L’idée continue de faire son chemin puisque la ministre du Travail en a parlé au micro de France Info le 5 janvier, en se disant favorable à la possibilité aux entreprises de vacciner leurs salarié·es dans leurs locaux ou dans ceux de la médecine du travail. Les organisations patronales semblent elles aussi avancer dans ce sens, ne serait-ce que pour permettre une reprise rapide du travail au bureau par les collaborateurs.

Sensibilisation, information, vaccination !
Qu’est-ce que cela implique concrètement ? Tout d’abord, le·la chef·fe d’entreprise peut encourager les échanges et discussions en interne sur le sujet – car il ne saurait y avoir ni obligation vaccinale ni sanction pour un·e collaborateur·rice refusant l’administration du vaccin.

Il·elle peut aussi s’appuyer sur son service RH pour, par exemple, organiser des webinaires d’information ou encore adresser des questionnaires facultatifs et anonymes afin de savoir quelle part de ses équipes souhaite être vaccinée.

Les représentants du personnel peuvent aussi avoir un rôle d’information auprès de leurs collègues sur ce qui pourraient être mis en place. Il peut s’agir dans certains cas de rembourser les frais infirmiers avancés par les collaborateur·rices (puisque le vaccin est pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale) quand d’autres réfléchissent à organiser des campagnes de vaccination dans leurs locaux avec l’appui de la médecine du travail.

Le·la chef·fe d’entreprise peut aussi remonter les interrogations exprimées par ses collaborateur·rices aux organisations patronales afin d’être aidé·e dans la mise en place de son dispositif et de participer aux échanges de bonnes pratiques.

La mise à contribution des savoir-faire logistiques français
Autre mode de contribution des entreprises françaises à la vaccination : accompagner la logistique. Les nouveaux vaccins qui ne nécessitent pas de circuits complexes et spécifiques de congélation/surgélation, pourraient être acheminés par nos champions français comme La Poste, Veepee, Cdiscount, etc. Déjà en ordre de marche, ces entreprises pourraient aussi aider les PME et ETI à lancer une campagne de vaccination en entreprise.

On le voit : tout est déjà prêt. Alors sachons faire confiance et appuyons-nous sur l’existant et sur les chef·fes d’entreprise français·es pour passer cette étape capitale. De quoi apporter des solutions non seulement d’un point de vue sanitaire mais aussi économique ! À ceux·celles qui appelaient il y a un peu moins d’un an à une contribution de tous à l’effort de guerre face au coronavirus, associer les entreprises à la campagne de vaccination – quand le moment sera venu – pourra être un formidable levier à plein de points de vue.

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