Petit écran, grand révélateur

Dis-moi comment tu déconfines…

Olivier Magnan, rédacteur en chef

Choses vues au JT de 13 heures de France 2. Le genre de plateau qui nous tend un miroir. Pas toujours flatteur.

  • Le sujet d’accroche ? Les Français/es brisé/es, les Français/es martyrisé/es, mais les Français/es libéré/es… Le Général aurait sans nul doute fustigé notre désinvolture, sur les quais de Seine, en surf sur la plage de Cannes. Le pire reste la ruée des frontaliers de l’Espagne (dans la limite des 100 kilomètres à vol de chardonneret, mais peut-être plus, le Français déconfiné est joueur…) en quête de cartouches de cigarettes à 5 euros le paquet. Passé la frontière, on se moque du masque et on se bouscule à raison de deux heures de queue dans les échoppes du Perthus côté Espagne où les commerçants essaient tant bien que mal de contenir cette horde en manque. Comment dire, sur le plan sanitaire, pulmonaire et celui du respect dû à nos voisins éprouvés ? Consternant ? Le commentaire du confrère, lui, est bon enfant…
  • 1,5 million de bambins ont retrouvé leurs écoles, leurs maîtres/maîtresses masqué/es. À Piney, dans l’Aube, les loupiots s’assoient sur des croix dans la cour, bonjour les culottes. Et le ministre Blanquer lâche un jeu de mots involontaire qui amuse beaucoup la présentatrice du JT, Anne-Sophie Lacarrau : « L’école, c’est secondaire », ose le ministre dans une classe de primaire. Il voulait bien sûr donner la priorité aux « décrocheurs »…
  • À l’heure où l’on revient des courses affolé/e par un ticket de caisse sans cesse plus cher (il va falloir revenir sur ces hausses préoccupantes), une petite révolution s’opère en douceur : le paiement sans contact, porté à un plafond de 50 euros. Tiens ! Le/la Français/e répugnait à payer par carte de petites sommes, attaché/e à ses pièces et ses billets, le/la voilà trop content/e de poser un court instant le rectangle plastifié sur le terminal. On en refuse même le sacro-saint reçu papier tellement la peur du contact des doigts de l’autre suffit à changer du jour au lendemain des blocages que l’on croyait profonds. Allez, on va enfin en finir avec le cash, ce ne sont pas les millenials qui le regretteront.
  • Kinés, dentistes, ophtalmos, podologues et même magnétiseur/euses rouvrent leurs cabinets, beaucoup se disent exsangues financièrement. Pas tous, loin de là. Avant, ils prenaient des rendez-vous à deux ou trois mois, parfois même six, voire un an, souvent sans trop de soucier de l’évolution des pathologies de leur patientèle entre deux rendez-vous. Aujourd’hui, ils enchaînent les rendez-vous toutes les vingt minutes en s’alarmant des aggravations que leurs patient/es ont peut-être subies depuis deux mois… Où est l’erreur ?

Décidément, ces deux mois d’immobilités révèlent bien des biais et promettent bien de petits chaos…

Olivier Magnan, rédacteur en chef

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