Remiehzla

Remiehzla est apparue dans ma vie il y a cinq ans, sans y être invitée et sans crier gare.
Au départ, elle était discrète et ne se manifestait que brièvement. Elle devait savoir qu’elle n’était pas la bienvenue.

Les premières années je pensais que Remiehzla allait finir par se lasser de mon indifférence et partir. Mais elle est extrêmement fidèle, lorsqu’elle choisit un compagnon c’est pour la vie.
Malheureusement, le souhait de son départ discret s’est rapidement dissipé. Cette amie autoritaire et sans vergogne a pris le contrôle de ma vie. Elle décide désormais de ce que je peux faire ou dire et ne me laisse aucun répit.

Je ne veux pas rester sans rien faire, j’ai donc décidé de lui compliquer la vie comme elle complique la mienne depuis cinq longues années.

Pour commencer, je refuse de l’appeler par son vrai prénom. La nommer serait l’accepter et l’adopter, et il n’en est pas question.
J’ai aussi trouvé un lieu magique, capable de lui tenir tête et qu’elle déteste : mon jardin !
Lorsque mes cinq sens sont en éveil, Remiehzla est en sommeil. Toucher les feuilles, sentir les textures, les odeurs, entendre les bruits, constituent l’arme la plus redoutable que j’ai pu trouver.

Si vous connaissez une personne victime de Remiehzla, faites-lui toucher la terre, sentir les fleurs. Vous lui offrirez ainsi un moment de répit et de bien-être.

Qui est-elle, me demandez-vous ?
Sachez seulement que comme elle a décidé de me faire régresser, j’ai décidé d’écrire son nom à l’envers…

Cette histoire parle de la maladie d’Alzheimer et des bienfaits du jardinage (reconnu médicalement) sur la prise en charge de cette maladie. Ma mère en est atteinte et c’est son histoire…
Ma future société sera spécialisée en accompagnement des particuliers dans le jardinage et un service sera consacré à une hortithérapie. J’aimerais donc créer des jardins « des sens » dans les établissements qui s’occupent des malades d’Alzheimer.

Shirin Pakrouz, étudiante du DU Entrepreneuriat “Diriger, créer ou reprendre une entreprise”, IAE Paris-Sorbonne Business School

 

Deux avis d’experts :

Didier Chabaut, professeur, spécialité des thématiques Stratégie et Entrepreneuriat, co-responsable du diplôme d’université (DU) Entrepreneuriat Diriger, créer ou reprendre une entreprise.

Depuis vingt ans, Didier Chabaud baigne dans cette atmosphère entrepreneuriale. Un temps en lien avec une pépinière d’entreprises innovantes, il a aussi rédigé une thèse sur l’organisation des sites de montage chez Renault.
« Franchir le pas ou pas, certains de nos participants s’interrogent, plutôt que de rester dans une posture de salarié. Et ce n’est pas une question d’âge. Si la moyenne d’âge est de 37 ans, certains sont aux portes de la retraite. Quel que soit leur âge, on cherche à sortir de certains clichés, tenir compte du contexte familial, travailler sur le business plan réel, voir ce qu’est une proposition de valeur, déterminer le marché concurrentiel, prendre conscience des aspects administratifs… pour répondre finalement à une question : est-ce que c’est pour moi ? Cet exercice comporte un pan de découverte de sa propre personnalité. Tous nos étudiants sont sensibilisés à ces thématiques, mais on s’interroge pour aller au-delà, comment muscler davantage encore cette fibre-là. Comment va-t-on dans une logique d’incubateur ? »

Claire Ledy-Lépine, maître de conférences associée, co-responsable du diplôme d’université (DU) Entrepreneuriat Diriger, créer ou reprendre une entreprise.

Les atouts de l’IAE de Paris-Sorbonne Business School, Claire Ledy-Lépine les connaît bien. Elle en a été diplômée en 1995 et ne l’a pas quitté depuis, mais tout en développant une activité de conseil – Ella formation – auprès de commerçants, dirigeants. La dimension psychologique compte beaucoup dans l’approche de Claire Ledy-Lépine.
« Créer n’est pas compliqué, ce qui l’est est de durer. Aussi, la notion de risques – savoir les appréhender – est-elle essentielle. Tout comme de bien se connaître. Le système français a pour habitude de sanctionner, ce qui ne va pas, ce qui n’est pas su, ce qui n’est pas compris. Aux États-Unis, le mode de fonctionnement est totalement différent. On encourage. On part d’une note minimale et des points sont ajoutés au fur et à mesure des bonnes réponses. Et monter une entreprise, c’est être un homme, une femme-orchestre. On s’appuie sur ce que l’on sait et sur ce que l’on ne sait pas. Vendre, produire, gérer, trois activités. On est rarement bon dans les trois. Il faut alors être fort et savoir s’entourer. Aussi, est-il important de définir ce qui fondamentalement fait plaisir aux participants. Après, tout se déroule. Notre objectif est de travailler sur ce qu’ils vont mettre au service de leur projet. De les mettre en quelque sorte à nu. Mon prérequis n’est pas un niveau d’études, mais l’envie. Être autodidacte et excellent, voilà une association tout à fait possible, à l’encontre d’un bac + n années et rester très mauvais. La flexibilité est nécessaire. Ne pas attendre que ce soit parfait pour se lancer, sinon on ne le fait jamais. Interroger le marché sur l’accueil réservé au nouveau produit ou service constitue une étape également incontournable, avec des tables rondes de consommateurs, des marchés tests. »

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