Pari : le président des États-Unis sera confirmé à… Thanksgiving

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Soit vers le 26 novembre.

Olivier Magnan, rédacteur en chef

D’où tiens-je ma « certitude » ? Pas des sondages. Pas de la divination. C’est Émile Servan-Schreiber qui l’a dit. Et sa méthode est aussi fiable, vraisemblablement plus, que celle des prévisionnistes patentés.

Rappel : Émile Servan-Schreiber, cadet du fondateur de L’Express, a créé Hypermind en 2000 pour tirer parti, en précurseur, de l’intelligence collective qu’il sait désormais modéliser. Son ouvrage, Supercollectif, paru chez Fayard en 2018, expliquait comment utiliser « la nouvelle puissance de nos intelligences ». Ce Français rompu aux fulgurances américaines, docteur en psychologie cognitive, annonce quelques jours avant le 3 novembre que Trump gardait une chance sur trois de l’emporter. Souvenez-vous : à ce moment-là, journalistes et prévisionnistes se contentaient de dire et d’écrire que Biden était favori avec 7 à 9 points d’avance, mais que « rien n’était joué ». Chez Hypermind, on chiffrait l’immense incertitude qui éclata le 3 novembre : 32 % de chances pour Trump de l’emporter, exactement le cas de figure en 2016 contre Hillary Clinton (33 % de chances). En 2016, l’intelligence collective déjà avait déjoué les pronostics des sondeurs et autres analystes…

Mais comment fait-il ? Il parie.

Parce que l’intelligence collective, justement, constitue une mine dans laquelle Hypermind fore le futur. L’entreprise a constitué un panel de 2 000 prévisionnistes « amateurs » qui parient, en ligne, sur ce qu’ESS veut chiffrer. Non pas en bookmaker, interdit en France, mais pour « optimiser une prédiction collective ». Qu’a-t-il à gagner dans l’affaire, sinon avoir raison avant tout le monde ? Simple, le futur cerné vaut de l’or ! Une entreprise est prête à rémunérer Hypermind et ses « parieurs » pour connaître l’avenir de son marché, de son produit, de son concept ! L’idée clé d’ESS est alors d’affiner son panel : un algorithme élimine les parieurs qui se trompent souvent pour ne conserver que les « visionnaires » souvent dans le vrai. Or que pensent-ils de la date à laquelle l’on connaîtra, de Biden ou de Trump, le nom du président ? Eh bien le panel estime qu’il existe 1 chance sur 3 que les décomptes et autres recours ne dépassent pas le 26 novembre (30,3 % de chances). À présent que l’on sait que Biden est president elect, l’on verra quand il sera proclamé officiellement président.

Émile Servan-Schreiber s’amuse à constater que l’un des meilleurs « parieurs » de son panel est un cadre en marketing du côté de La Défense, d’accord avec un médecin pakistanais ou encore un avocat du Vermont. Il parvient même à chiffrer le pourcentage des meilleurs visionnaires de la population : 2 %. Réunis, ils devancent l’histoire au nom du « supercollectif ».

Cette entreprise qui ne doit rien à l’IA, à ses big data ni aux sondages est française. Elle maîtrise l’équilibre des biais subjectifs inévitables de ses panélistes pour n’en tirer que de la probabilité. Or il est « probable » que si Biden était élu, ce seraient 48 000 vies de malades de la covid qui seraient épargnées parce que ce président, lui, ne jette pas son masque à la foule ! Autres prévisions probabilistes : les États-Unis sont la 18e nation la plus heureuse (indice du bonheur de l’ONU). Avec Trump, elle dégringolerait à la 20e place. Avec Biden, elle se maintiendrait à son rang très relativement confortable. Sur le plan économique, Biden ne ferait guère mieux que l’actuel président.

Mais je « parie » que le sourire Colgate et la coupe rase et blanchie de Biden rassureront le monde plus sûrement que le gros milliardaire à tendance superindividualiste ! Rendez-vous vers Thanksgiving pour savoir si Hypermind, une nouvelle fois, a vu juste.

Olivier Magnan

Quelques réactions glanées sur LinkedIn
Ce serait interessant de voir des paris positifs. Comme la consolidation d’une Europe de l’Ouest de la santé et de la sécurité au moment où, quel que soit le nouveau locataire de la Maison Blanche, les USA vont rester repliés sur eux-mêmes pour au moins 4 ans. Toutes ces crises sont de merveilleux timing pour se réinventer avec de la créativité dans nos entreprises territoriales en identifiant les sujets de dialogues possibles pour assembler des pensées issues de notre patrimoine à des matières, dans une expérience artistique qui donne vie à de bonnes vagues collectives !

Hâte de savoir !

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