Laetitia Gazel Anthoine, elle vous bipe au bon moment

Is Big Brother watching you ? En tout cas, il vous envoie les infos dont vous avez besoin au bon moment. Vous venez d’arriver à l’aéroport et avez du temps pour vous ? C’est précisément à ce moment là que votre appli de news vous informe des dernières actualités. Vous pestez à l’arrêt de bus contre les retards récurrents ? Et voilà que votre appli de covoiturage se rappelle à votre bon souvenir. Le fruit du hasard ? Pas du tout ! Derrière ces alertes « millimétrées », un service de géolocalisation élaboré par Connecthings. L’intérêt pour les utilisateurs d’applis : recevoir des notifications de façon opportune et non pas n’importe quand, quand elles tombent mal ou qu’elles passent inaperçues. Essayez de proposer un programme de méditation aux gens quand ils sont en plein comité de pilotage ou en entretien individuel… !

L’environnement mobile pour ADN

Comment l’entrepreneuse est-elle tombée dans le bain de l’environnement mobile ? « Formation à Supelec et parcours d’ingénieur, puis j’ai rejoint le groupe Orange entre 1998 et 2007 pour des missions de consulting. J’ai connu la grande époque du MP3 et des services de téléchargements de musique. » De quoi la pousser à étudier les nouveaux usages et en comprendre vite le potentiel. « J’avais envie de forger mon propre projet. En prendre la tête était pour moi une grande forme de liberté et d’indépendance » – avec un père qui dirigeait une entreprise de services dans le secteur de l’exploitation pétrolière, elle avait été à bonne école.
C’est ainsi que naît Connecthings : le déploiement d’un réseau d’objets connectés en ville, réseau qui relie les smartphones à l’espace public. Des balises interactives sont installées sur le mobilier urbain, dans des gares et autres lieux de passage. Les collectivités locales, conscientes d’améliorer le quotidien de leurs administrés et l’expérience de la ville, sont rapidement intéressées dans une logique de « smartcity ». Progressivement, Connecthings séduit aussi les entreprises. Et part à la conquête du monde. Douze ans après ses
débuts en France, la « connexion des objets » a essaimé en Espagne, au Portugal, au Brésil, en Italie et aux États-Unis. Ce sont 62 villes aujourd’hui qui proposent l’accès aux services du concept. À la tête d’une équipe de 45 salariés motorisée à la « bienveillance » et à la tech for good, Laetitia Gazel Anthoine se félicite de cette aventure humaine et technologique.

Objectif : donner connaissance aux éditeurs d’apps des endroits où se trouvent leurs utilisateurs…

Un nouveau système de localisation augmentée

« Depuis notre lancement, nous avons réussi à boucler deux levées de fonds pour un total de 17,5 millions d’euros », se félicite la cheffe d’entreprise. C’est en avril qu’elle a lancé un système de localisation augmentée, Herow, pour Here and Now avec un zeste de « héros ». Il s’adresse aux éditeurs d’apps, identifie et analyse la position des utilisateurs en temps réel pour que les marketers optimisent le ciblage des messages et notifications. L’objectif : mieux connaître les habitudes des usagers et savoir comment ils utilisent leur appli mobile. Plutôt à la maison ? En mobilité ?… Un graal pour des entreprises en quête de toujours plus de fidélisation, de rétention et d’engagement. Pas question pour autant de partager les données, lesquelles sont exploitées, ça va de soi, dans le respect de la réglementation. « À partir de ces informations, nos clients vont créer des segments de consommateurs.
Et améliorer ainsi leurs services pour une expérience utilisateur plus qualitative ! », s’enthousiasme celle qui s’est expatriée depuis trois ans à New York. « Très souvent, on télécharge des apps, on s’en sert une poignée de fois, puis on les désinstalle… ou pas. Un cauchemar pour les éditeurs. » D’où l’intérêt de donner connaissance aux éditeurs d’apps des endroits où se trouvent leurs utilisateurs. Pour l’heure, une cinquantaine d’applications (dont L’Oréal, Citygo, Tootsweet …) ont adopté Herow afin de se glisser au plus près des utilisateurs, comprendre leurs besoins/envies, les anticiper. Son défi pour 2019 : faire monter 100 nouvelles applis sur la plate-forme Herow.

Aider d’autres entrepreneuses

Avec 6 millions d’applis dans le monde, il reste encore bien des parts de marché à conquérir ! Et la détermination ne fait pas défaut à Laetitia Gazel Anthoine. Il lui arrive de douter, être déçue (collaborateurs qui quittent le navire, appels d’offres perdus…). Mais entreprendre, c’est savoir prendre des risques. Surtout à partir de problématiques technologiques qui évoluent sans cesse. Oser et savoir relativiser l’échec sont les conseils qu’elle est tentée de dispenser. Elle en fait régulièrement bénéficier d’autres femmes entrepreneuses, dans le cadre de ses activités de mentoring. Elle dit : « J’ouvre les portes de mon réseau et les fais bénéficier de mon expérience, notamment en matière de levée de fonds. » Très impliquée dans la Women Initiative Foundation, elle est heureuse d’aider d’autres projets à se développer. Au bon moment…

Par Ariane Warlin

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