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Un entrepreneur connecté

Les likes, hastags, tweets, stories ou posts rythment son quotidien. Après un passage chez Rad.co, site de mode français, Ruben Cohen fonde l’agence Follow avec ses trois amis d’enfance. En tête, la volonté d’encadrer, d’accompagner et de soutenir les jeunes influenceur·ses. À 31 ans, le jeune homme a fait de sa passion des réseaux sociaux son métier…

Et pourtant, l’aventure de Ruben n’a pas démarré sous les meilleurs auspices : « J’ai arrêté mon école de commerce sans même valider le diplôme, en quatrième année ! » Pas simple pour l’étudiant de l’époque de gérer les cours et le job alimentaire. « On ne roulait pas sur l’or, alors je travaillais en parallèle de mon école, comme serveur en boîte de nuit, il fallait bien rembourser le prêt contracté pour étudier. » Sans compter son obsession d’entreprendre, qui a débuté, entre autres, par « la vente de bombers ». Mais dans un trio formé par l’école, le petit job et l’entrepreneuriat, triomphera sans surprise sa soif d’entreprendre.

 

« J’ai compris qu’il manquait un encadrement, un accompagnement et un soutien auprès des influenceur·ses, souvent jeunes et parfois esseulé·es. »

 

Avec Follow, j’accompagne les influenceur·ses

Avant Follow, il y a eu Rad.co – un site de prêt-à-porter français, spécialisé dans la mode éphémère. « Déjà, là, je m’occupais des réseaux sociaux, Instagram n’existait pas encore, mais Facebook vivait ses heures de gloire, la communication de Rad s’est clairement établie via le réseau de Zuckerberg. » Le temps passe, près de six ans à apprivoiser le monde de l’influence et des réseaux sociaux. Ruben quitte Rad pour fonder l’agence Follow : « J’ai compris qu’il manquait un encadrement, un accompagnement et un soutien auprès des influenceur·ses, souvent jeunes et parfois esseulé·es […] Ne serait-ce que sur le plan juridique, les réseaux sociaux sont parfois cruels et on y trouve du harcèlement. Chercher un avocat pour les influenceur·ses que l’on accompagne, voilà un exemple parmi d’autres qui m’ont poussé à co-fonder Follow. »

En 2016, Ruben Cohen ne se lance pas seul, mais avec ses trois meilleurs amis. Une brochette qui inquiète pas mal son entourage. « À quoi bon se lancer dans cette galère ? » Du reste, rien de rassurant au début : un pécule de 2 000 euros chacun et des bureaux de 12 m2  ! C’est ça aussi, un électron libre. Ruben sait faire le tri entre les conseils de son cercle amical. Surtout, il croit profondément dans la génération Z, « celle qui, dit le trentenaire, naît avec un smartphone dans les mains ». Pari réussi, Follow a accompagné en tout une cinquantaine d’influenceur·ses en exclusivité, 35 aujourd’hui. Comme Mayadorable ou Paola Locatelli, des icônes de leur génération ! De quoi séduire de grandes pointures, tels Samsung ou L’Oréal, qui font partie du portefeuille clients. À côté, l’agence se spécialise dans la stratégie d’influence et la production de contenus.

 

Réseaux sociaux, matin, midi et soir !

« Avec Follow, on a vraiment été plus loin dans l’encadrement des influenceur·es, au-delà du virtuel. Un agent accompagne chaque influenceur·se lors d’événements pour les photos et vidéos à mettre en avant, on prend le temps de discuter avec les parents avant de signer un contrat, certain·es influenceur·es sont mineur·es, même si l’âge s’est élevé au sein de l’agence au fil du temps », explique Ruben Cohen. Et surtout, les influenceur·es doivent avoir une cause qui leur tient à cœur, à défendre : « Paola Locatelli, qu’on accompagne, est par exemple marraine de l’association Aida qui soutient les jeunes touché·es par le cancer […] Oui, le monde va mal, alors nous, on se doit d’être irréprochables sur ce que l’on renvoie », défend le cofondateur de Follow.

Aujourd’hui, tout passe par les réseaux sociaux, les entreprises l’ont bien compris. « Si j’avais un conseil à donner à celles et ceux qui hésitent encore à se lancer sur Insta, Twitter & co, ne pensez pas que le marketing d’influence coûte des milliards, ces entreprises doivent d’abord être claires sur leur identité de marque, leur contenu, rendre leur marque désirable avant de se lancer, mais elles ne le regretteront pas… le réseau Tik Tok est devenu la nouvelle radio ! », estime le mentor. Et même les femmes et hommes politiques s’y mettent…

Mais alors avec Ruben, c’est réseaux sociaux H24  ? « Même le week-end, je surfe sur les réseaux, c’est plus fort que moi, j’adore ça et j’en parle aussi avec ma femme », concède notre addict au Web. Sinon, pour les créneaux qui lui restent, Ruben vit football, « un amour qui émane de [son] grand-père », et ne jure que par l’Olympique de Marseille – sans conteste la seule fausse note de son parcours (un smiley s’impose…). Ses six années de théâtre, avec quelques représentations au théâtre Nord-Ouest à la clé, lui assurent une aisance orale aussi… dans le monde réel !

 

Geoffrey Wetzel

 

Les Rebondisseurs FrançaisCe qu’en disent Les Rebondisseurs Français, association partenaire d’Ecoréseau Business

Ses convictions sur les réseaux sociaux n’ont jamais été ébranlées par les aléas de l’entrepreneuriat. Cet agent d’influenceurs offre aussi une expertise aux marques… Un électron parce que particule élémentaire de la com en 2020. Libre parce qu’il ose suivre sa vision de la com dans le futur.

Journaliste-Chef de service rédactionnel. Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise, etc.). Friand de football et politiquement égaré.

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