Que la télé travaille !

35 millions de paires d’yeux rivées dans la même direction ! Nouveau record historique ! Et pourtant non, l’humain n’a pas reposé le pied sur la Lune. Non, ce n’était pas une finale de coupe du monde. Successivement, jeudi 12, et lundi 16 mars, le président Emmanuel Macron s’exprime, et les rues se vident avant même qu’il ne nous intime de rentrer chez nous. Car pour rentrer, ils sont rentrés chez eux, les Français/es, pour écouter leur chef dans la petite lucarne ! Ah, la fenêtre sur le monde grâce à laquelle nous pensons tout savoir sur tout (« si, si, c’est vrai, je l’ai vu à la télé ! ») ! Mais quelle collaboration entre médias et administration ? Sont-ils vraiment liés pour informer en temps de crise ou travaillent-ils finalement chacun de leur côté ? Quelles sont leurs vraies lignes de conduite ? Les cartes sont rebattues et tout le monde, c’est un constat, est un peu perdu. L’information est primordiale et nous nous en remettons tous aux notifications de nos smartphones, aux présentateurs de JT, aux éditorialistes politiques, à tous ces nouveaux experts sortis d’on ne sait où, et malheureusement, parfois, sans que l’on s’en aperçoive, aux fake news, qui se glissent inexorablement dans notre quête de renseignements. Eh oui, tout un chacun veut finalement jouer les petits passeurs d’infos, sans même se préoccuper des sources… Erreur de débutant ! Mais quel est l’objectif de tout organe médiatique ? Informer le plus objectivement possible ? Non. La toute première question reste inévitablement celle de l’audience. L’audience, c’est la publicité. L’audience, ce sont les retombées financières. L’audience, c’est la vie. Et quand l’administration essaie de cadrer l’info, le média essaie de dramatiser la situation. Normal, pour lui, il n’y a que le sensationnel qui compte ! Son objectif ? Réussir à obtenir le scoop, la déclaration ou la nouvelle mesure alors que l’info se fait rare.

Gardons ces programmes éducatifs

Alors l’organe brasse, à coups de jingles, de musiques anxiogènes ou grâce à la parole de spécialistes au bagout minimum pour capter l’auditoire. Le souci, c’est qu’il n’est pas de vérité sûre et établie a priori. Elle s’établit toujours après coup. Le salut viendrait-il du service public ? Le seul à pouvoir s’émanciper de toute charge égotique et matérielle ! Et il en prend le chemin. Quand plus de 12 millions d’élèves sont amenés à rester chez eux, la télévision et les plates-formes Internet de l’État (Lumni.fr) deviennent les médias d’apprentissage clés, les seuls ! Et cette situation ne concerne pas uniquement nos scolaires ! À travers le monde, ce sont 391 millions d’élèves qui sont appelés à rester chez eux. De quoi inspirer les programmateurs. France 2, 15 heures, mathématiques ! France 3, 16 heures, grammaire ! France 5, 17 heures, histoire-géographie ! Lumineux ! Pourquoi ne pas ériger ces rendez-vous en réunions familiales ? Le voilà, le vrai service que l’on pourrait nous rendre ! Loin du scandale, du people et du dramatique. Et à terme, comme chaque crise est créatrice de nouvelles habitudes, créons la télé éducative ! « Éduquons, ce n’est pas une insulte » ! Que la télé travaille ! Qu’elle devienne, comme la presse, un produit de première nécessité si l’on savait enfin s’en servir. Ironie du sort, que tous les patrons de chaînes profitent au maximum de cette période hors du temps car, on le sait bien, le retour à la normale intéressera peu…

Mathieu Wilhelm

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