À l’heure des operating partners

Le français I&S Adviser, réseau privé de soutien aux chef.fes d’entreprise, incarne ce concept plus que jamais actif face à la crise économique.

En adaptant au tissu entrepreneurial français le métier d’operating partners à l’américaine, I&S Adviser, créé en 2016 par Isabelle Saladin et ses associé.es, prenait le risque de se heurter à l’incompréhension des chef.fes d’entreprise français.es – start-up, TPE, PME, ETI – en quête de coaching respectueux de leur indépendance. Mais les sparing partners recrutés par la société de conseil ont convaincu.

Désormais, la crise sanitaire muée en crise économique majeure justifie d’autant plus cette aide à la « relance opérationnelle ». Du concept, apparu dans les années 2000 aux États-Unis, Isabelle Saladin disait sur le site Maddyness en 2019 : « En France, nous sommes incroyables en termes d’innovation et d’ingénierie, et si on rajoute la couche business, nous n’aurons plus rien à envier aux autres continents. Les Américains ne sont pas meilleurs, seulement plus pragmatiques. » Elle revient sur le rôle des operating partners, rémunérés chez I&S Adviser par un fixe et une prime calculée sur le succès de leur stratégie, sans doute appelés à entrer désormais dans le jeu naturel des jeunes entreprises*.

*Isabelle Saladin a cocréé en outre l’association des Rebondisseurs français, partenaire d’ÉcoRéseau Business.

Au moment où l’État annonce des plans d’accompagnement pour les PME et où deux patrons sur trois pensent que le pire est à venir (14e Observatoire social de l’entreprise publié le 29 juin 2020), des chefs d’entreprise expérimentés (appelés operating partners) se retroussent les manches sur le terrain pour limiter les dégâts et « relancer la machine ».

Isabelle Saladin, I&S Adviser

Le réseau d’operating partners d’I&S Adviser a noté au cours des trois derniers mois une augmentation des sollicitations par les PME d’environ 40 %, tous secteurs d’activité et toutes régions confondues.

Pendant le confinement
La période de confinement a été principalement dédiée à la gestion des urgences financières et à la compréhension et la mise en place des multiples aides de l’État (chômage partiel, PGE, etc.). Un soutien était nécessaire pour les discussions avec les banques, la gestion des équipes, l’explication et la dédramatisation de la situation, sans oublier le soutien au.à la chef.fe d’entreprise lui.elle-même qui était souvent très seul.e face à ce tsunami.

Pour gagner la course contre le temps, dans cette période où tout faire était impossible, oser demander de l’aide s’est plus que jamais avéré essentiel, même si ce n’est pas spontané dans la culture entrepreneuriale française. La responsabilité du.de la chef.fe d’entreprise est de faire appel aux bonnes personnes pour lui donner un coup de main, même si ça bouscule ses habitudes.

Depuis le déconfinement
Depuis le 11 mai 2020, l’action terrain des operating partners est encore plus… opérationnelle. Parmi les sujets qu’ils copilotent avec les chef.fes d’entreprise : l’implication des équipes dans un nouveau projet d’entreprise pour une reprise rapide du travail, la mise en place d’un plan de rebond, l’adaptation de la structuration opérationnelle de l’entreprise (ventes, logistique, production, etc.), l’étude d’un pivot de l’activité, la conduite d’évolutions, voire d’un changement de business model (principalement pour mettre en place des modèles hybrides), etc.

L’accompagnement des operating partners contribue à freiner la tentation des plans de licenciements en démontrant que c’est en créant de la valeur ensemble que l’on passe la tempête.

Rien ne vaut l’aide terrain de celui.celle qui l’a déjà fait
Cette attractivité des operating partners en temps de covid-19 et post-covid tient au fait qu’ils.elles ont eux.elles- mêmes créé des entreprises, ont conduit des opérations de cession, de pivot ou encore de restructuration et ont déjà été confronté.es à des crises (éclatement de la bulle Internet en 2002, attentats du 11 septembre 2001, crise financière de 2008, crise grecque de 2009, crise russe en 2014…). Ils savent donc ce qu’est le quotidien d’un.e chef.fe d’entreprise par temps d’incertitude économique et sont prêt.es à s’impliquer opérationnellement à leurs côtés, avec un réel engagement sur les résultats.

Les chefs d’entreprise français ont bien compris qu’il leur fallait agir vite. Après avoir activé les aides mises en place par le gouvernement, l’heure est venue pour eux de retravailler sur leurs plans stratégiques dans le but d’assurer la pérennité de leur activité pour les mois à venir, de développer la résilience de leur organisation et d’avoir la capacité de générer à nouveau de la croissance dans quelques mois.

Répondre

Saisissez votre commentaire
Saisissez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.