“Le fil conducteur” par Marion Trémolière de Montpellier Business School

Le fil conducteur

Novembre 2018

J’ai toujours été étourdie, voire très maladroite.

Vous savez celle qui casse tout ce qu’elle touche, qui oublie tout, qui est en retard à ses propres anniversaires ? C’est moi, Miss Catastrophe.

À sept ans, je me cassais trois dents en jouant avec mes camarades. À 14 ans je me fracturais la jambe en voulant imiter les gymnastes à la télévision. Aujourd’hui, j’ai 25 ans. Je suis partie de chez moi, pressée, comme tous les matins, en oubliant mes lunettes. Le problème ? Je vois très mal sans elles. Cela aurait pu devenir seulement la énième anecdote à ajouter à mon palmarès bien rempli. Pourtant, à cet instant je ne perçois plus les lignes blanches à l’horizon, je n’entends plus cette musique mélancolique qui passait à la radio, je ne ressens qu’une sensation de vide. Où suis-je ? Je me vois conduire sans savoir quelle direction prendre. Je crois bien m’être encore perdue. Il me semble attraper mon téléphone pour mettre le GPS. Et là… Le néant…

Je me remémore ma vie, mon enfance au soleil dans le Sud de la France, mes années d’études qui m’ont paru interminables et ma toute nouvelle vie que je commençais à peine. Diplômée depuis quelques mois, je venais de trouver le métier de mes rêves et j’avais enfin osé révéler mes sentiments, cachés depuis des années, à celui que je considérais comme l’homme de ma vie.

Janvier 2019

« Mademoiselle ! Est-ce que vous m’entendez ? Mademoiselle ! Revenez parmi nous ! »

Une sensation étrange, une douleur atroce, une lumière aveuglante ; j’ouvre les yeux tant bien que mal sans savoir où je suis.

Janvier 2023

Wear2look vient de recevoir le Grand Prix de l’innovation de l’année. Je n’en reviens pas. Depuis quatre ans mon mari, neurochirurgien, et moi, avons tout tenté pour développer ce projet. Comment imaginer qu’un accident qui avait failli me coûter la vie m’apporterait tant de joie ? Des milliers de personnes vont pouvoir recevoir une puce électronique, qui, une fois implantée dans le cerveau, pourra leur permettre de se localiser et de trouver n’importe quelle destination grâce à des neurotransmetteurs qui influent sur vos mouvements. Comme une intuition, chaque porteur saura alors où aller dès lors qu’il pensera à une adresse.

Chaque vie possède un fil conducteur. Je pense que j’ai trouvé le mien.

Marion Trémolière
Montpellier business school

Avis d’expert : Joseph Perez-Pla, responsable de la spécialisation start-up à Montpellier business school (MBS)

«Se lancer dans l’entrepreneuriat exige de s’impliquer deux fois plus que les autres. Travailler l’endurance est essentiel»

« Who I am ? Accelerator innovation & start-up. » C’est avec ces mots que Joseph Perez-Pla accueille les visiteurs sur son site web. Après une première vie comme journaliste, Joseph Perez-Pla s’investit dans le monde de la création d’entreprise depuis plus d’une dizaine d’années. La création d’un incubateur ? Il connaît. Il l’a fait à Montpellier, en région Provence Alpes-Côte d’Azur (PACA)… Au total, il a accompagné près de 50 start-up. Montpellier business school (MBS) l’a intégré dans ses rangs en janvier dernier.

Quel est l’intérêt des étudiants de MBS pour l’entrepreneuriat ?

Si l’approche de l’entrepreneuriat est proposée au fil du parcours au sein de Montpellier business school, la spécialisation start-up est accessible en master 2, de février à avril. L’entrepreneuriat séduit. Pour preuve, toutes les places ont été raflées en 30 minutes. Au total, 20 spécialisations sont proposées à ce stade des études. Clairement, les demandes sont supérieures au nombre de places. MBS accompagne pas moins d’une centaine de créations d’entreprise par an. On est sur un territoire propice. Pour rappel : le BIC (Business and Innovation Center) de Montpellier compte dans le top 10 mondial, selon l’UBI Global, organisme d’évaluation des performances des incubateurs. En février dernier, il a été classé au deuxième rang, derrière Dublin et devant Rio.

Quel est l’état d’esprit de ces jeunes ?

Terminé le « tout numérique ». La technologie – et en l’occurrence le numérique – est l’une des composantes. Un moyen d’accéder, rien de plus. Les étudiants se projettent dans un monde très « fair », équitable, dans lequel la transparence est importante. Ils sont très éloignés d’une spirale qui prône l’endettement pour financer leurs projets, par exemple. Leur discours : « Je me paie peu, et j’investis plus, pour coller à cette éthique, omniprésente. » L’état d’esprit est constructif. Toutefois, les jeunes injectent plus de capital dans leurs projets, car ils sont à un stade de leur vie où leurs dépenses sont encore limitées. Et ce contrairement à un quadra ou un quinqua qui doit gérer la dimension familiale. Ces derniers partent à l’aventure comme des mercenaires, avec l’obligation de résultats très rapides. Résultat : le taux d’échec est supérieur. La démarche est plus organisée pour les jeunes, tâche après tâche.

Quel point nécessite d’être particulièrement travaillé avec vos étudiants ?

Cela peut surprendre, mais le « pitch » constitue un exercice difficile. Traditionnellement, leur intervention commence par leur nom, leurs fonctions… et au fur et à mesure leur idée. C’est presque tout l’inverse qu’il faut faire. Tout l’accompagnement est basé sur le fond du discours à tenir pour que la forme soit simple. Mon rôle est de les mettre à l’aise pour leur permettre d’aller plus loin. Se lancer dans l’entrepreneuriat exgige de s’impliquer deux fois plus que les autres. Travailler l’endurance est essentiel.

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