La mémoire des mots : Télescope présidentiel

Confrontation artistique : quand quatre tableaux consacrés à la politique racontent des changements de présidents. Celui de 2012 avec la fin de règne de Nicolas Sarkozy et celui de 2013 avec la première année de François Hollande. Puis 2016, la fin du quinquennat du leader socialiste. Et 2017 l’an premier de l’ère Macron. Fin de règnes et début de règnes ?

2012, duels en éveil ! 

2012, c’était l’année de la présidentielle, l’année du « duel » entre Sarkozy et Fillon, même si les Français auraient aimé voir le premier ministre sortant briguer la présidence de la France, c’est Nicolas Sarkozy qui sera « le candidat » de la droite. Et on connaît le dénouement… L’arrivée au pouvoir du « président anti-austérité ». Vite, l’impopularité frappe celui qui s’était illustré lors du débat présidentiel par sa fameuse « anaphore », « moi président ». Sous le ciel de François Hollande, des nuages s’accumulent déjà en l’an 12 avec « l’enfer fiscal » et « les tâtonnements ». En seulement 100 jours, le président « normal » se transforme en parangon de « l’amateurisme ».

2012 et l’infiltration du populisme 

Si l’on résume cette année politique avec une image forte, c’est selon les observateurs et éditorialistes, une impression générale de « Muppets Show ». « 51% » des Français ne font plus confiance à aucun leader pour diriger le pays. Il y a eu le tandem « Merkozy » formé par le président Sarkozy et la chancelière Merkel, à présent il est l’heure de « Homer » (Hollande et Merkel). Il y a un autre duo qui tourne au duel, rempli de « jalousie » autour de François Hollande, dans lequel Valérie Trierweiler et Ségolène Royal s’illustrent.

 2013 Hollande Bashing 

Dès 2013, nous rentrons dans l’année du « Hollande Bashing ». En mars 2013, lors du débat sur la « taxe à 75 % » et du scandale autour des « évadés fiscaux », on découvre le « mensonge » fiscal et le « déni » de « Cahuzac ». Le « je demande pardon » du fraudeur ne suffit pas à l’absoudre. Parallèlement, Les déclarations de patrimoine et d’intérêts des membres du gouvernement sont rendues publiques : « huit ministres sont millionnaires ». « Transparence » et « moralisation » s’invitent dans le débat : c’est la « dictature des bien-pensants », clament les médias. Mais, un autre mot va également polluer le quinquennat, c’est la « colère ». Oui, elle est omniprésente : le « ras-le-bol fiscal » coiffé de « bonnets rouges » contre « l’écotaxe ». Les contribuables, les « sages-femmes, » les « artisans », les « petits patrons, » les « employés licenciés », les « instituteurs » manifestent. Et, tout cela débouche sur le « Hollande bashing » avec en une du magazine « Le Point », la photo du chef socialiste affublé du terme « Pépère ». On voit fleurir des commentaires comme « c’est donc ça un socialiste français ? »

« Scandale », « discorde », cafouillage », « incohérences » relatent aux yeux des commentateurs le climat présidentiel. A l’UMP, c’est la « guerre », « Copé –Fillon » en première ligne et certains se languissent déjà du précédent président : « Sarkozy le retour » ?

 2016 le renoncement de Hollande 

Les trois années qui ont suivi 2013 n’ont pas mis en lumière le mandat de François Hollande. Sa fin de règne se solde par un « renoncement ». Un président sortant impopulaire et les sondages qui esquissent « une droitisation », « une vague conservatrice ». Face à cette montée du populisme, pas de pronostic avéré mais un favori. Et oui, « Juppé » apparaît comme le futur président. La « Juppémania » sera-t-elle de longue durée ? Pendant ce temps, à des milliers de kilomètres de « l’identité heureuse » prônée par Alain Juppé, « Trump » accède à la Maison Blanche. Pour « The Economist » c’est le triomphe de « L’Art du mensonge ». En 2016 en effet, le mot de l’année consacré par le dictionnaire Oxford avait été « post-truth ». Cette « post-vérité », qui se fonde non pas sur les faits mais sur les émotions.

 2016 année brisée 

2016 brisée par « l’horreur de Nice », le « 14 juillet », « 86 morts en 4 minutes et 17 secondes ». François Hollande ne portera pas les couleurs socialistes en 2017 mais il conclura son mandat avec des dossiers épineux : « état d’urgence », « jungles » qui se développent à « Calais » et au cœur de la capitale à « Stalingrad ».

« Pétaudière », voilà le terme que Alain Juppé aurait utilisé pour qualifier le « gouvernement Hollande ». « Pétaudière » qui ne continuera pas !

 

 2017 Mise en orbite de Jupiter 

Ainsi vont mes tableaux politiques quand ils croisent fin de règne et début de règne. Les sorties de Hollande et Sarkozy se terminent mal et les débuts du président « normal » se délestent vite de « l’état de grâce ». En 2017, le paysage présidentiel est chamboulé ! Chamboulé par une « révolution » menée par le « Kid président » alias Emmanuel Macron qui souhaite « changer les institutions » et « moraliser » la politique. La première bataille remportée par le nouveau chef de l’état se nomme « recomposition » grâce à son parti qui regroupe des anciens de droite et des anciens de gauche, telle est la trajectoire de « En marche ».

« En marche » pour ce lexique présidentiel inédit composé de mots qui paraissaient jusque-là révolus comme « saperlipopette », « poudre de perlimpinpin ». A Matignon, le locataire « Edouard » est discret. Pour parvenir à cet épilogue, il a fallu une succession imprévisible de rebondissements dignes d’une saga de Netflix. Quel scénariste aurait pu enchaîner si rapidement, « les primaires », « Le Penelopegate » ?  Le tout saupoudré de « vote utile » contre le danger incarné par « Marine Le Pen » et contre la tentation de « l’abstention ». Et ce n’est pas fini ! Nous avons eu le droit au premier ratage de Macron président, ce dîner de victoire alors que le deuxième tour n’a pas encore eu lieu : « La Rotonde, petit dîner grand bruit ». Puis, débute la séquence Emmanuel Macron à l’Elysée, avec la fin de « L’Etat d’urgence ». Alors, « Charlie c’est fini » ? La « Start up Macron » est « en marche » avec « une voie libérale-étatiste ».

« Macron macronise ». Sera-t-il comme il le souhaitait dès octobre 2016, « un président jupitérien » ?

Réponse dans mon prochain tableau politique !

Jeanne Bordeau

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