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Première femme business angel de France

« Quand vous dormez cinq heures par nuit, vous vous laissez du temps pour faire autre chose. » Comme créer son cabinet de recrutement indépendant, investir et accompagner une soixantaine de start-up ou encore s’occuper de ses cinq hectares de jardin dans le Périgord. Entre autres. Chantal Baudron, entrepreneure et première femme business angel de France, empile les vies.

Sa route était pourtant toute tracée. Mais, « plutôt que d’aller là où le chemin peut mener, allez là où il n’y a pas de chemin et laissez une trace », disait l’essayiste et philosophe américain Ralph Waldo Emerson. Alors bien en place au sein du cabinet Bernard Krief – d’abord consultante puis… directrice générale ! –Chantal Baudron plaque tout pour « voler de ses propres ailes » et créer son cabinet de recrutement, en 1980. Voilà l’une de ses principales fiertés : « Je suis repartie de zéro, je n’ai emporté aucun dossier, aucun client, ce serait voler une part du chiffre d’affaires à mon ancien cabinet ! », estime la loyale entrepreneure.

 

Première femme business angel de France

Le cabinet Chantal Baudron existe toujours, une longévité pas si courante. Preuve que l’entreprise a su s’adapter aux bouleversements du marché du travail et à l’émergence des soft skills dans l’univers du recrutement. Oubliez aussi les annonces dans la presse… Le métier a évolué vers ce que l’on appelle communément « chasseur de têtes », un poil réducteur pour notre entrepreneure qui préfère la notion toute simple et modeste de « conseil en recrutement ». Oui, il faut trouver les candidat·es, mais il faut avant tout les évaluer ! Et pour ce faire, tout est bon – ou presque : tests de compétences, prise de références… « Le temps d’échange se révèle capital pour que les choses sortent ! », dit-elle. Les choses ? Comprendre si le comportement et les valeurs des candidat·es « matchent » avec la culture d’entreprise !

À côté du cabinet, notre électron libre rend possibles un tas de projets. Chantal Baudron est business angel, la première de France, même ! Pas si illogique pour l’investisseuse : « Souvent, les hommes deviennent investisseurs parce qu’ils ont eux-mêmes créé une start-up, avant de la revendre et gagner beaucoup d’argent. C’est moins souvent le cas pour les femmes, mais en dehors de cette raison objective, les femmes sont aussi plus modestes, moins audacieuses, notamment parce qu’elles ont peur de ne pas être à la hauteur », pointe la business angel… à la hauteur. « Faites confiance à votre bon sens », conseille-t-elle aux femmes hésitantes !

Et pour cause, Chantal Baudron le sait, elle n’est sans doute pas la business angel la plus aguerrie en matière d’analyse d’un business plan… ce qui ne l’empêche pas d’accompagner une soixantaine de start-up ! « Je me fie à la qualité de l’équipe qui présente son projet, son équilibre personnel et sa persévérance, la personne compte bien plus que le business plan, qui souvent*, ne se réalise pas comme prévu ! », sourit Chantal Baudron.

* Bien sûr, lire jamais !

 

Je mise peu sur beaucoup d’entreprises pour minimiser le risque.

 

Savez-vous qu’il existe une rose Chantal Baudron ?

Cette capacité à discerner les bons profils – pour le recrutement des entreprises qu’elle accompagne – des peu adaptés ou la faculté de sentir un projet porteur, l’entrepreneure le doit peut-être à sa formation initiale : la psychologie. Dont elle sort diplômée, de PsychoPrat et de La Sorbonne. Alors, pourquoi ne pas être devenue psychologue ? « Mais je le suis, on l’est à vie.

Bien sûr, je n’ai pas un cabinet dans lequel j’exerce à temps plein, en profession libérale, mais je suis psychologue ! » Eh oui, c’est notamment la psychologie qui l’aide au quotidien, dans ses choix d’investissement par exemple : « Je privilégie souvent des tickets d’entrée modestes lors des levées de fonds, entre 20 000 et 50 000 euros, je mise peu sur beaucoup d’entreprises pour minimiser le risque. » Fidèle lectrice d’Harry Markowitz* notre entrepreneure ? Dit autrement, elle a très vite compris qu’il ne fallait jamais mettre tous ses œufs dans le même panier.

*Économiste américain, connu pour avoir soutenu la théorie de la diversification lors de la constitution d’un portefeuille d’actifs financiers.

Et alors, possible de mener une vie de famille en parallèle ? Évidemment ! Et ce ne sont pas ses trois filles, trois gendres, et huit petits-enfants qui diront le contraire. Chantal Baudron vit à mille à l’heure, ses ami·es ne cessent de louer son étonnante vitalité. « J’ai la chance de dormir peu », relativise l’intéressée.

Mais surtout, quand elle ne « travaille pas », Chantal Baudron se transforme en jardinière, sa troisième vie. Une passion qui remonte à l’enfance, lorsqu’elle demande à ses parents qu’on lui réserve un petit coin où elle pourra s’occuper de rosiers anciens. Aujourd’hui, son principal terrain de jeu s’étend sur 25 hectares, dont 5 pour le jardin, dans le Périgord, propriété du XVIIIe siècle : « J’adore créer du beau autour de moi et voir les arbres pousser », explique la jardinière en chef. C’est un peu comme voir les start-up évoluer. Surtout, un obtenteur lui a créé une rose, « la rose Chantal Baudron, j’en suis très heureuse ». Peut-être éternelle comme l’éternelle entrepreneure.

 

Geoffrey Wetzel

Les Rebondisseurs FrançaisCe qu’en disent Les Rebondisseurs Français

Chantal Baudron est de ses entrepreneurs électrons véritablement libres, pleins de ressources et de rebonds. Mêler sa formation de psychologue qu’elle a mise au service des RH avec son sens de la finance et son amour des rosiers, l’a rend unique, comme la rose du Petit Prince …

Journaliste-Chef de service rédactionnel. Formé en Sorbonne – soit la preuve vivante qu'il ne faut pas « nécessairement » passer par une école de journalisme pour exercer le métier ! Journaliste économique (entreprises, macroéconomie, management, franchise...). Friand de football et politiquement égaré.

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