Michel Picot : présentateur radio, ses rebonds l’ont transformé en entrepreneur

Inventeur et animateur du Business Club de France

De prime abord, il ne se définit pas comme un homme de rebonds, et pourtant ! Son parcours révèle une succession de remises en cause et de réinventions, avec pour fil conducteur sa passion pour la présentation d’émissions radio-TV. Celui qui a pour habitude d’interviewer les autres s’est surpris en racontant sa propre histoire et en redécouvrant ses multiples pivots.

Tout commence dans le Gard quand, à 16 ans, il crée de toutes pièces sa première radio. Une radio pirate bien sûr qui donc n’a pas le droit d’émettre… Il arrête quand même ses études d’électrotechnique un an plus tard pour s’y consacrer. Et pour qu’elle soit autorisée, il tente de la vendre à Sud Radio. Nouveau coup du sort : un incendie touche l’émetteur et finit par avoir raison de son projet. Il endosse alors un petit boulot de vendeur… grâce auquel il rencontre le directeur des programmes de Radio France Vaucluse… et le voilà reparti ! Faute de convention de stage, il y travaille avec le statut de TUC (Travaux d’utilité collective, l’emploi jeune de l’époque). Six mois pendant lesquels il présente des journaux et enregistre ses premiers reportages.

Et puis tout s’accélère : premier job salarié à Europe 2 Vaucluse, en tant que « gardien de musée » selon son bulletin de salaire. En réalité, il est à l’antenne tous les jours. Puis son audace le conduit à décrocher des postes dans deux autres radios : Montmartre FM et BFM. Pendant quelque temps, il jongle entre Paris et Avignon. L’heure du choix s’impose. Il reste finalement à BFM où il donne de la voix à partir de 1995.

Michel… pivots

En 2003, des raisons personnelles douloureuses l’éloignent du micro. Il continue d’assurer quelques piges. Mais Michel a besoin d’un autre projet, plus solide, plus construit, pour avancer : il rebondit en lançant sa première société, la Fabrique de Contenus, qui naît en 2008. Michel devient producteur.

Si le statut de pigiste pouvait fiscalement et économiquement se révéler plus « intéressant », il endosse maintenant les habits de l’entrepreneur. Il officie toujours en tant que présentateur, mais, en plus, il conçoit, invente, développe. La production le gagne. Il produit notamment le Business Club de France qu’achète BFM.

2018, fin du contrat. Il faut imaginer autre chose. Michel doute, tergiverse, hésite… Après une période d’introspection, de mise en retrait et de lâcher-prise dont il sort assez rapidement – car il sait que si cette phase s’éternise, s’il perd le contact, le rebond sera plus difficile – le voilà reparti.

Une certitude : il continue le journalisme et l’info, et il veut parler d’économie et d’entrepreneurs. Autre certitude : le réseau est essentiel. Enfin, Michel sait qu’il doit oser et agir en acceptant ce qui se passe autour de lui sans sombrer dans le doute ou la culpabilisation. Apprendre à rêver et prendre son temps : c’est un investissement sur l’avenir. Chacun de ses rebonds est finalement un mélange d’audace, d’inventions et de rencontres.

Projets sous covid

Michel adopte alors une stratégie presque militaire, menée par les actes : déménagement de sa société, feuille de route stricte, avec un business plan revu et corrigé, de petits objectifs à atteindre les uns après les autres, cap précis et surtout accessible.

Il met au point une déclinaison de ce qu’il sait bien faire et qui plaît, avec un angle régional cette fois-ci. Et il partage son projet. À partir de ce moment-là, les portes se rouvrent et des partenaires l’aident. Le Business Club de France renaît dans un format remasterisé, pour d’autres publics, via d’autres canaux. Michel convainc un réseau de 26 télévisions et 10 radios locales de diffuser son programme économique. Nouveau rendez-vous cathodique et Web en même temps qui remplit progressivement son agenda.

Prochaine étape ? Pourquoi pas créer un média atypique consacré aux dirigeants d’entreprises en région. Un projet pas encore lancé pour cause de contexte covid, mais que Michel Picot continue à mûrir. La crise sanitaire et économique le fait réfléchir, néanmoins. Il s’interroge : lever un peu le pied – mais saurait-il faire ? Pas sûr. Cette crise l’oblige aussi à apprendre, à décider et à faire très vite, peut-être trop vite. Où passent ses rêves d’entrepreneur ? Sa salariée démissionne. Coup dur. Comment produire des émissions quand les studios sont fermés, que les invité·es et les équipes techniques ne peuvent plus se déplacer ? Les frais pour sa SARL, eux, continuent à tomber et l’inquiétude monte au fur et à mesure que la trésorerie frôle les abîmes…

Soyez doux avec vous-même

Pour autant, Michel philosophe. Comme personne n’y peut rien, il faut accepter. Plus facile à dire qu’à faire… Alors il entend bien profiter de cette pause forcée pour se réinventer à la maison, avec les siens et au travail. Lire beaucoup pour s’aérer. Entre deux sessions de télétravail, il a découvert un texte. Son auteur est inconnu mais sa prose texte l’a marqué : « Au-delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l’univers, pas moins que les arbres et les étoiles, vous avez le droit d’être ici. Et qu’il vous soit clair ou non, l’Univers se déroule sans doute comme il le devrait […] Le monde est pourtant beau. “Prenez” attention (à vous). Tâchez d’être heureux… » Inspirant. Il va tout faire tout pour se l’appliquer… pour rebondir encore !

Claire Flin

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