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Flavien Denéchère doit retenir une seule chose de son parcours : il est un entrepreneur. L’aventure Blackwood vécue avec ses deux associés lui a donné le goût d’entreprendre et fait toucher du doigt les points névralgiques de la conduite d’une entreprise. Au final, une liquidation riche d’enseignements pour son projet actuel, BrandMeMore.

 

 

D’abord se lancer dans l’entrepreneuriat. Flavien Denéchère démarre sa vie professionnelle en 2011 comme chargé de communication dans un groupe événementiel. Il apprend un métier, acquiert un peu d’expérience. Un an et quelques mois plus tard, sans évolution possible, il choisit l’envol. Autoentrepreneur en 2012 à tout juste 20 ans, il s’investit dans la gestion de marque et les stratégies en communication numérique.

Il croise le chemin de Maxime, excellent illustrateur autoentrepreneur. Tous deux décident de s’associer. Ils s’installent dans un coworking, interviennent de concert pour des clients, puis créent ensemble la marque Blackwood. Un objectif unique : réaliser des missions qualitatissimes pour leurs clients avec très haut niveau de satisfaction client.

Arnaud rejoint le projet pour une semaine qui s’étendra sur plusieurs années. Leur collectif d’autoentrepreneurs pas encore trentenaires prend petit à petit la forme d’un studio de création, sans adopter pour autant une structure juridique de société. Flavien prend progressivement et naturellement en charge la partie commerciale, ce qui structure davantage le projet. Mais la stratégie de développement de « là où ils veulent aller ensemble avec Blackwood » n’est toujours pas clairement exprimée. Tous trois sont des indépendants qui partagent simplement la même volonté de « bien faire leur travail, avec sincérité ».

 

Puis développer une entreprise…

C’est à ce moment-là qu’une opportunité s’ouvre chez Danone pour la marque Les2Vaches. Seul hic, le statut : Danone ne travaille pas avec des autoentrepreneurs. Pour saisir ce contrat, les trois indépendants créent la société Blackwood. Ils le décrochent. Mais à son terme, ils se retrouvent avec une société à devoir faire vivre.

Alors, ils développent. Recrutent des stagiaires, s’équipent de matériels informatiques et vidéos de plus en plus sophistiqués, s’installent dans des locaux plus grands…

 

… et chuter

Un point pêche, la gestion. Concentrés sur le développement de l’activité et la production des missions qui leur sont confiées, ils dépensent sans suivre rigoureusement leur trésorerie. Les premiers retards de paiement de TVA apparaissent, s’accumulent. Les charges suivent peu après. Or le premier cap à passer, celui des trois ans, est déterminant pour mesurer la pérennité d’une entreprise. Et les trois jeunes associés ne passent pas ce cap. La pression financière augmente, leur expert-comptable les avertit : ils n’ont pas vraiment d’autre choix que la liquidation.

Une nouvelle phase, éprouvante, s’engage. Car une liquidation, c’est long, même dans le cas d’une procédure simplifiée comme celle qui concerne Blackwood. « Vous vivez minimum un an avec, le temps des démarches administratives, fiscales et judiciaires, explique Flavien. Pendant ce temps, vous ne pouvez rien faire, car c’est le mandataire qui a les clés et le pouvoir de décision. »

 

Rebondir quelques années après

Flavien garde de ces cinq années le souvenir d’un pur bonheur marqué par de belles collaborations et réalisations. Ses acolytes bifurquent vers d’autres métiers – Arnaud devient fleuriste –, Flavien persévère dans le branding et la stratégie créative, non sans prendre le temps d’analyser les raisons de cet échec. Son rebond dans l’entrepreneuriat s’orchestre avec plus de maturité, fort de l’expérience. Car pour rebondir, il faut déjà comprendre d’où viennent les erreurs. « Il faut utiliser son expérience pour avancer et se surpasser. Il faut comprendre le passé pour apprécier le présent et anticiper le futur », analyse Flavien.

Il cofonde Passion-Spiritueux.com (une cave numérique dédiée aux spiritueux français), puis ALL (une start-up studio composé d’entrepreneurs). En 2019, le projet BrandMemore naît, toujours la marque et le numérique. D’abord installé sous statut autoentrepreneur, il prévoit de basculer en 2022 sous forme de Sasu. Mais cette fois, il s’efforce d’élaborer une stratégie de développement pluriannuelle. Attentif au budget, il fait évoluer son modèle économique en combinant clients annuels avec missions ponctuelles pour conserver un fonds de roulement.

Message personnel : « Rester positif et optimiste. Si on fait les choses avec sincérité et rigueur, on arrivera où l’on veut. Il est important dans la vie de continuer à avancer. C’est trop simple de regarder les mauvais moments et se dire “oh, c’est dur, oh je suis malheureux, oh vraiment je n’ai pas de chance”. Bien entendu, ça prend du temps, mais la vie est magnifique pour ça : tout est possible. Elon Musk a bien envoyé une voiture dans l’espace, non ? »

Ah, un dernier détail : Flavien Denéchère vient de fêter ses 30 ans. L’expérience du rebond n’attend pas le nombre des années pour créer de la valeur !

 

Ce qu’en disent les Rebondisseurs Français

Flavien Denéchère s’est lancé dans l’entrepreneuriat avec enthousiasme et énergie, mais a pêché sur la gestion de trésorerie. Une expérience difficile à vivre mais qui contribue à l’affirmation de sa fibre entrepreneuriale et à acquérir une maturité pour bâtir de nouveaux projets plus robustes.

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