Un climat des affaires en berne

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Selon le dernier rapport de l’Insee, le moral des chef·fes d’entreprise est en chute libre, mais moins qu’au printemps.

Chaque mois, l’Insee calcule et rend compte de son indice du climat des affaires, fondé sur l’interrogation de quelque 10 000 dirigeant·es, pour donner le pouls des entreprises et de l’activité, selon les secteurs. En ce mois de novembre confiné, les résultats attendus sont là : moral des chef·fes d’entreprise en berne et climat des affaires qui dégringole. La météo reste grise en attendant les beaux jours.

Certes, le confinement deuxième du nom n’a pas le même impact économique, sociétal et commercial que son prédécesseur, mais l’histoire se répète. Malgré un confinement moins strict et une mesure à laquelle la plupart étaient résigné·es, sans pour autant être suffisamment préparé·es, les chef·fes d’entreprises et les secteurs d’activité paient le prix fort. En témoigne le dernier indice mensuel du climat des affaires, calculé par l’Insee. Après avoir comme toujours consulté une dizaine de milliers de dirigeant·es d’entreprises et d’indépendant·es, l’institut de la statistique dresse un constat sans appel : ce fameux climat a lourdement chuté au moins de novembre. Par rapport au moins d’octobre, il est même en recul de 11 points. Entre septembre et octobre, il avait reculé de 2 points. Contrecoup du second confinement et des nouvelles restrictions contraintes sur l’activité des entreprises sans doute. Le climat des affaires, qui s’exprime donc en points, se situe aujourd’hui à 79 points, nettement en dessous de sa moyenne habituelle, de 100 points.

Pessimisme généralisé
Si le climat des affaires chute à nouveau, il n’atteint pas les niveaux historiquement bas d’avril (il avait chuté à 54 points). Reste que malgré un second confinement vraisemblablement moins impactant, le climat se dégrade à nouveau dans tous les secteurs. Les deux secteurs les plus touchés par le confinement, les fermetures administratives et les faillites, le commerce et les services, sont sans surprise ceux où le moral des dirigeant·es est le plus bas. Les expert·es de l’Insee écrivent : « Tous les soldes d’opinion relatifs à l’activité économique sur le futur proche chutent fortement, qu’il s’agisse des perspectives générales d’activité du secteur, des intentions de commandes ou des ventes prévues. » Et le constat se diffuse : « Les perspectives générales d’activité s’assombrissent fortement par rapport au mois dernier. » En parallèle, le climat de l’emploi se dégrade également, victime des mauvaises perspectives d’activité. Il perd six points et chute à 83, contre un niveau d’avant crise de 105. L’Insee relève néanmoins que si les perspectives d’emploi « s’érodent légèrement dans l’industrie », elles « se maintiennent voire progressent dans le bâtiment ».

Interrogé·es sur leur avenir, les chef·fes d’entreprises des sous-secteurs les plus affectés (hébergement-restauration, commerce de détail spécialisé, commerce et réparation automobiles) sont « particulièrement pessimistes ». Au contraire, le commerce de détail généraliste affiche des perspectives plus optimistes.

Même constat chez nos voisin·es allemand·es
La chute observée par l’Insee en France ne fait pas exception. En Allemagne également, des mesures de confinement et de restrictions sanitaires ont été prises ces dernières semaines. En conséquence, le climat des affaires outre-Rhin connaît une dynamique comparable et la première économie du continent européen n’est pas épargnée. Selon l’enquête mensuelle de l’institut Ifo (Institut für Wirtschaftsforschung, institut de recherche économique qui produit l’indicateur allemand du moral des patron·nes), l’indice du climat des affaires a reculé à 90,7 contre 92,5 en octobre. Une baisse également observée parmi les sous-indices: jugement des entreprises sur la situation (de 90,4 à 90) et anticipations/perspectives (de 94,7 à 91,5). « L’incertitude des entreprises a augmenté. La deuxième vague de la pandémie a interrompu la reprise économique de l’Allemagne », a déclaré Clemens Fuest, le président de l’Ifo. Si les méthodes de calcul de ces indices ne sont pas partagées entre l’Insee et l’Ifo, le constat reste le même, les chef·fes d’entreprises européen·nes rongent leur frein. En attendant une rentrée 2021 que l’on espère plus clémente.

Adam Belghiti Alaoui

 

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