Il est plus important de parler d’emblée de la vice-présidente des États-Unis…

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Kamala Harris détient de fortes chances de devenir dans quelques années la première présidente de la 1re économie mondiale.

Olivier Magnan, rédacteur en chef

À 78 ans, en pleine forme apparemment, le nouveau président des États-Unis d’Amérique, le démocrate Joe Biden, semble à même d’endosser de bien lourdes responsabilités, sitôt que l’encombrant Trump, cramponné au Bureau ovale comme un quarterback de rugby, lui aura laissé le terrain. Mais à 23 ans de lui, la vice-présidente Kamala Harris n’a à l’évidence aucune intention de jouer les pom pom girls à l’image du pâlot Mark Pence, littéralement Mark Piécettes.

La valeur de la sénatrice de Californie est d’une autre envolée.

Et même si, comme tout le laisse augurer, et espérer, Joseph Biden n’aura pas l’occasion de lui laisser l’occasion de le suppléer en cas d’accident de santé, Kamala – Fleur de lotus – Harris pourrait après tout, dans quatre ans, briguer la présidence si les électeurs l’agréent.

En outre, le tempérament de la dame laisse supposer qu’elle ne se contentera pas de figuration, comme M. Piécettes.

Il est donc bien plus indiqué d’en dresser un court portrait avant même de suivre les aventures du nouveau président encore englué dans les manœuvres dilatoires du précédent.

En remarquant avant tout combien elle incarne la vice-présidente idéale que Joe Biden aura désignée si tardivement dans son parcours présidentiel : ce n’est que le 17 août qu’il a corroboré les paris des bookmakers, la veille de la convention démocrate. Il lui fallait une femme et, depuis l’assassinat de Gorge Floyd, idéalement une représentante de la « diversité ». Noire, Kamala ? Non pas. Sa mère, Shyamalan Gopalan, née à Chennai en Inde, n’arrive en Californie qu’à 19 ans pour suivre ses études à Berkeley. Et son père, Donald Harris, né en Jamaïque, s’en vint lui aussi émigrer aux États-Unis où il boucla sa carrière d’economist and professor emeritus at Stanford University. Diversité, certes, mais dotée d’atouts dès sa naissance. L’expérience de l’Américaine Kamala Harris n’emprunte par grand-chose aux parcours des Africains-Américains descendants d’esclaves noirs qui ne se sont pas portés spontanément sur le vote Biden pour les beaux yeux de sa vice-présidente.

Laquelle n’a rien non plus d’une militante de cause. Avocate puis, revirement spectaculaire, procureure (en 1990), elle se décrit dans son autobiographie parue en 2019 (Les vérités qui sont les nôtres, non traduite en français) comme une passionnée des droits civiques décidée à faire évoluer le système américain par l’intérieur plutôt qu’à « renverser la table » à la façon du « démocrate socialiste » Bernie Sanders.

Pour tout dire, la deuxième femme non blanche à avoir été élue au Sénat en 2017 se veut incarner l’« ordre » si cher aux Américain·es. Cette ex-attorney general, l’équivalent d’un ministre de la Justice de l’immense État de Californie au PIB supérieur à la France, n’a pourtant pas souscrit au réflexe de l’incarcération de masse si cher aux bien-pensants Blancs armés. Si elle soutient le mouvement Black lives matter, elle n’a pas, à son poste, accablé la police de Los Angeles suspectée d’avoir favorisé la mort de deux Noirs en 2014. Kamala Harris incarne pleinement l’espoir des Américaines de progrès, naturellement démocrates et bien plus fidèles aux urnes à chaque élection que les hommes.

Et sans doute peu effarouchées par cette Américaine dont on connaît la liaison éphémère avec un homme de trente ans son aîné, l’ancien maire de San Francisco, avant son mariage en 2014 avec l’avocat Doug Emhoff, qui paraît si heureux de rester dans l’ombre de la colistière du président élu. Qui sait, sans « vice », peut-être, au cours des huit années à venir tant il est coutumier pour un président des États-Unis « normal » de tenir deux mandats. D’où l’importance de suivre de près le parcours de la très possible future première présidente américaine de tous les temps…

Olivier Magnan

2 Commentaires

  1. Bonjour M. Magnan,
    Hier vous avez réussi à rester objectif au sujet du documentaire « Hold up » et je l’ai apprécié.
    En revanche, dès qu’il s’agit des élections américaines et du Président Trump -que vous détestez viscéralement- , vous devenez un optimiste aveugle et béat et sans aucun esprit critique pour Biden ou sa colistière. Réveillez-vous!
    Etes-vous si éloigné de l’américain moyen qui estime que Trump leur a rendu leur fierté et qu’il défend bien les intérêt de leur pays? Si oui, demandez-vous alors pourquoi votre vision politique n’est plus en phase avec le réel . Demandez-vous comment il est possible que vous défendiez des positions qui sont contraires à vos propres intérêts vitaux de mâle européen blanc et donc aussi contraires aux intérêts de vos proches. Demandez-vous pourquoi une partie non négligeable des populations afro-américaines et latino vote Trump.
    En tant que journaliste auquel ce journal confie l’éditorial, vous avez le devoir de faire ce travail de remise en question. On n’attend rien d’un anti-Trump primaire et d’un Kamalidolâtre, cela n’ apporte aucun élément d’information ou de réflexion . Merci d’avance.

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