Julien Mouchet : Un entrepreneur qui a « qapé » son rebond

Quand un agent général devient lui-même assureur

Julien Mouchet a toujours été entrepreneur et rebondisseur. Installé en Bourgogne Franche-Comté, il y a mené tous ses projets. S’il a commencé sa carrière « par nécessité » dans le secteur de l’assurance, il y est resté par conviction et adhésion aux valeurs sociétales fortes de solidarité que véhicule ce secteur. D’abord salarié spécialisé dans la protection sociale du dirigeant et de ses salariés, il a ensuite été assureur des biens, des responsabilités, de la personne pour les TPE.

Et puis il a sauté le pas. Il est devenu indépendant, installé comme agent général en 2007 à Auxerre. Une fonction qui lui a donné la chance de rencontrer une grande diversité d’entrepreneurs. Et un vrai succès commercial… mais la pire expérience de sa carrière. Petit à petit, il a été littéralement étouffé et broyé financièrement par les conditions conventionnelles posées par la compagnie qu’il représentait. L’opacité de la situation comptable, l’augmentation continue des sommes dues, de surcroît décorrélées de ses résultats réels… Un portefeuille qui s’est avéré très déséquilibré et à risque ont eu raison de lui.

Bloqué financièrement, il a quitté ses fonctions alors qu’il avait fait doubler la taille de son portefeuille. La pression fiscale a eu raison de son aventure en 2012. « J’ai découvert à mes dépens une technique de l’étouffement qui est de mise dans cette profession. Et j’en paie encore les conséquences aujourd’hui. »

Comment s’est-il sorti ? « En travaillant, travaillant, et travaillant encore. Grâce au soutien inconditionnel, éclairé et confiant de mon épouse et de mes enfants. Grâce à l’espérance qui nous ouvre les yeux vers des rencontres exceptionnelles, comme celle qui va aboutir à la création de Qape et de toutes ces personnalités remarquables avec lesquelles nous travaillons directement et indirectement », raconte Julien.

Car un entrepreneur est quelqu’un qui porte en lui cette capacité de rebond. Et les échecs vécus révèlent la force de sa résilience.

Un rebond pour une santé éthique et… « holistique »

Après cet échec violent et le deuil de son activité, Julien s’installe comme courtier indépendant dans la commune de Toucy, dans l’Yonne. Il s’investit aussi auprès de la CCI du département dont il devient vice-président en 2010. Dans ce cadre, en tant qu’élu des entreprises, il collabore aux côtés du président à la transformation du métier des chambres de commerce, privées de la ressource fiscale, mais toujours redevables de leurs fonctions régaliennes.

Rencontre avec Kim Vu Dinh, un expert du numérique. Dont l’expérience de consultant en organisation et management de projet de système d’information justifie que Julin Mouchet lui confie une étude de cadrage pour un projet de comparateur d’assurance professionnel. De fil en aiguille, le projet aboutit à la création de Qape (rebaptisé récemment Kovers) qu’ils lancent ensemble pour offrir une complémentaire santé d’un nouveau type. Julien assume la direction générale de l’entreprise dont le siège est à Toucy.

« Nous partagions cette même volonté d’offrir un accès “holistique” à la santé en misant sur la mutualisation et en adoptant une démarche éthique. Face aux vulnérabilités auxquelles chacun risque de se confronter, de la vulnérabilité financière à la vulnérabilité de sous-densité médicale, nous voulions que l’assurance devienne un service garantissant un accès de tous à la santé. Kovers est au cœur de la transformation de la société et du métier, en faisant de l’assurance un service pour un accès à la santé. »

Une conviction qui se lit dans les premiers pas de l’entreprise : au départ, l’Association Santé Cœur de Puisaye a sollicité Qap-Kovers pour proposer aux habitants du territoire de Puisaye une mutuelle adaptée à leurs besoins et leur budget, accessible aux personnes les plus vulnérables : s’appuyer sur le bénéfice de la mutualisation pour inclure les personnes à faible revenu, actives ou retraitées.

La force de l’entourage et de la résilience

Julien Mouchet se souvient de son « échec ». Le rebondisseur va rester vigilant sur trois points : veiller à être entouré et soutenu, surtout ne pas rester seul – ce qui l’a entre autres conduit à adhérer à l’association des Rebondisseurs français – voir grand pour toujours avancer. Et développer sa soft skill de la résilience qui est utile dans de multiples situations vécues par l’entrepreneur.

De la période inédite de l’épidémie, Julien retient l’entrée du monde dans un nouveau mégacycle avec l’ère du numérique, dont le champ du possible va se démultiplier. À l’infini, dit-il, par l’informatique quantique. « Si nous pouvons par le numérique transformer nos rêves en réalité, la crise de la covid-19 nous a montré la nécessité supérieure de conserver la proximité et le lien charnel. C’est la thèse que nous déployons chez Qape avec Kovers : financer et accéder à la santé en proximité quand il le faut, en s’appuyant sur le numérique. »

Ce qu’il retient de toutes ses expériences ? Que les vulnérabilités, les échecs, sont des gisements de force et de construction durables. Prendre du temps pour soi et pour ses proches, savoir s’entourer, ne pas céder aux émotions, s’inscrire dans l’espérance.

La somme des succès l’emporte sur la somme des échecs.

Claire Flin

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