Phenix anti-gaspi : une nouvelle vie zéro déchet

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Qui ? Phenix
Quoi ? « Don des invendus aux associations caritatives, coaching anti-gaspi des professionnels et appli de panier dinvendus… On se bouge contre le gaspillage ! »

Jean Moreau, fondateur de Phenix

Cumuler succès financier et solidarité, c’est possible. Phenix anti-gaspi en est l’un des plus beaux exemples. Cette start-up qui met en relation distributeurs et associations ou particuliers pour liquider les stocks d’invendus répond à deux problématiques : sociale et environnementale. Un engagement féroce contre le gaspillage alimentaire que nous raconte Jean Moreau, fondateur de Phenix.

Le phénix, cet oiseau mythologique qui renaît de ses cendres. Mais ce Phenix là ne s’enflammera pas avant de trouver une seconde vie… directement dans nos assiettes ! Fruits, légumes, yaourts, œufs etc. Autant de denrées alimentaires qui disposent de la sacro-sainte date limite de consommation (DLC). Invendus, ces produits connaissaient, il y a encore quelques années, un bien triste sort : « Il y a dix ans, les distributeurs sortaient les produits des rayons et les mettaient à la poubelle en les aspergeant de javel, comme cela, pas de problème de glanage », regrette Jean Moreau. C’est ainsi que ce dernier décide de s’investir dans la lutte contre le gaspillage alimentaire et crée, avec son associé Baptiste Corval, l’entreprise Phenix, en mars 2014.

L’objectif : venir à bout d’« un système qui marchait sur la tête. Il était temps de mettre un peu de bon sens au cœur de tout cela », lâche Jean Moreau. « D’un côté il y avait trop de produits qui finissaient dans les poubelles et de l’autre : la demande. Des personnes en sous-nutrition, démunies, et des banques alimentaires en quête de volume », ajoute-t-il. Son engagement est clair et simple : réduire le gaspillage alimentaire en « connectant ceux qui ont trop avec ceux qui n’ont pas assez ».

Deux actions complémentaires
Avec Phenix naît d’abord une première plate-forme, qui permet de connecter les magasins et les associations de solidarité : « Une banque alimentaire 2.0 », lâche le fondateur de la start-up. Et d’ajouter : « Nous avons fait en sorte que pour un·e chef·fe de rayon Carrefour ou Monoprix, ce soit aussi simple de donner les invendus que de s’en débarrasser. » Une activité qui les occupera cinq ans durant.

En 2019, l’entreprise Phenix va plus loin : « Nous avons souhaité compléter cette solution par une application mobile grand public qui permet aux particuliers de faire leur petit geste quotidien contre le gaspillage en sauvant des invendus. » Les consommateur·rices ont désormais la possibilité de racheter des paniers de produits auprès de leurs commerçant·es de proximité. La concurrence est déjà rude sur ce marché… Mais cocorico, ce Phenix là aime la baguette et probablement le cassoulet, puisque son créateur vient de Toulouse (Haute-Garonne). Un phénix born in France donc. « Too Good To Go est danois par exemple. Et ils ne font que du b to c ! précise Jean Moreau. Avec Phenix nous souhaitons rester solidaire. »

Faciliter la mise en relation de ceux qui ont trop et de ceux qui n’ont pas assez
La solidarité, une valeur chère à la marque qui fait en sorte qu’il n’y ait pas de « vases communicants » entre les produits destinés aux associations et ceux destinés aux consommateur·rices. « Il n’y a pas de conflits d’intérêts, assure le fondateur. Quand il y a un invendu nous le donnons à des associations et/ou nous le vendons à des consommateur·rices. Les deux sont complémentaires. Nous ne sommes pas en train de déshabiller Paul pour habiller Jacques. »

Mais comment ça marche concrètement ? Le distributeur dispose de chartes fraîcheur en interne qui leur commande de sortir les produits des rayons à partir d’une certaine date avant la fameuse « DLC ». Phenix s’occupe de faire la mise en relation entre l’offre d’invendus et la demande : « Une market place ! » Pas d’achat-revente, ni de stockage, ni de livraison. « Nous nous assurons de trouver le bon preneur, au bon moment et ce, en trois clics », résume Jean Moreau. Phenix diffuse l’information à tous·tes les intéressé·es autour du magasin. « Nous n’avons rien inventé. Cette activité existait déjà, nous l’avons simplement rendue plus performante et plus fluide », précise l’entrepreneur. Une pratique auparavant marginale dont Phenix veut en faire la norme : « On joint l’utile à l’agréable et nous faisons le pari que cela va devenir une routine de consommation. »

Le phénix à la conquête de l’Europe
Après sept ans d’activité la start-up souhaite maintenant mettre à profit son expérience en aidant les entreprises à soigner le gaspillage à la source. Les données d’invendus recueillies au fil du temps vont permettre à leurs clients distributeurs de mieux gérer leurs stocks de produits et de prévoir leurs assortiments pour mieux prévenir le gaspillage.

Avec tous ces engagements – car c’est bien de cela dont il s’agit – la start-up espère tenir sa promesse : arriver à réduire à néant la quantité de déchets alimentaires. « Nous sommes très fiers de la boîte que nous avons créée, car nous ne sommes pas nombreux à cumuler croissance, ambition, création d’emplois, chiffre d’affaires et impact social et environnemental positif », se félicite Jean Moreau. Fier, aussi, de montrer la voie vers la tech for good, le Phenix nidifie l’Europe. Il s’est déjà installé en Espagne, au Portugal, en Italie et en Belgique. Avant de voler vers de nouveaux horizons…

Marie Sanchis

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