60 ans du ministère de la Culture

Soixante ans pour un ministère de la Culture ? Pas mal dans une démocratie quand nombre d’autres n’ont jamais érigé la culture à un rang d’État. Depuis 1959 et dans le droit fil des impulsions d’André Malraux, il protège et valorise le patrimoine. Un sexagénaire, ça se fête. Parmi les moments forts du programme, l’exposition « Le ministère de la Culture a 60 ans. Regards photographiques » s’est invitée au Palais-Royal jusqu’au 22 septembre. Un aperçu en images des grandes réalisations du ministère de la Culture.

Démocratiser l’accès de toutes et tous à l’art et à la culture, voilà l’un des grands défis du ministère de la Culture. L’entreprise progresse et l’offre culturelle est toujours plus abondante. Les chiffres de 2019 témoignent d’une fréquentation exceptionnelle des sites patrimoniaux et d’une hausse significative des dépenses que les Français consacrent aux consommations culturelles (+ 6 %). Le budget alloué au ministère de la Culture (10 milliards d’euros en 2019) devrait satisfaire son « ambition renouvelée », chère à Franck Riester, successeur de l’épisodique Françoise Nyssen en 2018.

Les Journées européennes du patrimoine, formidable outil de valorisation, rassemblent chaque année plus de 12 millions de personnes en France. Leur 36e édition (21 et 22 septembre) a offert à l’exposition photographique des soixante ans du ministère une vitrine nationale et une clôture idéale, en ouvrant les portes du Palais-Royal aux visiteurs. Lancée le jour de l’anniversaire du décret fondateur du ministère (le 24 juillet 1959), l’exposition a orné les colonnades de la cour d’honneur (sacrée galerie d’exposition !) durant deux mois, et fut présentée dans plusieurs directions régionales des affaires culturelles pendant le week-end du patrimoine. Sa raison d’être : retracer soixante ans d’histoire et de programmes culturels au travers de 25 toiles et clichés thématiques, tout droit sortis des archives. La sélection est riche et les photographes qui la composent sont de renom. Willy Ronis, Jacques-Henri Lartigue, Denise Colomb, Roger Parry, Michel Roi, René Burri… tous ont immortalisé les grands moments, accomplissements et personnages qui ont fait le ministère de la rue de Valois.

Retours thématiques sur soixante ans d’histoire culturelle

Le lieu est bien choisi et produit son effet. Quel meilleur endroit pour dresser une frise photographique du ministère de la Culture que la cour qui accueille les célèbres colonnes de Buren (Les deux Plateaux), elles-mêmes fruits d’une commande publique en 1983. Menée en partenariat avec les Archives nationales et la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, l’exposition a été adaptée à l’architecture du monument, notamment grâce au mécénat exclusif, confié à Epson France, le constructeur d’imprimantes qui s’implique de plus en plus dans le marché de l’art et de la culture (les tirages des toiles de 4 mètres de hauteur sur 1,55 mètre de large ont été réalisés par une imprimante Epson SureColor S80600). Les musées, l’archéologie, les grands travaux, les Archives nationales, la musique, les arts plastiques et photographiques, les médias et la communication, les bibliothèques, l’inévitable André Malraux… La vingtaine de thèmes couvre un large spectre et met à l’honneur la portée des ambitions qui ont fondé le ministère des Affaires culturelles des origines. De l’inauguration de la première Maison de la culture en 1961 à l’expérimentation du pass Culture en 2019, en passant par le lancement de la Fête de la musique en 1982 et la création des Fonds régionaux d’art contemporain (Frac) en 1983 – bien d’autres étapes majeures existent –, il y avait de quoi. Sans surprise, c’est une toile représentant André Malraux, photographié devant Le Signal d’Henri-Georges Adam lors de l’inauguration de la première Maison de la culture au Havre en 1961, qui ouvre le parcours du visiteur.

La toile Grands travaux fresque les clichés de la construction de grandes centres culturels (musée national des Sciences des techniques et des industries, Opéra Bastille…) et leur date d’inauguration (Centre Pompidou en 1977, Pyramide du Louvre en 1989, Louvre Lens en 2012, Philharmonie de Paris en 2015…).

Sur la toile Archives s’illustre la fameuse armoire de fer des Archives nationales qui renferme les documents les plus précieux de l’histoire française (parmi lesquels les constitutions, le serment du Jeu de paume, les testaments de Louis XIV et de Napoléon Ier…). L’exposition s’est très vite clôturée. La célébration des soixante ans se poursuit, elle, jusqu’à la fin du mois de décembre. Avis aux amoureux de la photographie, l’exposition 60 ans/60 portraits de Davis Cesbron, qui rend hommage aux femmes et hommes du ministère, sera visible du 14 octobre au 15 novembre dans le hall d’accueil du ministère de la Culture.

Adam Belghiti Alaoui

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