Face à la crise, dé-communiquer est une erreur majeure

Jamais, en effet, l’attention des Français/es n’aura
été aussi disponible.

Il paraît tout naturel que les annonceurs n’annoncent plus : leurs produits seront-ils distribués, leur enseigne sera-t-elle perçue ? Or l’erreur est patente, comme l’exprime un spécialiste, Florian Silnicki, expert en stratégies de communication de crise et fondateur de l’agence LaFrenchCom. Pourquoi ?
Les intertitres sont de la rédaction

 

Florian Silnicki, président fondateur de LaFrenchCom.

Dans une conjoncture économique tendue, ce n’est pas le moment de choisir de moins communiquer. La décision de dé-communiquer reste pourtant, à tort, souvent l’un des premiers réflexes observés en période de crise. La communication, au sens large, étant l’une des premières variables d’ajustement.

De la communication à la publicité en passant par l’événementiel, nombre d’entreprises sont frontalement impactées par cette crise. Ces acteurs économiques adoptent une prudence extrême avec des contractions de budgets, des décalages de décisions et des investissements qui passent à la trappe. Touchées par la crise, ces entreprises vont faire passer un rude printemps aux agences de communication et de publicité.

C’est paradoxal. Jamais, en effet, l’attention des Français/es n’aura été aussi disponible. Comment renoncer raisonnablement à communiquer, c’est-à-dire à exercer l’action qui permettra de faire connaître votre produit et d’inciter à l’acquérir ? Comment renoncer à miser sur cette dépendance vis-à-vis des écrans, résultat d’une mécanique de neurosciences alors que les consommateurs sont confinés ? La force de création et d’imagination des agences est un moyen de répondre à leur frustration. Réussir à hameçonner de manière innovante le consommateur est un bouclier contre la crise.

 

Les dépenses publicitaires ne devraient jamais être aussi hautes que quand la conjoncture est mauvaise
Les agences ne devraient pas connaître la crise. Elles ne devraient pas avoir à se séparer de leurs collaborateurs ces prochaines semaines.
La crise est plus que jamais le moment de communiquer. La communication est une arme au service des entreprises face à leurs concurrents.
Stopper sa communication est commercialement suicidaire. C’est abîmer la performance de son produit. C’est mettre en danger la relation tissée patiemment avec ses publics.
La crise ne devrait pas être une opportunité que pour les agences de communication de crise. Les marques devraient lancer, sans attendre, leurs offensives marketing afin de protéger leurs marchés. De la conservation des parts de marché dépend la survie des marques. Surtout, la période est propice à conquérir de nouveaux clients, en ce moment historique où, les consommateurs modifient leurs habitudes de consommation.
Dans toutes les crises, il y a des opportunités à saisir. La crise fait naître de nouveaux besoins. Offrir aux consommateurs, notamment les clients de vos concurrents des raisons d’avoir envie de votre produit sera nécessairement récompensé à l’heure où les forces de vente sont anémiées et les managements allégés.
Les dépenses publicitaires ne devraient jamais être aussi hautes que quand la conjoncture est mauvaise afin de ne pas aggraver les symptômes économiques de la crise sanitaire.
La nature a horreur du vide. Ceux qui l’ignorent le font à leurs risques et périls.

Florian Silnicki consacre aujourd’hui son activité au conseil média des décideurs publics et des entrepreneurs lorsqu’ils ont à traverser des crises ou à faire face à des procès.

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