« L’impact investing, une tendance de fond très Millenial » par Bruno Raillard

J’aime à croire que je fais partie de cette génération de personnes qui se sentent concernées par les enjeux de leur société. Papa de deux petites filles, je souhaite transmettre à mes enfants une planète sur laquelle il fait encore bon vivre : je fais attention à ce qu’il y a dans leurs assiettes, je surveille les jeux qu’elles utilisent et plus globalement, j’essaie d’adopter une consommation plus responsable. En tant qu’investisseur dans un fonds de venture capital, ce sont les mêmes valeurs qui me guident lorsque j’étudie une nouvelle opportunité d’investissement.

Heureusement, je ne suis pas un cas isolé !

D’après une étude récente de Morgan Stanley, les Millenials (cette génération née entre le début des années 1980 et l’an 2000) sont devenus le moteur d’une nouvelle vague d’investissements à impact sociétal et/ou environnemental. L’étude montre que 75% des professionnels interrogés pensent que leurs investissements pourraient avoir un impact sur le changement climatique et 84% d’entre eux sont convaincus que les projets qu’ils soutiennent pourraient permettre de mettre fin à la pauvreté.

Le phénomène prend également de l’ampleur en Europe avec de nombreuses initiatives qui se développent pour réconcilier la finance et l’entreprise sociale, deux mondes qui jusqu’à présent se parlaient peu. C’est le cas notamment du sommet ChangeNow auquel j’ai eu la chance de participer le mois dernier.

Il semble qu’enfin, nous ayons réussi à créer une nouvelle classe d’actifs capable d’atteindre le double objectif d’impact positif et de rendements financiers. Chez Otium, par exemple, nous accompagnons des entrepreneurs porteurs d’une vision au service de l’amélioration de notre société (dans les domaines du travail, de la santé, de l’éducation, des villes et de la consommation) sans que cela ne les empêche (bien au contraire) de nourrir de fortes ambitions de croissance.

Un de mes sujets préférés est le futur du travail. Je suis convaincu que grâce à la technologie, l’entrepreneuriat deviendra une forme de travail durable qui nous rendra libres et autonomes. Nous avons récemment investi dans Comet, une start-up fondée il y un an, qui a une approche excitante du travail, entre technologie et communauté, elle propose de réinventer la façon dont les grandes entreprises collaborent avec les freelances.

La confiance est une autre thématique que je regarde de près – nous avons vraisemblablement aveuglément accordé notre confiance à trop de tierces parties ces dernières années (Facebook, Google, les banques, les gouvernements) au risque d’être complètement abusés (comme on le voit avec le problème des fake news qui est loin d’être résolu). Je crois que la technologie blockchain pourrait aider à recréer ce lien de confiance en construisant des réseaux décentralisés, plus justes et surtout transparents.

L’impact investing, longuement confiné dans le spectre de la philanthropie pure, semble aujourd’hui être sur la voie de la « mainstreamisation ». L’investisseur des années 2020 sera aussi pointilleux sur la sélection de ses dossiers qu’il l’est aujourd’hui sur sa consommation de fruits et légumes.

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