Le Ford Explorer avance masqué

Pour imposer son gros SUV fortement motorisé sur le marché hexagonal et échapper au malus, le constructeur américain a fait le pari de l’hybridation rechargeable. Une ruse qui pourrait s’avérer payante commercialement compte tenu des nombreuses qualités du modèle sur un marché fortement concurrentiel.

L’Union européenne envisage, au grand dam des constructeurs automobiles, d’interdire en 2035 la production des véhicules hybrides rechargeables au même titre que ceux équipés de moteurs thermiques. Motif : le fonctionnement des PHEV (Plug-in Hybrid Electric Vehicle) en tout électrique serait bien insuffisant pour en faire de véritables véhicules propres sur nos routes, exempts de rejets de CO2. Pire, la plupart des conducteurs de ces hybrides ne rouleraient la majorité du temps qu’en mode thermique, de quoi engendrer une consommation de carburant accrue par le poids du véhicule majoré par celui des batteries. Bref, une hérésie décriée par des associations écologistes comme Transport & Environnement. De quoi mettre en péril la stratégie de Ford qui table justement sur l’hybridation rechargeable pour commercialiser en France son gros SUV.

La sixième génération de cet incontournable véhicule yankee, fabriqué à Chicago, est apparue sur les routes américaines en 2019 et pointe désormais le bout de ses roues sur notre sol. Incontestablement américain, ce très gros SUV espère échapper aux 30 000 euros de malus qui le menacent grâce à son hybridation. Ford a eu l’intelligence d’associer au beau moteur V6 essence turbo de 357 chevaux qui ronronne sous le capot une motorisation électrique rechargeable de 102 chevaux afin d’éviter la surtaxation. Résultat : une puissance totale disponible de 459 chevaux en mode 4×4 permanent pour seulement 71 grammes au kilomètre de rejets officiels de CO2. Avec néanmoins une autonomie complète en mode électrique d’une quarantaine de kilomètres qui fait que la majeure partie du temps on roule en mode thermique avec une consommation qui dépasse allègrement les 10 litres aux 100. CQFD.

Une grande modularité

Pour le reste, ce SUV très américain (un des seuls PHEV du marché à proposer 7 places véritables avec deux sièges escamotables électriquement sous le plancher du coffre) est doté d’une belle esthétique. Agréable à conduire, très confortable, très spacieux dans l’habitacle et modulable (3 sièges coulissants à l’arrière en second rang), il est doté d’un très grand coffre de 635 litres (avec possibilité de rabattre tous les sièges pour disposer d’un plancher plat et d’un volume de chargement de plus de 2 000 litres !). Côté équipement c’est Byzance ou presque (pas d’affichage tête haute !) avec sièges chauffants (avant et arrière), massants et ventilés (avant), toit ouvrant panoramique et toute la panoplie de sécurité. Puissant, maniable bien que surdimensionné, très dynamique grâce à sa transmission auto à 10 rapports, il pêche toutefois un peu côté freinage et pâtit d’une faible garde au sol sur terrain escarpé.

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