Annus horribilis jusqu’à un certain point

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Aucune fatwa ne peut décréter que tout ira de mal en pis.

Olivier Magnan, rédacteur en chef

Décidément, cette année ronde de 2020 en forme de zozo nous arrache à toute quiétude, toute certitude, voire à toute somnolence. Pas seulement en France. Partout ou presque dans le monde, nous voilà confronté·es au pire de l’humanité.

Le plus puissant pays du monde, les États-Unis, se retrouve face au risque de réélire le plus incontrôlable gouvernant du moment, capable de tous les mensonges, de toutes les inhumanités pourvu qu’il puisse encore tweeter des insanités et signer sous les caméras les pires décrets au mépris de la démocratie.

Nous sommes un peu partout encore débordés face aux virus, puisqu’il va falloir prendre l’habitude d’user du pluriel : il n’existe pas un seul coronavirus, vraisemblablement six, voire plus. Ce qui rend la mise au point d’un vaccin très incertaine : qu’inocule-t-on au peuple chinois en ce moment ? Alors que la planète entière devrait coopérer, les autorités pékinoises décrètent que leur vaccin est le bon, elles se le gardent et aucun État ne pipe mot. Peut-être parce que personne n’est dupe : au mieux les Chinois·es reçoivent un placebo, au pire…

En France (et ailleurs), on égorge au nom d’Allah. Le meurtre de trop, peut-être, même si tous les meurtres sont « de trop », celui de Samuel Paty, professeur sans peur et sans reproche. Car si, jusqu’alors, l’islamisme (l’interprétation politique et idéologique de l’islam jusque dans le meurtre) était encore couvert par un semblant de tolérance – conserver sur le sol français des individus passés à l’acte ou en appelant au crime, tout comme des imams prononçant des fatwas –, l’exécutif a décidé d’expulser et de fermer. Il lui faudra prouver qu’il en est capable et compter sur une justice ferme qui reniera – hélas en soi – ses principes généreux de réhabilitation pour montrer qu’il est en mesure de protéger enfin effectivement, avant même la laïcité, la vie même des enseignant·es et des journalistes qui l’expriment pleinement les premier·ères. Contenir les excès radicaux d’une extrême droite décomplexée tout en mettant en application une partie de son programme de défense mortifère de la valeur France.

Au jeune président qui subit toutes ces infortunes, il va falloir une fermeté qui renie l’excès, une clairvoyance dans la défense sanitaire qui exclue les fermetures arbitraires, une habileté dans les mots qui ne tombe pas dans la démagogie. Avec une obligation de résultat. Alain Bauer, le criminologue français mâtiné de franc-maçon le dit justement : un gouvernement en France est là pour réussir, sauf à ne pas être réélu. Mais ce gouvernement aura raison de vouloir aussi compter sur un peuple qui saura ne pas succomber à son tour aux tentations destructives : en se protégeant, en protégeant autrui, en défendant coûte que coûte la liberté de penser encore, en n’acceptant pas les dérives de l’état d’urgence. Du courage. Il faut que cette année ronde finisse sans se dégonfler.

Olivier Magnan

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