Bodyguard, la start-up qui combat le cyberharcèlement

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Qui ? Bodyguard
Quoi ? Lutter contre le cyberharcèlement en identifiant et retirant automatiquement les contenus haineux des réseaux sociaux

La jeune start-up niçoise n’a pas perdu son temps pour convaincre le monde de la cybersécurité, les médias, le grand public, des influenceur·ses et même des ministres que sa méthode a de l’avenir. Son concept : exploiter l’intelligence artificielle pour protéger ses utilisateur·rices contre le cyberharcèlement. Déjà récompensé et reconnu pour sa démarche, Bodyguard s’affirme comme un pionnier du genre.

Il y a les jeunes entreprises innovantes, et il y a les jeunes entreprises innovantes et engagées. Bodyguard fait partie de la seconde catégorie. En moins de trois ans, la start-up fondée par Charles Cohen, un petit génie de l’informatique de 22 ans, s’est fait un nom. Et s’affirme comme le créateur d’une intelligence artificielle unique au monde, capable de repérer et de supprimer les contenus haineux publiés sur les réseaux sociaux. De façon personnalisée, avant même que l’utilisateur·rice ne s’en rende compte. Tous les mois, Bodyguard analyse entre 5 et 8 millions de commentaires haineux, en trois langues. C’est bien simple, même Facebook, Twitter et consorts ne parviennent pas à un tel niveau de précision, et la start-up protège contre tout type de harcèlement virtuel. L’application Bodyguard est devenue le chouchou des politiques et des influenceur·ses en tout genre : de l’ancien secrétaire d’État au numérique Mounir Mahjoubi au chanteur Bilal Hassani, en passant par la journaliste Rokhaya Diallo. Très vite, sans générer de chiffre d’affaires, sans business plan et sans bagage entrepreneurial, Charles Cohen lève 2 millions d’euros. Et porte une solution diablement dans l’air du temps: 60 suicides liés au cyberharcèlement ont lieu chaque année et l’on observe une augmentation de 56 % des commentaires haineux durant les période de confinement.

Démarche engagée
Pour le créateur de l’application, le déclic se produit lorsqu’il prend connaissance de l’histoire d’une petite fille harcelée en ligne qui se suicide. Commence alors une longue période de « R&D » et de programmation en Java Script, le langage informatique utilisé pour Bodyguard. Grâce à son programme, il rend la modération automatique des réseaux plus intelligente et fait la distinction entre un propos haineux et un simple commentaire comportant un mot grossier. Ponctuation, métaphores, contexte, langage SMS, abréviations, fautes de frappe, rien n’échappe à l’algorithme. Sa force : la personnalisation. En téléchargeant l’application Bodyguard, chacun·e peut choisir contre quoi il·elle veut protégé·e. La start-up assure ainsi pouvoir détecter environ 90 % des contenus inapproprié, et ne comptabiliser que 2 % d’erreurs. C’est exceptionnel.

Offre « entreprises »
Aujourd’hui, Bodyguard a bientôt quatre ans, et revendique déjà quelque 60 000 utilisateur·rices. Si l’application, destinée à l’origine au grand public, reste gratuite pour ces utilisateurs-ci, Bodyguard propose depuis janvier un abonnement aux entreprises, pour générer des revenus. « La version b to b protège les entreprises à tous les niveaux et sur tous les réseaux sociaux, les dirigeants comme les salarié·es », indique Charles Cohen dans les colonnes de La Tribune, qui a décerné à Bodyguard le prix « 10 000 start-up pour changer le monde dans la catégorie Impact. De nombreuses entreprises du jeu vidéo, des médias en ligne, de l’e-commerce et du sport professionnel font déjà confiance à Bodyguard. Prochaine étape : générer des revenus et viser une levée de fonds en série A en septembre, pour viser le marché américain.

ABA

 

 

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