Une dosette de patronat dans des ministères délégués

Cinq inconnu.es dans des ministères dépendants, dont trois frotté.es au monde de l’entreprise. Mieux que rien ou figuration ?

Olivier Magnan, rédacteur en chef

Que dire de nouveau qui ne fâcherait pas dans ce jeu de chaises musicales par lequel un président décideur de tout s’est façonné un gouvernement sur-mesure avec un ministre de la Justice – le stentor Dupond-Moretti, ex-défenseur des Balkany – tellement moins falot que la néanmoins méritante Nicole Beloubet que ses sorties vont assurer le spectacle. Spectacle que ne pourra plus prodiguer l’ex-ministre, ex-animatrice de shows télévisés, re-ministre Roselyne Bachelot : il y a de l’humour dans les choix de l’austère tandem Macron-Castex. Quel dommage que Coluche ne soit plus de ce monde, il serait entré enfin au gouvernement comme porte-parole, ce qui aurait égayé les deux années douloureuses à venir…

En revanche, passons en revue les cinq ministres délégué.es puisé.es en petite partie dans le monde de l’entreprise et du patronat. Avec l’augure qu’elles.ils ne se borneront pas à de la figuration.

Nadia Hai. Si elle ne sort pas de chez Rothschild & Cie comme le Président, cette LREM passée chez HSBC et Barclays est une banquière en charge de la Cohésion sociale, pourtant connue pour sa fougue, en qualité de députée, contre le rétablissement de l’impôt sur la fortune à l’Assemblée. Les quartiers populaires apprécieront.

 

Élisabeth Moreno, présidente de Hewlett-Packard Afrique, démissionne courageusement pour ce ministère délégué peu fortuné de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l’Égalité des chances, objectifs qu’elle incarne pleinement. Cette cheffe d’entreprise a connu la direction commerciale de France Télécom avant de hisser son égalité des chances chez les informaticiens Dell, Lenovo, avant HP Afrique. Elle va pouvoir mettre en action ce conseil qu’elle donnait aux femmes en 2018 : « Prendre davantage de responsabilités ! Plus vous montez dans la hiérarchie, moins vous êtes confrontée au sexisme. Au-delà des compétences de chacune, il est extrêmement important de savoir s’entourer d’hommes ou de femmes qui ont suffisamment voix au chapitre dans l’entreprise et pourront être vos sponsors. Il faut oser. Oser agir et oser parler. » Vivement qu’elle parle !

Alain Griset, un patron pour le ministère délégué aux PME ! Pourvu qu’il compte ! Il fut artisan-taxi puis cogérant d’un institut de beauté. Sa nomination l’enlève à l’U2P, organisation patronale qui revendique la représentation de 2,8 millions de TPE-PME – artisanat, commerce de proximité et professions libérales. Cet ex-président de chambres des métiers, de groupements professionnels et autres unions est un macronien convaincu qui le paie en retour d’une charge ministérielle majeure dans sa portée sinon dans ses moyens. Il devra peser auprès d’un poids lourd comme Bruno Le Maire, grand financier, et ses satellites Olivier Dussopt (Comptes publics) et Agnès Panier-Runacher (Industrie). Il nous tarde de l’interviewer.

L’insertion professionnelle devient une branche du Travail et de l’Emploi (Élisabeth Borne). Confiée à Brigitte Klinkert qui présidait le conseil départemental du Haut-Rhin. Un gage aux territoires. Mais Klinkert, droite modérée, devra mener la réforme des minima sociaux mise de côté comme la retraite. Elle était favorable aux heures de bénévolat pour les bénéficiaires du RSA…

 

Brigitte Bourguignon, ministre déléguée à l’Autonomie (personnes âgées). LREM jusqu’alors présidente des Affaires sociales. Dont on ne peut rien dire, à l’image de son silence pendant la crise sanitaire.

 

 

Olivier Magnan

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