Écologie, antigaspi et made in France deviennent trois réflexes d’après crise qui s’annoncent durables

Un pionnier de l’autoréparation, SOS Accessoire, sort de la crise gonflé à bloc.

Olivier de Montlivault, ancien de chez Darty, temple du gaspi, fonde en 2008 SOS Accessoire, persuadé que le petit électroménager constitue une source de pollution majeure dès lors qu’il est plus simple de jeter que de réparer. Encore faut-il trouver à portée de chez soi des comptoirs de réparation (ou d’autoréparation à coups de tutos, spécialités de l’enseigne) et des pièces à acheter (c’est le modèle économique de SOS Accessoire). Montlivault a surfé sur la crise comme jamais, avec des clients obligés à l’autoréparation ! Mais au-delà de sa petite entreprise, ce qui importe au CEO, c’est qu’« écologie, antigaspi et made in France deviennent trois réflexes d’après crise qui s’annoncent durables ».

Tribune d’expert écrite par Olivier de Montlivault, CEO de SOS Accessoire

Olivier de Montlivault, PDG de SOS Accessoire

Pendant le confinement, les habitudes des Français.es ont été chamboulées à tout point de vue. Pour le pire mais aussi pour le meilleur, puisque des conduites beaucoup plus responsables ont vu le jour. Les individus ont beaucoup moins consommé qu’auparavant. Ils se sont également tournés vers le bricolage, l’autoréparation ou encore le jardinage. Mais plus globalement, la baisse des activités humaines a effectivement permis à la planète de reprendre son souffle. Greenly a constaté une forte baisse de l’empreinte carbone de 62 %. Mieux, le jour du dépassement de la terre aura lieu le 22 août xx. Soit 3 semaines plus tard selon le Global Footprint Network. Un bilan que les Français souhaitent voir prolonger dans la durée. Puisque si l’on en croit l’étude menée par Omnibus, 68 % des Français.es souhaitent adopter des comportements plus écoresponsables suite à la pandémie. Ils misent donc sur l’écologie, l’antigaspi et le made in France.

L’écologie : une priorité post-covid-19
Alors que le déconfinement se prolonge à grands pas, l’argument écologique est devenu incontournable pour les Français.es. La crise sanitaire de covid-19, en effet, a confirmé l’impact de la mondialisation et de l’hypermobilité humaine sur la biodiversité et le dérèglement climatique. Au plus fort de la crise sanitaire, la prise de conscience écologique semble n’avoir pas connu d’égal du côté de la population. Les sondages le prouvent.

Toujours selon l’étude Omnibus réalisée du 20 au 23 mars 2020, 48 % de nos compatriotes affirment que le monde tirera demain des enseignements écologiques de cette crise sanitaire. De plus, 77 % de la population considèrent que cette crise est justement l’occasion de mener une politique ambitieuse de transition écologique dans les mois qui viennent.

L’antigaspi : une valeur cardinale
En termes d’écologie, c’est justement la tendance à l’antigaspillage qui remporte la palme. À titre d’information, 46 % estiment que gaspiller est aujourd’hui inacceptable selon l’étude YouGov pour Too Good To Go. D’ailleurs, 1 Français.e sur 3 a ainsi moins gaspillé de nourriture pendant le confinement.

La tendance s’affirme post-confinement. À raison, 41 % des sondé.es souhaitent rester dans le même élan en se procurant uniquement les produits nécessaires, 34 % aimeraient passer plus de temps à cuisiner. Au-delà de l’alimentaire, les bonnes intentions antigaspillage touchent aussi les autres secteurs comme l’électroménager. La tendance à l’autoréparation n’est pas en reste. Les individus ont massivement entrepris d’autoréparer leur lave-linge et lave-vaisselle par exemple, car ils se sont rendu compte que cette pratique était à la portée de tous et pas seulement réservée aux bricoleurs aguerris. D’ailleurs, d’ici à 2023, la Commission européenne proposera des textes législatifs pour rendre les produits de consommation plus durables et instaurer un nouveau « droit à la réparation » au profit des consommateurs.

Local et made in France
Enfin, les Français.es désirent revoir leur copie en matière d’achat. En consommant mieux. En faisant le choix d’appareils et de produits plus durables. Dans ce cadre, c’est effectivement l’achat local, de proximité dans l’hexagone, qui aura le vent en poupe dans les mois qui viennent. Une autre étude YouGov réalisée de concert avec Society montre que 58 % des individus souhaitent désormais consommer local.

Cette tendance s’amorce également du côté de l’électroménager. Certains fabricants envisagent une relocalisation partielle des industries, que ce soit côté production ou pièces détachées pour favoriser les produits made in France. Et ce, afin de réduire la dépendance envers les pays asiatiques. Selon le sondage présenté par Kantar, ils.elles sont même 42 % à penser que les entreprises françaises doivent rapatrier toute leur production et leurs usines. Beaucoup se disent même prêt.es à modifier leur comportement d’achat pour favoriser ce mouvement.

Antigaspi, consommation de qualité et production made in France composent le trio de tête des habitudes durables qui pourraient changer la donne. Et d’autant plus depuis que la loi antigaspillage de février 2020 prend cette direction et que le Conseil constitutionnel a consacré pour la première fois la protection de l’environnement comme un objectif à valeur constitutionnelle. Ces mesures et nouveaux réflexes seront-ils à même d’empêcher de futures crises sanitaires ? Environnementales ?

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