Masques alternatifs, danger potentiel

Il ne faut pas qu’ils minimisent la distance à respecter.

« Les masques sont parfaitement inutiles dans la rue », affirmait il y a peu le ministre de la Santé Olivier Véran, dûment relayé par le directeur de la Santé, Jérôme Salomon. Entre-temps, l’Académie de médecine change de doctrine. Non seulement ils seraient utiles, mais leur port devrait se voir décréter obligatoire. À défaut, une écharpe, un foulard, serait mieux que rien. On peut se tromper, on peut rectifier le tir, c’est humain. En pareil cas, la mesure semble malgré tout « suspecte ». Il est plus que vraisemblable que le gouvernement pris la main dans le 0 stockage de masques a préféré déclarer cette barrière technique « inutile » pour ne pas engendrer un plus grand mouvement de panique, voire une prise de la Bastille des entrepôts ou des officines.

Un foulard ou une serviette en papier ne stoppe pas les microgouttelettes
A-t-il eu raison ou tort, le « tribunal populaire » des urnes tranchera plus tard. Toute l’Asie s’étonne que les Occidentaux vaquent visage découvert quand, au moindre rhume, eux se masquent parce que les populations d’Asie n’ont jamais joué la carte de l’économie du masque. Alors, demain, tous masqués ?

Le bal n’aura lieu que si les couturier/ères amateurs s’activent, forts des tutoriels qui fleurissent en ligne. En voici un, choisi pour sa simplicité.

Mais sont-ils au fond utiles ? Oui, dans la mesure où un « porteur sain », non testé, contaminera sans le savoir des personnes proches de lui. Autrement dit, les Français/es auraient-ils/elles eu accès à des masques efficaces dès le début de l’épidémie, il est probable que le pic et le retour à la normalité eussent été plus rapidement atteints.

Encore faut-il que ces barrières, en soi minimalistes, ne constituent pas des « pièges » comme le craint Xavier Lescure, médecin spécialiste en maladies infectieuses à l’hôpital Bichat à Paris. Pour lui, « tout va dépendre de la densité du tissu et de sa capacité à arrêter de microgouttelettes de l’ordre que quelques micromètres […] La majeure partie de la transmission se fait par gouttelettes, des particules relativement grosses. Il existe des normes de sécurité. Un masque artisanal sera une fausse barrière s’il incite à lever des distanciations sociales et se mettre à nouveau en risque de contagion. »

Les masques ne doivent pas inciter au rapprochement
Un épidémiologiste américain, Anthony Fauci, a semé le doute en voulant démontrer, en s’appuyant sur des études, notamment chinoises, que le simple échange de mots entre deux personnes proches est de nature à transmettre le virus. Pour Xavier Lescure, qui émet bon nombre de réserves sur ce point, l’immense majorité des mesures d’hygiène mises en application à l’hôpital sont les « mesures gouttelettes » (les postillons sur de courtes distances). « Si l’on avait dans la part de la transmission une transmission aérienne importante, ou significative, on s’en serait aperçu. Depuis deux mois, on a très peu de cas qui ne sont pas expliqués par des modes de transmission classique de type gouttelettes ou contact. »
Moralité : des masques, oui, si l’on veut, mais à condition de respecter la fameuse « distanciation sociale (1 ou 2 mètres) » de façon à éviter toute projection que les masques bricolés seraient bien incapables de stopper. Et si les masques incitaient les gens à se rapprocher davantage, le danger serait manifeste. Le confinement reste la meilleure mesure barrière.

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