Guillaume Benech, serial entrepreneur, étudiant et heureux

Ciel, mon « P’tit Mardi »

Comme d’autres tombent dans le sport, la pâtisserie, le cinéma ou le travail sur bois, Guillaume Benech a plongé, lui, dans la littérature et la culture dès son plus jeune âge. À13 ans, il crée un magazine culturel et une aventure entrepreneuriale. Un « électron » livre, en quelque sorte.

«Ce livre fut un véritable déclic. Il m’a convaincu que la culture était bien plus qu’un mot pour politiques et philosophes. » Le livre, c’est la saga d’Harry Potter. Le lecteur se nomme Guillaume Benech. Sa vocation est née. Ce boulimique de la lecture dévore tout ce qui lui tombe sous la main. Il s’essaie très vite aux critiques littéraires. « Je me suis rendu compte qu’il était possible de monter des projets en dehors du cursus scolaire, même quand on n’a que 13 ans. » Gonflé, quand même, le jeune Harry, aujourd’hui un vieux de 19 ans…

Entrepreneur dans l’âme

13 ans, GB crée L’PM, sa maison d’édition. Ça se prononce L’Petit Mardi . Nous sommes en 2012.  L’objectif : faire partager à d’autres jeunes son goût de la presse. Rapidement, ce projet numérique de critique littéraire se transforme au fur et à mesure que des amis le rejoignent. Quatre ans après la création du titre, il décide, avec les rédacteurs bénévoles âgés de 16 à 22 ans, de lancer une version papier de 40 pages. Le magazine est tiré à 15 000 exemplaires (« Pas si mal quand on connaît l’état de la presse », se félicite-t-il à juste titre) et diffusé gratuitement sur près de 500 points en Normandie. Avant de tenter l’aventure du kiosque.  « Une version papier encore en phase de test. Nous travaillons à établir le meilleur modèle. » Le jeune entrepreneur voit les choses en grand pour l’avenir du titre. « Avec mon associé, nous avons envie de faire du Petit Mardi un véritable acteur de la presse de demain. Une presse qui s’attèle véritablement aux questions et aux envies de la jeunesse du xxie siècle et qui fonctionne selon un modèle rentable. Nous voulons faire du titre l’ambassadeur de la presse papier à l’heure du numérique. » Ambitieux ? En tout cas réaliste : « L’entrepreneur prend tout sur ses épaules. Son avenir à lui, mais aussi et surtout celui de son équipe. Entreprendre, c’est une course contre la montre au quotidien, vraiment pas de tout repos. Mais c’est aussi ce qui est enivrant et exaltant ! Et on s’ennuierait, sinon. »

Des projets tous azimuts

L’ennui, pour le coup, est une chose qu’il semble ne pas connaître. « Entreprendre offre une liberté extraordinaire, en termes d’actions, de créations, de mouvements… C’est complètement fou. Un entrepreneur, c’est celui qui ose avant les autres, c’est celui qui a peur, mais qui ne le montre pas, car il préfère agir avant tout. » Son quotidien passe par les réseaux sociaux. Pur produit de la génération Z, il manie les outils numériques avec brio. L’occasion de promouvoir ses projets comme de distiller ses idées. Avec près de 8 436 tweets à son actif, il partage et échange sans cesse avec sa communauté. Sa dextérité numérique lui ouvre le champ de trois start-up. « L’une dans la tech, l’autre dans le domaine de l’éducation et une dernière dans un secteur d’e-commerce. L’idée globale des activités de ce que j’appelle mon groupe consiste à toucher les 15-25 dans tous les domaines qu’ils vivent directement. »

Son projet du moment : un podcast au nom évocateur, Point G, mis en ligne le 12 septembre. Pas la peine de se précipiter (ou plutôt, si !). Ce rendez-vous d’actualité, de culture et de jeunesse doit son nom à son prénom, Guillaume, tout autant qu’à Gaspard Guermonprez (Gaspard G pour les intimes), youtubeur et entrepreneur, avec lequel il l’a conçu. « Nous avions envie de lier nos activités, très similaires, et de créer un nouveau média à destination des jeunes. Le podcast cartonne en France. L’objectif est d’en faire une émission hebdomadaire, avec une petite dose d’humour et de bêtises. » Ҫa promet.

S’adapter à des formats en vogue, Guillaume Benech y excelle. Mais l’écriture, celle qui a bercé son enfance et suscité sa vocation, ne le quitte pas. En novembre 2013, il remporte un concours organisé par Les Éditions du Net. À la clé, une publication de son premier roman, Agent Will. Suivront un second, puis un troisième tome chez Michel Lafon. Il a 16 ans, trois romans. Le temps de monter sa boîte, il reviendra à l’édition. « Écrire est un formidable moyen de s’exprimer et de se libérer de ce qui peut nous tourmenter. C’est pour moi une fenêtre d’expression extraordinaire et bien plus intime que n’importe quel réseau social. J’ai plusieurs idées de romans, je reprendrai l’écriture dans les prochains mois. Je pense que j’écrirai toute ma vie, mais je ne désire pas, du moins pour l’instant, en faire un métier à part entière. À l’époque sur le plateau du Grand Journal  pour présenter son roman, il est repéré par la production. Le voilà chroniqueur dans l’émission, jusqu’à son terminus.

Réaliser ses rêves et s’amuser : son mantra

Guillaume a conscience que son CV s’est bien rempli. On liste : éditeur, romancier, chroniqueur, start-upeur… à même pas 18 ans. La réalité, il connaît. Son côté « pieds sur terre » lui conserve une sérénité dont pourrait le priver le monde de la presse en plein bouleversement : « J’ai la chance de pouvoir accomplir ce dont j’ai envie, même si je n’en vis pas sur le plan financier. Les médias ont changé, changent et changeront encore au fil du temps. Le principal est d’arriver à suivre, sans trop se projeter et surtout en s’éclatant chaque jour. » Son bac ‒ littéraire ! ‒ en poche, il s’expatrie à Montréal, étudiant en communication et politique. Cet optimiste pur et dur n’a pas de mots trop emballants à l’adresse des jeunes qu’intimide le lâcher-prise entrepreneurial. Des mots très simples mais convaincants : « Allez-y ! Lancez-vous, vous n’avez rien à perdre ! On m’a trop souvent dit que j’étais trop jeune, on m’a souvent mis des bâtons dans les roues, et pourtant j’ai continué car j’étais convaincu que l’âge ne faisait rien à la chose et que seule l’envie d’avancer était importante. Les 15-25 ans d’aujourd’hui ont envie d’avancer et de faire ce dont ils ont réellement envie. Un métier, ou plusieurs, qui passionne et qui fait rêver. » N’oublie pas ta baguette magique, Guillaume…

Ariane Warlin

 

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