C’est un vrai tremplin pour les entrepreneurs !

Et si c’était finalement le bon moment pour créer votre entreprise ? Après une année de pandémie sans précédent et une reprise qui semble se profiler, se lancer dans un projet entrepreneurial est-il carrément casse-cou ? Non si l’on saisit ce contexte de sortie de crise pour miser sur des projets de création qui font sens ou en surfant sur ce « monde d’après » à reconstruire. Et si vous osiez tenter un tel challenge en 2021 comme l’ont déjà montré près de 850 000 créateurs·rices en 2020 ?

Albert Einstein, qui a dit beaucoup de choses, ajoute cet aphorisme : « Au milieu de la difficulté se trouve l’opportunité. » Dans l’univers de l’entrepreneuriat en France, voilà une citation qui semble, en tout cas, tomber à point nommé tant la tumultueuse crise sanitaire traversée n’a guère découragé un bon nombre de créateurs·rices d’entreprise. Ils et elles ont relevé un tel défi. Et pour cause : le nombre de créations en 2020 – année de pleine pandémie – a augmenté d’environ 4,5 % par rapport à 2019, selon l’Insee ! Soit 848 200 entreprises créées, tous les statuts juridiques confondus (sociétés, entreprises individuelles et microentreprises), contre environ 815 300 en 2019, déjà une bonne année en la matière. Près de 33 000 entreprises supplémentaires ont donc vu le jour au cours de l’année écoulée. Une dynamique tout aussi positive durant le premier trimestre 2021, avec une augmentation de 31 % par rapport à début 2020 (275 000 entreprises créées), s’inscrivant ainsi dans la même tendance haussière à l’œuvre depuis l’été 2020. « La crise de covid-19 aura eu le plus fort impact lors du premier confinement avec une baisse de 31 % de mars à mai 2020 par rapport aux mêmes mois de 2019, avant de connaître une forte reprise. Ce qui a permis, entre autres, la relance dans la foulée de projets retardés par ce printemps difficile pour les entrepreneurs », commente Laurence Tassone, responsable de l’Observatoire des PME et de la création d’entreprise au sein de Bpifrance. « Et l’essor des micro-entrepreneurs – statut souvent prisé par les créateurs – tire encore principalement cette nouvelle dynamique entrepreneuriale ! » : 97,6 % des entreprises créées en 2020 n’ont embauché à leur démarrage aucun·e salarié·e tandis que trois sur quatre disposent du statut d’entreprises individuelles.

Jeunes diplômés, cadres en reconversion…

C’est dire si la situation du marché du travail en a largement incité plus d’un·e à lancer sa propre affaire, plutôt que de chercher un emploi salarié ! « Quand on perd subitement son travail à cause de la crise, une des réactions possibles est d’essayer de créer son propre emploi », analyse Fréderic Guibert, directeur de la création et de l’entrepreneuriat chez Bpifrance, pour qui « les profils de créateurs d’entreprise durant cette période compliquée se conjuguent plus que jamais au pluriel ». Qu’il s’agisse de jeunes diplômé·es qui privilégient cette voie à défaut d’avoir pu trouver un emploi dans une grande entreprise ou encore de cadres en reconversion ou bénéficiaires d’un plan de départs volontaires. Les un·es comme les autres entendent ainsi rebondir par la mise à exécution par exemple d’un projet qui leur tient à cœur et pourquoi pas en phase avec leurs valeurs et leur vision de ce « monde d’après » à reconstruire. C’est l’occasion de se saisir ce nouvel essor de la reprise « pour se tourner vers des activités engagées autour de la green economy notamment, comme l’économie circulaire, le recyclage ou encore le traitement des déchets qui ont particulièrement la cote », indique Laurence Tassone. Un parti par exemple adopté par ces deux entrepreneuses du Havre, Anne-Sophie Raoult et Léa Got. Elles lancent, avec succès, en 2020, la société Hipli, productrice d’un colis responsable qui allège l’impact carbone de l’e-commerce. « Près de 130 marques, surtout textiles, utilisent désormais nos colis réutilisables jusqu’à cent fois, aussi bien des petites enseignes artisanales comme des géants de l’e-commerce tels que Showroomprivé ou Cdiscount », se félicitent les fondatrices de la société (la force du Réseau Entreprendre les a accompagnées dans ce projet de création). Sans oublier l’appui de l’Ademe (Agence de la transition écologique) pour l’écoconception d’un tel produit et même de Bpifrance, via l’octroi de la bourse French Tech !

