Affronter les vents tourbillonnants de la rentrée

Olivier Magnan, rédacteur en chef

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Il est des rentrées moroses, comme le temps. Sur fond de la fin du « quoi qu’il en coûte » pour les entreprises, pour un passage au sur-mesure (au « pointillisme », dixit Geoffroy Roux de Bézieux lors de la REF d’été du Medef) pour soutenir les activités encore restreintes (culture, hôtellerie, restauration…). Bref, une entente quasi parfaite entre patrons et ministre de l’Économie, seul invité saillant consensuel de l’été des dirigeant·es.

Le Président revenu de vacances et déjà candidat en campagne semble, lui, adopter la posture passe-partout qui lui a jusqu’alors réussi. Fort de sa popularité – à 41 % meilleure que celle de tous ses prédécesseurs à 8 mois du scrutin – le futur challengé doit désormais affronter les chocs douloureux des premiers effets « visibles » du réchauffement climatique en France (dont la covid elle-même !), la tragédie afghane, une rentrée scolaire sous haute tension et le bourbier de la drogue à Marseille.

Face à ces plaies, Emmanuel Macron adopte pour l’heure l’attitude prudente de l’« esquiveur » de coups : quand il devrait – devra ? – faire montre de mordant – comme nommer un·e vice-Premier·e ministre de la Transition climatique et de la lutte contre ses effets, ce que lui recommande Nicolas Hulot –, il se contente d’une visite compassionnelle dans le voisinage du Fort de Brégançon. Et même si sa prise de position, depuis l’Irak, marque son refus de se soumettre aux États-Unis, il ne figure pas parmi les plus grands sauveteurs des Afghans en danger, opinion publique oblige. Pour la rentrée, il presse son ministre de l’Éducation de se montrer en première ligne. Et improvise une visite inouïe de trois jours, accompagné de 7 ministres dans la cité phocéenne, en distribuant quelques millions. Croit-il à la magie du prince ?

Il va falloir pourtant que ses décisions se hissent à la hauteur des enjeux. Or elles seront toutes calculées à l’aune des échéances électorales. Autrement dit, pas à l’échelle des besoins. Même à 8 mois de sa remise en lice, Emmanuel Macron devrait se montrer capitaine courageux et lancer la grande offensive d’une France à dépolluer et à faire entrer dans la transition. Il n’en fera apparemment rien, peut-être simplement piloté par les mesures européennes fortes (à retrouver dans le numéro de rentrée d’ÉcoRéseau Business, dès le 7 septembre).

Étrange quinquennat pour ce dirigeant dans les tempêtes. Des tempêtes que les chefs d’entreprise et les salarié·es vont affronter : puissent-ils·elles entrer de plain-pied dans une écolonomie efficace qui devra désormais régir toute activité de production et de service. C’est le thème central du numéro d’ÉcoRéseau Business de retrouvaille avec vous qui se plonge, comme c’est la mission que nous nous sommes assignée, dans les transformations entrepreneuriales à l’œuvre : affronter et valoriser la transition énergétique. Contraintes réglementaires et opportunités nouvelles de marché constituent la partition à exécuter. Avec, si possible, un chef d’orchestre à l’Élysée qui la connaisse.

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