Le télétravail ou l’amplification de la délocalisation

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Marc Drillech Directeur Général de Ionis Education Group
Marc Drillech,
professionnel de la communication et directeur général de Ionis Education Group

Plus le télétravail va se professionnaliser, plus les outils vont se perfectionner, plus les modalités vont se simplifier, plus la tentation « d’aller voir ailleurs » se développera pour un avantage plus évident pour l’entreprise que pour le salarié.

C’est vendredi. Les truites trottent et le temps est à la réflexion.

Et à l’avance, pardon de choquer celles et ceux qui croient tant dans l’avenir radieux du télétravail.

Je vais aller au-delà des avantages évidents que cette solution apporte aux salarié·es qui habitent loin de leur lieu de travail. Et qui peuvent exercer leur activité sur un rythme plus intéressant. Car loin de nuire à la productivité ou à la qualité, cette modalité améliore le résultat.

Le télétravail amplifié permet de faire gagner l’entreprise et le·la salarié·e… Mais pour combien de temps ? Pour quelles missions ? Pour quels types d’entreprises ?

Car il existe, accentuée par la crise covid, une ombre malfaisante qui contrecarrera des espoirs, l’amplification de la délocalisation.

Si vous travaillez à des milliers de kilomètres et coûtez trois fois moins à l’entreprise, il n’est pas certain qu’elle va donner la priorité à l’éthique, au respect des salariés·e, à l’emploi national.

Il suffit d’examiner la dérive des call centers. Si certains ont rapatrié en France une partie de ce service stratégique, beaucoup d’autres ont arbitré en faveur de la rentabilité immédiate et l’ailleurs.

Plus le télétravail va se professionnaliser, plus les outils vont se perfectionner, plus les modalités vont se simplifier, plus la tentation « d’aller voir ailleurs » se développera pour un avantage plus évident pour l’entreprise que pour le ou la salarié·e.

Nous sommes de plus en plus une société de freelances. Demain, nous risquons, encore heureux des avantages du télétravail, de découvrir dans nos bureaux déserts que nos nouveaux collègues nous saluent via Teams à l’occasion de la bonne année depuis New Delhi, Hanoï, Montevideo, Dakar ou Budapest.

Oui, le travail en communauté physique, c’est aussi une vie autour de déjeuners, de rencontres et de discussions éternelles, d’amitiés et de pots, une humanité collective avec ses moments uniques parfois tristes ou désagréables. Le fameux bureau, c’est la socialisation, l’extérieur, le « dehors de la bulle ». Mais cela, c’était avant.

Et je ne place pas la discussion sur l’humanité ou non du bureau mais sur la conséquence du télétravail pour l’emploi national. J’ai un léger doute qui me gêne pour les jeunes qui m’entourent.

Journaliste-Chef de service rédactionnel. Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise, etc.). Friand de football et politiquement égaré.

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