Capitaine je suis, capitaine je serai

J’ai décidé de devenir marin, j’aime naviguer sur le radeau que j’ai construit avec mon équipage d’experts. Nous nous sommes mis d’accord pour le construire en bambou, parce que c’est résistant et esthétique.

Aux commandes d’un bateau, l’équipage aime le dynamisme et la liberté que je leur transmets. Nous sommes au 72e jour et tout le monde se porte bien, j’ai la chance que personne n’ait quitté le navire. Il y a eu quelques secousses, mais pas de tempête, nous travaillons chaque jour pour nous préparer à quelque intempérie. Le point fort de mon équipage, c’est qu’il n’a peur de rien, ni de l’océan ni des requins.

Parfois, nous croisons de gros paquebots, nous les appelons les « CDI », nous les observons pour améliorer la structure de notre radeau. Mes parents ont toujours voulu que je rejoigne cette flotte pour être en sécurité. Après avoir navigué trois mois sur l’un de ces bateaux, j’ai eu un mal de mer si intense que j’en suis tombé malade. Mon remède, je le trouve dans le pilotage de mon propre navire.

Lorsque nous faisons un arrêt sur la terre ferme, nous prenons le temps d’améliorer l’embarcation. Nous rencontrons également d’autres équipages qui prennent la même direction que nous. Nos échanges nous permettent d’embellir l’aspect de nos esquifs respectifs.

Sur ce bateau, je veille au bien-être de chacun et je constate que notre énergie reste la même par temps ensoleillé comme pluvieux. Je trouve mon bonheur dans celui de mon équipage, en espérant que ce voyage ne s’arrête jamais…

Sincère parole de marins,

 

Avis d’expert : Virginie Gallego-Roquelaure, maître de conférences au sein de l’Institut d’administration des entreprises (IAE) de Lyon 3

Pitch d’admission : « Ces jeunes devront convaincre les partenaires, les clients, leurs salariés, les financeurs… »

Voilà près de quatre ans que Virginie Gallego-Roquelaure enseigne à des publics variés, aux étudiants de la licence professionnelle métiers de l’entrepreneuriat, en master 1 et 2 entrepreneuriat et développement des entreprises nouvelles (Eden), mais aussi aux stagiaires de la formation continue. Une expertise dont elle fait profiter également les start-uppers dans l’incubateur Manufactory de l’université Lyon 3. Elle les accompagne. L’imbrication de l’université et de l’entreprise est assez développée dans la capitale des Gaules, et à l’IAE.

Les étudiants sont-ils plus sensibles aujourd’hui à ces thématiques ?

L’engouement est réel. Le contexte local est particulièrement porteur, avec divers incubateurs. On peut citer Beelys de l’université de Lyon, l’un des plus gros de France, Manufactory, interne à Lyon 3, B612, accélérateur de start-up de la Caisse d’Épargne. La dynamique pour ces formations est telle que nos modalités pédagogiques ont été revues et notamment l’admission. Les étudiants doivent nous fournir un pitch de 180 secondes, comme ça se pratique pour les concours dans le monde de l’entrepreneuriat. Un premier filtre qui écarte d’entrée de jeu les moins motivés. En créant leur entreprise, ces jeunes devront convaincre les partenaires, les clients, leurs salariés, les financeurs… Ils doivent se familiariser avec cet exercice. Inutile de dresser un « Power Point » avec un plan et la problématique, comme un devoir classique, très scolaire. Pour réussir dans ces filières et passer cette sélection, se débarrasser de tout ce que l’on a appris jusque-là est nécessaire. Cette procédure demande de savoir prendre du recul. Autrement dit, de la maturité.

Quels sont les autres traits de ceux qui vous rejoignent ?

Il y a ceux qui arrivent avec une idée bien précise en tête et ceux qui ont envie d’autonomie dans leur future activité professionnelle, sans trajectoire bien déterminée. Leur point commun : tous acceptent de sortir de leur zone de confort. C’est ça aussi, l’entrepreneuriat ! Avec un tel public, avec de telles thématiques, les codes classiques de l’enseignement explosent. Dans l’enseignement aussi, il faut prendre des risques, tester, expérimenter, quitte à revenir en arrière, rebondir… Avec un tel public, à nous aussi de montrer l’exemple. Un autre point commun à ne pas passer sous silence : ce sont des compétiteurs, pour preuve leur participation très active à ce concours de mini-nouvelles. [lire ci-dessus, 29 ont été produites, ndlr].

Pour quelles créations ?

Avec les nombreux dispositifs à leur portée, les incubateurs, l’accompagnement, le réseau Pépite, les créations d’entreprises sont fréquentes. Mais parfois à partir d’une idée modifiée par rapport à celle du départ. Autre schéma possible : une étudiante est partie en année de césure à HEC. Elle n’est pas revenue. Elle a trouvé sa voie. Nous en sommes heureux. Certains viennent du droit, d’autres d’éco-gestion… Un vrai brassage, avec des parcours qui ne sont pas forcément linéaires. Un autre exemple de réussite ? Trafalgar, maison de portraits, une société qui fait déjà beaucoup parler d’elle. L’une des fondatrices était étudiante ici. Happée par le développement de son activité, elle n’est pas allée jusqu’au bout du master. Là encore, c’est très bien.

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