Ces toubibs de l’ombre qui osent prescrire des médicaments courants

L’abîme se creuse entre l’Ordre des médecins arc-bouté sur les études sérieuses et longues et les médecins de famille pressés qui constatent que le virus cède sous l’effet de spécialités basiques.

 Combien sont-ils/elles, ces médecins généralistes qui prescrivent des médicaments simples et connus, apparemment efficaces contre la Sar-Cov-2 en phase initiale ? Eh bien, pas mal. Après le professeur Didier Raoult de Marseille adepte de l’hydrochychloroquine associée à l’azithromycine mais tant décrié par l’orthodoxie des chercheurs qui promettent un vaccin dans un an ou deux, de « simples médecins » ont exploré leur Vidal en quête du même médicament archiconnu potentiellement efficace pour enrayer le virus.

Du reste, autant on entendit sur tous les médias que le Plaquénil (hydroxychloroquine) faisait l’objet de toutes les méfiances, autant on n’entendit pas qu’il est désormais autorisé, mais associé au lopinavir/ritonavir depuis le 25 mars.

Alors quid de ces obscurs, ces sans-grade qui se mêlent de prescrire des spécialités disponibles, remboursées, au nez et à la barbe des grands pontes ? Parmi eux, le Dr Arminjon, généraliste de Thyez en Haute-Savoie, préconisateur de l’azithromycine, en accord avec Didier Raoult. Il n’est pas le seul. Trois autres médecins ont publié avec lui un résumé de leurs observations, Sophie Gonnet, Édith Kaji et Hélène Rézeau-Frantz, des généralistes de Haute-Savoie ou du Loiret. Tous quatre ont prescrit des antihistaminiques à des patient/es symptomatiquement suspect/es de covid-19, mais qui n’ont pas été spécifiquement testé/es. Les manifestations morbides ont disparu en quelques heures ou quelques jours. Tous quatre ont raisonné en fonction de l’évolution du virus une fois en place dans l’organisme et ont pensé à ce traitement simple adapté à l’emballement du système immunitaire, cause majeure de la mort.

Dénigrer, attitude confortable ?
Aussitôt, les savants sont partis en guerre contre ces généralistes qui osent prescrire des médicaments simples qu’eux-mêmes n’ont pas validés. C’est toute la question de la limite entre l’exercice de la médecine de ville et les expérimentations hasardeuses. « Il faut siffler la fin de la récré », s’insurge l’un de ces gardiens de l’orthodoxie, Paul Frappé, président du Collège de médecine générale, dans les colonnes du Parisien. « On voit passer toutes sortes de choses : de la tisane de thym, un verre d’alcool par jour, des inhalations… Avec des médecins de bonne foi. Pour l’instant, aucune n’a prouvé un meilleur résultat que l’autre. » Il est quand même un peu « gonflé » de mettre dans la même trousse médicale antihistaminique et tisane de thym. Mais quand l’on veut dénigrer, tous les moyens sont bons.

C’est sans doute ce que se disent ces anonymes de la médecine qui constatent, eux/elles, que leur bon vieux médoc enraie bel et bien les symptômes de patients, non dépistés car non éligibles aux tests PCR, donc forcément en petit nombre. De minuscules cohortes que les chercheurs méprisent face aux quelques milliers de volontaires qu’ils mobilisent dans le cadre d’une « vraie recherche ». Mais ces panels certes modestes n’arrêtent pas de gonfler dès lors que les praticiens qui les administrent constatent à quel point les supposés patient/es « covid-19 » (sur le lot existent forcément des contaminés au virus) se rétablissent en très peu de temps, d’autant plus sûrement qu’ils/elles sont soigné/es très tôt. Effets secondaires, tonnent les mandarins ! Lesquels, demandent les médecins de terrain ? L’antihistaminique prescrit n’est apparemment pas dangereux, il ne coûte pas cher, pire il est en vente libre, sans effet secondaire préoccupant.

Didier Raoult avait horripilé les « savants » : « Ce n’est pas parce qu’on n’habite pas à l’intérieur du périphérique qu’on ne fait pas de la science », avait lancé l’infectiologue aux cheveux longs. Le conseil de l’Ordre des médecins veut faire peur à ses émules de province : ses conseils départementaux respectifs sont priés de convoquer ces médecins prescripteurs pour « leur faire un rappel aux principes de la profession », a révélé un informateur anonyme à notre confrère du Parisien.

Urgence contre précipitation
Certes, on peut comprendre cet Ordre sourcilleux dont le devoir est d’appliquer une méthode scientifique fondée sur une comparaison et des protocoles rigoureux. Mais a contrario, pourquoi ce même Ordre n’écouterait-il pas ces confrères/sœurs de l’ombre pour, justement, tester dans des conditions plus objectives ces médicaments sans réel danger qui pourraient tuer dans l’œuf l’invasion virale ? La « liberté de prescrire » vaut la peine qu’on en rappelle le contenu : « Le médecin doit tenir compte des avantages, des inconvénients et des conséquences des différentes investigations et thérapeutiques possibles. » Ce que font nos toubibs de terrain, conscient/es que leur responsabilité pourrait se voir engagée. Mais persuadé/es aussi que les « patients dont on n’a pas sauvé la vie », pour faire référence au livre de Hervé Guibert*, les engagent tout autant. Raison pour laquelle ils/elles prescrivent dans l’urgence. Or pour les tenants du respect des études encadrées de médicaments, l’urgence revendiquée par les trublions médicastres a bon dos. Il n’empêche que ces praticiens ordinaires qui prescrivent des médicaments apparemment efficaces dans la limite d’effets secondaires apparemment minuscules sont peut-être des sentinelles dont il fait entendre le cri d’alerte.
* À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, Folio.

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