L’Éducation nationale allège ses protocoles

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Dès le 22 septembre, le protocole des cas contacts est assoupli dans les écoles françaises.

La rentrée scolaire 2020 est exceptionnelle à bien des égards. Sur fond de crise sanitaire et de recrudescence des contaminations, nos écolières et écoliers sont retourné.es sur les bancs face à des professeurs masqués et des protocoles sanitaires stricts. Malgré le contexte tendu et les cas recensés dans des écoles depuis le 1er septembre, l’Éducation nationale a annoncé le 20 septembre un allègement des mesures sanitaires jusqu’aux classes de primaires.

Trois semaines après la rentrée et malgré les mesures sanitaires imposées (respect des gestes barrières, masques obligatoires pour les professeurs et les élèves dès le collège, nettoyage et aération des locaux…), nos écoles n’ont pas échappé à la Covid. Le 18 septembre, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, annonçait 891 nouveaux cas en milieu scolaire en 24 heures et plus de 5 000 sur les sept derniers jours, ainsi que  la fermeture de 89 établissements et plus de 2 100 classes ces dernières semaines. Sur ces 89 fermetures, on compte 76 écoles maternelles ou primaires, 5 collèges et 8 lycées.

Malgré ce constat amer, le ministère a annoncé dimanche 20 septembre que les règles applicables aux cas contacts et aux détections de cas positifs seront allégées dans les écoles maternelles et élémentaires. Une décision qui vise notamment à réduire les fermetures de classes et d’établissement, mais qui inquiète parmi les syndicats d’enseignants.

Avis favorable du Haut conseil pour la santé publique (HCSP)
Jusqu’à présent, tout élève d’une classe au sein de laquelle un enfant a été diagnostiqué positif était considéré comme cas contact. Et ne pouvait revenir dans l’établissement que si un test PCR, réalisé jusqu’à sept jours après le dernier contact avec le cas positif, se révélait négatif. Ce n’est plus le cas, comme l’explique le ministère dans son communiqué, lorsqu’un enfant sera diagnostiqué positif, sa classe pourra « continuer de se tenir normalement pour les autres élèves, qui ne sont plus considérés comme cas contacts ». Il est précisé que le protocole consistant en l’identification des cas contacts, à leur isolement éventuel et à la potentielle fermeture de classes ou d’écoles sera toutefois toujours appliqué, à partir de trois cas confirmés dans la même classe. Cet assouplissement de la considération d’un cas contact concerne également les professeurs, qui n’auront plus besoin de s’isoler si un de leur élève est atteint du virus.

Pour justifier, et légitimer, sa décision, le ministère de l’Éducation nationale s’est appuyé sur l’avis du Haut conseil de la santé publique (HSCP), rendu le jeudi 17 septembre. Dans ce document, l’instance affirme que « les enfants sont peu à risque de forme grave et peu actifs dans la transmission […], le risque de transmission existe surtout d’adulte à adulte ». À propos des transmissions en milieu scolaire, le HSCP ajoute : « Les transmissions surviennent surtout à l’intérieur du cercle familial ou lors de regroupements sociaux avec forte densité de personnes en dehors des établissements scolaires. »

En somme, ne sont plus cas contacts des enfants ayant été… en contact avec un élève positif au virus, idem pour le professeur. Pour le reste, le protocole reste le même : si votre enfant présente des symptômes, il peut retourner à l’école après sept jours d’isolement une fois les symptômes disparus et directement si le médecin ne prescrit pas de test ou s’il s’avère négatif. Si le test est positif, l’enfant pourra revenir à l’école après sept jours d’isolement.

L’assouplissement du protocole dans les écoles tente de réduire le nombre de fermetures de classes. À quel prix ?

Adam Belghiti Alaoui

 

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