La French tech privée de levées de fonds

Quels sont les nouveaux critères des investisseurs ?

Rodolphe Lilamand, In Extenso

Et les start-up ? Et leurs levées de fonds ? « Stoppées net », redoute Rodolphe Lilamand, manager Levée de Fonds chez In Extenso Innovation Croissance. La French tech se voit privée de sève par les fonds d’investissement. Phénomène ponctuel ou repli sur la durée ? Réponses du spécialiste.

Les start-up sont-elles en mesure de défendre leur projet de levée de fonds face aux investisseurs et de préparer leur rebond ?
Pour anticiper la reprise d’activité, il est important de préparer des scénarios et d’anticiper une période complexe et longue pendant laquelle la gestion de la trésorerie sera la priorité. Il est donc important de réaliser une réflexion approfondie sur le burn de la société, et de proposer plusieurs scénarios de limitation de ce burn, un scénario agressif, un médian et un plus limité par exemple. À partager et à valider entre associés.

Afin de maximiser l’horizon de cash de la société, la réflexion doit porter également sur la mobilisation de l’ensemble des financements non dilutifs et fiscaux, ceux qui incluent les dispositifs du crédit d’impôt recherche, les dispositifs non dilutifs type bpifrance, qui sont des aides à l’innovation, les dispositifs « Covid money » type PGE, chômage partiel…

Le choix du type de scénario va dépendre de plusieurs paramètres.

Le secteur sur lequel vous évoluez en est un : certains secteurs comme l’aéronautique, le tourisme, sont très massivement impactés, d’autres comme la livraison à domicile, la numérisation, la cybersécurité et d’autres apparaissent comme davantage résilients.

Votre situation opérationnelle est également un paramètre clé : êtes-vous rentable ou proche de la rentabilité ? Votre organisation est-elle adaptée à une poursuite d’activité en mode confinement ? Êtes-vous impacté par une chaîne de valeur complexe avec plusieurs fournisseurs géographiquement éloignés ? Faut-il envisager un pivot ?

Qu’attendent vraiment les fonds d’investissement ? Quels sont leurs critères prioritaires de sélection pour participer à une opération ?
Les fonds sont particulièrement attentifs à la gestion de la trésorerie de la start-up. La présentation de business plans autoporteurs pour une durée de 18 à 24 mois est désormais un minimum. Les fonds seront également particulièrement attentifs aux critères de rentabilité et mois à l’hypercroissance, En revanche, la poursuite d’un taux de croissance comparativement meilleur que celui du marché ou des concurrents pourra toujours justifier un premium de valorisation. Enfin, le critère « must have » du produit sera d’autant plus clé dans leur analyse.

Dans certains secteurs, il est probable que l’on assiste à des vagues de consolidation. Certains investisseurs manifestent une forte appétence pour des opérations de type « Buy and Build », en particulier dans un contexte où les valorisations seront revues à la baisse et en attendant des fenêtres d’exit plus favorables.

Ces éléments viennent bien évidemment en complément des critères habituels de qualité de l’équipe de management et de fit avec l’investisseur, d’attractivité du marché, de perspectives d’exit, etc.

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