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L’analyse de Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM. Décidément, côté finances, le monde des placements d’avant conserve toute sa primauté.

Tribune libre. Les recours ont échoué, le Capitole a été évacué, la guerre de Trump n’aura pas lieu. C’est bien à l’inauguration de Joe Biden que nous assisterons cette semaine.

À l’instar de ses quatre prédécesseurs, Joe Biden aura les deux chambres de son côté. Hélas pour le nouveau président, l’avance est courte, les démocrates ne sont pas d’accord sur tout et il faudra 60 votes au sénat pour faire passer des mesures importantes.

Mais remporter le sénat était tout de même essentiel. D’une part, la majorité démocrate peut faire les nominations sans être bloquée par les réticences des républicains. D’autre part, c’est elle qui choisira l’agenda. Enfin, la réconciliation budgétaire nécessite une majorité simple au sénat.

Au moins jusqu’aux élections de mi-mandat l’administration Biden pourra donc adopter quelques mesures de relance. Rien de « révolutionnaire » néanmoins, comme le seraient une hausse importante des taxes sur les bénéfices et/ou la réforme en profondeur du système de santé. La victoire des démocrates permet néanmoins de remonter les anticipations sur le volume du plan de relance. Notons que l’urgence dans laquelle se trouve une partie de la population américaine ainsi que la difficulté pour les républicains de gérer la défaite et un électorat très clivé permet aux démocrates de voir les choses en plus grand pour le premier trimestre.

Mais après ? Nos regards se tournent vers les infrastructures, qui bénéficient d’un consensus bipartisan. Ces dernières vieillissent dangereusement aux États-Unis et la rénovation du réseau électrique sera essentielle dans l’électrification du mix énergétique du pays.

Quels secteurs devraient en bénéficier ? En premier lieu, les valeurs cycliques. Plus de dépenses, c’est bon pour le cycle, d’autant que le pays sortira progressivement de l’épidémie. La consommation discrétionnaire, comme l’automobile, sera portée par les mesures de relance. Les banques ont bénéficié de la remontée des taux, mais nous pensons que celle-ci sera limitée par les banques centrales. Du côté des valeurs de croissance, le secteur de la santé devrait échapper encore quelques années à la forte pression sur les prix des médicaments que beaucoup de démocrates leur promettaient. Les valeurs liées aux énergies propres devraient enfin bénéficier du plan d’infrastructures de Joe Biden.

Les valeurs liées au numérique apprécieront moins, car elles risquent de subir des pressions réglementaires, fiscales et antitrust plus sévères. Attention toutefois : à moyen terme, ces valeurs bénéficient d’une croissance inégalée. De la volatilité à court terme, donc. Mais, sur cinq ans, ce secteur reste l’un de nos préférés.

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