Sommet international sur le climat, la relance de la dynamique ?

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Les 22 et 23 avril, un sommet virtuel sur le climatorganisé par les États-Unis a rassemblé les plus gros pollueurs de la planète et les grands responsables politiques du monde. Si les promesses formulées restent floues et incertaines, la dynamique mondiale pour la réduction des gaz à effet de serre est relancée après des années d’attentisme. Et c’est déjà une bonne nouvelle.

Adam Belghiti Alaoui, Journaliste à la rédaction

« L’Amérique est de retour ». S’il est un domaine dans lequel le slogan de Joe Biden ne sonne pas creux, c’est bien celui de la lutte contre le dérèglement climatique. Après quatre ans de déni, de retour en arrière et de sabotage signés Donald Trump, Washington semble bien décidé à jouer un rôle majeur et à relancer la coopération internationale pour le climat. Un réengagement dans le combat très attendu par l’UE notamment (les États-Unis sont derrière la Chine le plus gros pollueur mondial).

Premier signe positif : Joe Biden signait dès son investiture le 20 janvier la réintégration de son pays dans l’accord de Paris sur le climat. Surtout, le poids diplomatique de Washington se révèle crucial pour rassembler les décideur·ses du monde.

Le locataire de la Maison Blanche est parvenu à obtenir la participation de quarante chef·fes d’État et de gouvernement lors du sommet virtuel, dont le président chinois Xi Jinping. Ce n’est pas rien. D’autant plus qu’au-delà de la symbolique et du signal fort envoyé lors de ce sommet, ce fut l’occasion de nouveaux engagements, dans le droit fil de l’effort engagé en 2015 à Paris.

Le but réaffirmé : se rapprocher de l’objectif de la COP21 visant à limiter le réchauffement sous les +2 °C par rapport à l’ère préindustrielle.

La Chine, premier émetteur de CO2 (10 175 millions de tonnes en 2019, soit 30 % des émissions mondiales), n’a pas fait d’annonce fracassante mais a renouvelé son intention d’atteindre la neutralité carbone en 2060. Xi Jinping a également évoqué pour la première fois la consommation de charbon en Chine, sur laquelle il a laissé entrevoir un pic en 2025, puis une réduction progressive. On le sait, les promesses venues d’en haut sont à prendre avec d’immenses pincettes, mais les dirigeants semblent l’avoir compris, le statu quo n’est plus envisageable.

Et la dynamique s’étend. L’Union européenne a promis une réduction d’au moins 55 % de ses émissions de CO2 d’ici à 2030 (par rapport à 1990). La France vise une réduction de 40 % d’ici à 2030. Le Japon a promis de réduire ses émissions de 46 % par rapport à 2013, là encore pour l’horizon 2030. Le Canada, la Corée du Sud et même la Russie prévoient également des baisses. Enfin, grande annonce du sommet, les États-Unis veulent réduire leurs émission de 50 à 52 % d’ici à 2030, par rapport au niveau de 2005. Soit une baisse deux fois plus importante que celle prévue en 2015 que Trump avait balayé d’un revers de la main.

Pour autant, c’est encore insuffisant pour crier victoire ou applaudir les efforts des gros pollueurs. Il faut comprendre que les promesses de réduction des émissions de CO2 à court ou moyen terme ne correspondent bien souvent pas à des réductions nettes. Dans le cas de la Chine et de l’Inde, la pollution ne va pas se réduire de sitôt. Les deux pays basent la baisse de leurs émissions sur leur PIB (on parle d’intensité carbone du PIB), lequel ne cesse de grimper. Faites le calcul…

Aussi l’année choisie comme valeur étalon de la baisse des émissions n’est pas anodine. Les États-Unis ont choisi 2005. S’ils respectent leur promesse de réduction de 50 %, ils devront émettre 3 066 millions de tonnes de CO2 en 2030. S’ils s’étaient fondés sur leurs émissions de 2019, beaucoup plus importantes que celles de 2005, ils auraient dû en émettre 2 642 millions de tonnes. On se joue fine…

Morale : on ne refait pas le monde, mais tout progrès est bon à prendre. A priori, les grandes puissances sont sur la bonne voie, celle de la coopération internationale et de la responsabilité individuelle et collective. Tout l’inverse de celle empruntée par Trump pendant quatre ans. Mais après tout,  il n’y a que les c*** qui ne changent pas d’avis. N’est-ce pas Donald ?

Adam Belghiti Alaoui

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