Ces secteurs qui cartonnent

Largement évocatrice, cette success story démontre à quel point la crise sanitaire n’a fait que gonfler, sans surprise, certaines tendances business déjà dans l’air du temps. Comme celle de la vente à distance, donc, qui a clairement soutenu le rythme des créations d’entreprises en générant quelque 11 000 créations supplémentaires par rapport à 2019 ou des services aux entreprises d’une manière générale. Autre secteur en vogue : celui des transports et de l’entreposage (18 000 créations) avec, essentiellement, la livraison à domicile et de nouveaux modèles hybrides comme le click & collect, dont l’activité s’est aussi fortement développée dans la foulée des confinements et déconfinements. Mêmes créations à la hausse dans le secteur du coworking – télétravail oblige – ou encore de la restauration rapide, pourtant souvent impacté par les crises « avec une tendance de fond autour du manger sain et local dans une logique croissante de “premiumisation” autour notamment de l’épicerie fine », souligne Laurence Tassone. Une confirmation des « opportunités multiples à saisir dans la traîne de cette pandémie ». On surfe allègrement sur les usages et pratiques induits ou renforcés par l’arrivée d’un certain virus. Des activités « pas forcément innovantes ou vertes, mais a minima porteuses de sens, via un impact sociétal ou environnemental positif », confirme Fréderic Guibert. Il indique que « les projets comportant de telles dimensions suscitent désormais de plus en plus la reconnaissance et le soutien des investisseurs et financeurs ». Car tout l’enjeu est là : garantir à la clé la rentabilité de ces microentreprises dans la durée, aussi honorables que soient leurs missions ! « Ce qui suppose un accompagnement de A à Z dans le montage de son projet », conseille Frédéric Guibert, à l’instar de celui dont a bénéficié Hipli de Raoult et Got.

Réseau très dense d’accompagnateurs

Un projet bien préparé, équilibré, validé par un réseau d’accompagnement des créateur·rices aura toutes les chances de convaincre des financeurs ! D’autant que la France dispose d’un écosystème très développé en la matière : CCI, BGE, groupements de créateur·rices… Au travers d’un large tissu associatif notamment animé et financé par Bpifrance : Initiative France, Réseau Entreprendre, France Active, Positive Planet, l’Adie… Auxquels s’ajoutent des structures dédiées à des publics spécifiques, malheureusement encore très sous-représentés dans le milieu de l’entrepreneuriat (femmes, jeunes, résident·es dans des quartiers rendus prioritaires par la politique de la ville…). Si cet accompagnement de proximité doit bien se décliner à chaque étape, depuis l’émergence de l’idée jusqu’à l’appui au développement des jeunes entreprises, il s’adapte au profil et à la situation personnelle des porteur·ses de projet (demandeur·se d’emploi, allocataire du RSA, salarié·e…) et la nature dudit projet, en apportant tour à tour des conseils et, ou, des financements. Un tel diagnostic doit bien sûr aussi faire la part belle à l’évaluation des besoins de financements à l’aune du vaste panel d’aides publiques existantes, parmi lesquelles il est souvent difficile de se retrouver (lire encadré). « Par exemple, Bpifrance s’est traditionnellement imposé comme l’un des principaux opérateurs de la garantie d’emprunt pour faciliter l’octroi de crédits bancaires aux entrepreneurs, rappelle Frédéric Guibert, mais il existe aujourd’hui bien d’autres types de dispositifs de financement que les créateurs vont solliciter. Les structures d’accompagnement à la création sont justement là pour les aider à les identifier afin qu’ils puissent bien démarrer leur projet. » Une certitude : vous avez une idée, un projet, un besoin : les périodes de postcrise, parfois années folles, sont toujours porteuses.

Charles Cohen

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