Usine IO, accélérateur de projets hardware

Toutes les technos de pointe pour pouvoir développer son hardware.
Toutes les technos de pointe pour pouvoir développer son hardware.

Usine à tout faire ?

Selon le dernier classement publié par Bloomberg à la fin du mois de janvier sur le sujet de l’innovation, la France se hisse à la neuvième place et éjecte les Etats-Unis du Top 10. Une place qui s’explique entres autres par la multiplication des lieux d’innovation où Usine IO semble sortir son épingle du jeu.

Niché au 181-183 rue de Chevaleret, dans le XIIIe arrondissement de Paris, Usine IO n’est ni un fablab, ni un incubateur encore moins un espace de co-working. L’espace de 1 500 mètres carrés se dédie à l’accélération de projets hardware. Usine IO a été co-fondée en 2013 par Benjamin Carlu, le CEO, ingénieur de formation, passionné de projets hardware, Gary Cige, actuel DAF, serial entrepreneur qui a participé au lancement de plusieurs accélérateurs en France, et Agathe Fourquet, directrice de la communication et qui s’occupe notamment de l’animation de la communauté.

Le bâtiment présente de grands volumes qui rappellent ses anciennes vocations. Celles d’usine d’abord pour Pixmania, fondé par les frères Rosenblum, puis de galerie d’art contemporain éponyme. Aujourd’hui, deux plateaux permettent d’accueillir les porteurs de projet. D’ailleurs, à l’ouverture de ce lieu d’innovation, les prototypes côtoyaient encore les œuvres d’art…

A disposition, des postes PC en rang d’oignon avec les derniers logiciel de CAO mais également de nombreux ateliers dont le matériel ferait rougir n’importe quel fablab (imprimantes 3D, fraiseuses numériques, outils de plasturgie, laboratoire de chimie…) « Aujourd’hui, les ateliers s’adaptent aux projets et les lieux évoluent en fonction des programmes lancés mais ils fédèrent toutes les technologies de pointe », explique Emanuel Allely, responsable du programme d’accélération.

Un moyen d’accélérer pour le hardware, unique en France

Le premier plateau sert également de lieu événementiel qui va du workshop en passant par la conférence de Kickstarter pour expliquer une levée de fonds, d’un cabinet d’avocats sur le sujet de la propriété intellectuelle, ou d’un spécialiste de la sous-traitance sur le thème de l’outsourcing voire de rendez-vous individuels entre experts d’Usine IO et les startuppers. Au total, une centaine d’événements en tous genres mais toujours dédiés au hardware et à l’innovation, jalonnent le calendrier de ce lieu atypique.

« Nous accompagnons depuis nos débuts 150 projets par an, ce qui nous donne un bilan en trois an et demi de 500 projets accompagnés. Sur ces 500 projets, 400 sont des start-up et une centaine concerne des PME, des institutions et des grands groupes », segmente le responsable de l’accélérateur. Les degrés de maturité varient. Usine IO intègre les projets du prototype à la commercialisation en passant par l’industrialisation. Tandis qu’Emanuel Allely nous détaille le champ d’expertises, nous passons à côté du premier prototype d’Hypersuit, exosquelette sur lequel vous vous couchez pour que votre corps ensuite devienne la manette du jeu vidéo…

Repenser la relation grands groupes et start-up

Usine IO propose donc trois type de services. « D’abord, nous accompagnons les projets hardware avec un système d’abonnement qui commence à 500 euros par mois. Les partenariats nous permettent d’avoir des prix attractifs pour les start-up qui ont souvent un maigre budget à consacrer », souligne Emanuel Allely.

L’objectif principal est de suivre le projet pendant quelques mois avec des rendez-vous avec le project manager d’Usine IO et avec tout un pool d’experts en mécanique, design, électronique, industrialisation. « Les rendez-vous ont pour but de faire avancer le projet concrètement. Ensuite, les start-up ont également accès à notre réseau industriel qui se compose d’usines partenaires, de fournisseurs et de free-lances. Ainsi sommes-nous considérés comme un tiers de confiance, un hub », ajoute Emanuel Allely.

Ensuite, Usine IO lance des programmes d’accélération de quatre mois avec ses partenaires industriels dont des grands groupes. Ces start-up sont hébergées à la Station F (à deux minutes à pied d’Usine IO). Elles sont sélectionnées selon la thématique définie avec les partenaires. L’année dernière, Usine IO, six start-up, PSA, Systra et Valéo notamment planchaient sur la mobilité connectée et autonome. En avril, sera lancé un nouveau programme sur l’Industrie du futur.

« Notre principale force est notre capacité à «sourcer» les start-up, poursuit Emanuel Allely. Et à l’issue de ces programmes, nos partenaires pourront collaborer en primeur avec les start-up. Car au terme des quatre mois, le but est également d’aboutir soit au lancement d’un pilote, soit à la concrétisation d’un projet avec un grand groupe. Sur notre premier programme cinq des six start-up ont monté un programme avec un grand groupe. »

Open innovation et commercialisation de produits innovants.

Dernière mission et non des moindres, Usine IO propose aux grands groupe son expertise pour développer l’open innovation et l’intrapreneuriat en leur sein. « Nous allons qualifier les idées qui ont un fort potentiel et la plus forte proposition de valeur. Nous allons ensuite travailler au sein de ce grand groupe comme nous le ferions dans une start-up », complète Emanuel Allely.

Sur les 500 projets, 400 start-up ont levé plus de 200 millions et ont accouché d’une quarantaine de produits commercialisés et d’une trentaine de partenariats avec les grands groupes. Parmi les plus notoires, nous pouvons pêle-mêle citer SmartPixel utilisé dans les Nike Store entre autres pour projeter holographiquement textures et couleurs sur une chaussure pour que vous puissiez constater les effets immédiats de votre personnalisation de sneakers, Timescope, utilisé notamment à Bastille, qui fonctionne à la façon des longues vues payantes mais qui, lui, vous immerge dans le Paris historique, ou encore Groupeer, boîtier qui permet lors d’une excursion d’être à la fois autonome et de se regrouper si besoin…

Geoffroy Framery

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