Songe stellaire et prêt-à-porter

Le paradis ! C’est sûrement comme ça que mes lointains ancêtres auraient appelé mon chez moi. La maladie, la faim et la souffrance ? Tant de fables d’une époque où l’homme n’était qu’une bête indomptable et cruelle.

C’est dans cette colossale station spatiale, sobrement nommée La Terre, que 5 milliards d’êtres humains et moi-même cohabitons.
À bord de ce gros caillou d’acier, nous dérivons dans l’abysse étoilé d’une nuit sans fin, loin, très loin de la planète bleue.

Pourtant, dans cet immense cosmos, les jours passent et se ressemblent. Comme à mon habitude, je règle ma cabine sur « plage de sable fin ». J’écoute le chant des vagues et laisse les rayons du soleil brunir ma peau. Je demande à un automate de projeter sur l’horizon un de ces nombreux films terrestres, dernier vestige d’une histoire oubliée.

J’ai toujours aimé regarder les péripéties des héros de mes aïeux. Je reste admiratif devant leur détermination, créativité, ingéniosité… Autant de concepts étrangers à notre civilisation qui ont pourtant forgé les précédentes.
Je m’en rends compte, notre réalité est devenue virtuelle, insipide, inhumaine…

La symphonie de l’inventivité et de la persévérance humaine s’est peu à peu transformée en une cacophonie algorithmique, cryptée au rythme de la léthargie et de la simplicité. Il faut se rendre à l’évidence, nous ne sommes plus que des spectateurs dans le théâtre de nos vies.

Le paradis, c’est sûrement comme ça que mes lointains ancêtres auraient appelé mon chez moi. Le lieu de ceux qui ne vivent plus, le lieu de ceux qui ne créent plus.

Deux avis d’experts :

Anne-Raphaële Aubard, responsable incubation et formation à La Ruche, responsable d’un MBA Digital Consulting Innovation au sein du groupe IGS.
Elle a développé sa carrière dans le textile pendant 15 ans avant un virage vers l’économie sociale et solidaire, avec 120 projets soutenus par an – après une case chômage. Une étape dont elle parle volontiers, qu’elle sait mettre en perspective. C’est aussi une leçon d’optimisme ou de positivisme qu’elle donne aux jeunes de l’IGS. Une erreur est un passage presque obligé dans une vie.
La solution se construit avec les parties prenantes. Une phrase banale qu’il est bon ton de leur répéter pour qu’ils ne conservent pas une attitude « en hélicoptère », avec une vue de haut. L’innovation doit être adaptée. Le pragmatisme est requis. Le principe qui prévaut dans ce nouveau MBA est le « learning by doing », avec un vrai travail sur la posture. On exerce l’esprit critique, la prise de parole, la capacité d’écoute, la curiosité aussi… Pour autant, l’enseignement théorique ne doit pas passer à la trappe. Les statuts juridiques, par exemple, ça s’apprend. Ce nouveau MBA s’appuie sur l’alternance. L’idée que j’aime défendre : l’entrepreneuriat n’appartient pas à une caste. C’est ouvert à tous, d’où d’ailleurs la venue à The why not factory d’étudiants extérieurs au groupe IGS.

Didier Thébaut, consultant en techniques d’innovation et acquisitions clients.
Pur produit académique – un diplôme de Sup de Co (qui s’appelle maintenant ESCP Europe), suivi d’un bac +5 en sciences de l’information et de la communication, Didier Thébaut aime le concret. La réalité du terrain, avec 25 ans d’entrepreneuriat – en 1999, il a été lauréat de l’association Jacques Douce, du nom d’un célèbre publicitaire. Et c’est ce qu’il s’emploie à transmettre depuis une dizaine d’années au sein du groupe IGS.
La génération actuelle n’a rien à voir avec celle des années 2005-2010. Les codes de l’entreprise, formatés, elle n’en veut pas. Les jeunes ne veulent pas s’inscrire dans ce schéma. Et leur envie d’entreprendre n’est pas liée à celle de faire un coup. Combien je peux gagner avec tel ou tel projet ? Combien je peux leur prendre en créant tel ou tel service, en le revendant ? On n’est pas dans la start-up opportuniste. La quête de sens est, pour eux, essentielle. Créer des foulards, oui, mais bio, qui participent au développement durable. Et, pour mener à bien leur projet, il est important de bien se connaître. Aussi, dans le cadre de The why not factory, je les pousse à se poser des questions sur eux-mêmes. Qu’est-ce qui t’intéresse ? Qu’est-ce qui te fait plaisir ? La raison est simple : ce qui vaut de l’argent dans l’entreprise, c’est le porteur de projet. Et d’ailleurs, cet espace, The why not factory, a été créé par trois étudiants. Ce n’est pas une décision descendante, académique. Et leur attitude me permet de dire aux contacts que je noue dans mon activité professionnelle que l’argent ne fait pas tout. Un vrai vent de fraîcheur.

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